Covid-19 et conflits armés : l’ONU appelle à agir plus que jamais pour protéger les enfants

Photo : ONU/MINUSCA

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Les attaques aveugles armées contre les établissements d’enseignement et de santé et contre le personnel humanitaire dans les situations de conflit continuent d’avoir un impact dramatique sur les enfants, a témoigné mardi la Représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits armés.  « Nous avons été témoins du dernier incident en date, hier, lorsqu’un homme armé a pris d’assaut une université à Kaboul, faisant un grand nombre de victimes », a cité en exemple Virginia Gamba dans une déclaration à ONU Info, soulignant que l’attaque avait eu lieu « malgré le début de pourparlers de paix historiques » en Afghanistan.

Les enfants paient toujours le prix le plus fort des conflits

La Représentante spéciale a également évoqué l’incident la semaine dernière au Cameroun dans lequel plusieurs enfants ont été tués et plusieurs autres blessés lors de l’attaque d’une école dans la région du Sud-ouest. Elle a regretté le bombardement à plusieurs reprises d’établissements de santé fonctionnels engagés dans la réponse à la COVID-19 à Tripoli et Benghazi, en Libye.  En Somalie, les attaques contre les écoles et les hôpitaux par Al-Shabaab se poursuivent à un rythme alarmant, souvent en conjonction avec d’autres violations graves, telles que l’enlèvement et le recrutement d’enfants », a-t-elle ajouté. Selon Mme Gamba, ces incidents survenus dans des pays touchés par des conflits armés ont « une fois de plus fait payer le prix fort aux enfants ». La pandémie de Covid-19 « fait aussi peser un fardeau supplémentaire sur eux, leurs familles et leurs communautés dans le monde entier », a-t-elle expliqué.

Plus que jamais, agir pour protéger les enfants

« Maintenant, plus que jamais, nous devons tous agir pour protéger les enfants et soutenir tous les efforts internationaux visant à empêcher la propagation de la COVID-19, en particulier dans les situations de conflit armé », a déclaré Mme Gamba.  Qu’il s’agisse de forces gouvernementales ou de groupes armés non étatiques, les parties aux conflits doivent assurer la sécurité des écoles et des hôpitaux et ne pas les utiliser à des fins militaires, a souligné la Représentante spéciale. Selon elle, les enfants doivent être protéger avant, pendant et après les conflits. « Pour ce faire, des mesures visant à prévenir et à répondre aux violations de leurs droits devraient être envisagées dans les premières étapes des négociations de paix, afin de garantir une paix viable », a précisé Mme Gamba.

« Je me joins à l’appel du Secrétaire général des Nations Unies pour un cessez-le-feu mondial immédiat partout dans le monde » a-t-elle annoncé, rappelant l’initiative lancée par le chef de  l’ONU en mars pour permettre aux pays de se concentrer sur la riposte à la Covid-19, intiative soutenue par la résolution 2532 du Conseil de sécurité exigeant l’arrêt des hostilités dans toutes les situations inscritent à son agenda. « J’appelle toutes les parties aux conflits à respecter leurs obligations en vertu du droit international et à prévenir les attaques contre les établissements d’enseignement et de santé, ainsi que contre les autres infrastructures civiles et le personnel protégé », a lancé Mme Gamba. « Enfin, je rappelle à tous les États de souscrire à la Déclaration sur la sécurité dans les écoles et de se joindre à cette importante initiative mondiale visant notamment à renforcer la prévention des attaques contre l’éducation et la réponse à ces attaques pendant les conflits armés », a-t-elle conclu.