Monde post-Covid : trouver des solutions immédiates et durables est notre responsabilité, selon la numéro 2 de l’ONU

Photo : ONU

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La Vice-Secrétaire général des Nations Unies, Amina J. Mohammed, a encouragé mardi les Etats membres de l’ONU à trouver des solutions immédiates et durables à la crise socio-économique provoquée par la pandémie de Covid-19. « Trouver des solutions immédiates et durables est notre responsabilité », a dit Mme Mohammed lors d’une réunion de haut-niveau de ministres des finances sur le financement du Programme de développement durable à l’horizon 2030 dans le contexte de la Covid-19. Elle a rappelé que les prévisions étaient sombres pour le monde post-Covid : entre 70 et 100 millions de personnes pourraient sombrer dans l’extrême pauvreté ; 265 millions de personnes supplémentaires pourraient faire face à de graves pénuries alimentaires d’ici la fin de cette année. On estime également que 400 millions d’emplois ont été perdus, affectant de manière disproportionnée les femmes. Quelque 1,6 milliard d’apprenants ont vu leurs études interrompues ; beaucoup pourraient ne jamais retourner à l’école. La réunion ministérielle a été organisée à l’initiative du Secrétaire général de l’ONU et des Premiers ministres de Jamaïque et du Canada. L’objectif est de trouver des solutions pour faciliter une reprise mondiale forte, inclusive et durable.

Six groupes de discussion

Au cours des trois derniers mois, six groupes de discussion ont travaillé sur différentes options concernant le relèvement économique et l’impératif de reconstruire en mieux.

« Alors que le virus continue de faire rage, nous avons besoin de propositions audacieuses pour maintenir les familles et les économies à flot. Aujourd’hui, nous avons entendu des options, notamment la prolongation de l’Initiative de suspension du service de la dette d’au moins un an et l’encouragement de la participation du secteur privé, l’émission ou la réaffectation générale de droits de tirage spéciaux, la recapitalisation des banques de développement nationales, régionales et multilatérales et la déclaration des envois de fonds comme un service essentiel », a souligné Mme Mohammed à la fin de la réunion.

« L’importance de prendre en compte différents contextes nationaux est également apparue comme un thème transversal », a-t-elle ajouté, notant également la suggestion de créer un Fonds de résilience des Caraïbes et un Fonds fiduciaire mondial pour aider les États dépendants du tourisme.

La Vice-Secrétaire générale des Nations Unies s’est aussi dite réconfortée d’entendre des propositions ambitieuses telles que la mise en œuvre d’un revenu de base universel et de soins de santé universels pour garantir que les futurs chocs sur le système financier n’auront pas d’effets catastrophiques sur l’économie réelle.

« Comme l’ont bien noté les participants aujourd’hui, il n’existe aucun vaccin qui puisse résoudre rapidement et simplement la crise socio-économique à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui. Nous devons penser de manière innovante et différente pour renforcer les économies, les communautés et les sociétés, et émerger comme un front uni, prêt à gérer les chocs et les crises qui surviendront inévitablement », a dit Mme Mohammed.

Les propositions de la réunion seront présentées aux chefs d’État et de gouvernement le 29 septembre. Une réunion de suivi sera convoquée en décembre pour évaluer les progrès accomplis dans le cadre de la réalisation des Objectifs de développement durable.