L’ONU appelle à intégrer la protection des enfants dans les processus de paix

Photo : ONU

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Les enfants ne devraient jamais être mêlés aux conflits, a déclaré mercredi le chef de l’ONU lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à l’intégration de la protection des enfants dans les processus de paix. « Les enfants de moins de 18 ans constituent plus de la moitié de la population dans la plupart des pays touchés par la guerre, et étant incapables de se protéger contre ses maux, ces enfants sont parmi les personnes les plus vulnérables », a déclaré le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, rappelant que près de 250 millions d’enfants vivent dans des pays affectés par un conflit. Guterres a déploré un nombre record de violations à l’encontre des enfants dans le contexte des conflits armés avec, en 2018, plus de 12.000 enfants tués ou mutilés dans un conflit – le chiffre le plus élevé depuis 1996 – et plus de 24.000 cas de violence vérifiés, contre 21.000 en 2017. للغة العربية، أنقر هنا

Un guide pour intégrer les enfants dans les processus de paix

Au Conseil de sécurité, le chef de l’ONU a présenté un nouveau guide pratique, à l’intention des médiateurs, afin de mieux protéger les enfants dans les situations de conflits armés.

« Le guide reconnaît que les besoins et les droits des enfants doivent être pris en compte à toutes les phases d’un conflit, des efforts de prévention à la médiation et au rétablissement par un développement durable et inclusif », a expliqué M. Guterres.

Le document fournit aux médiateurs et aux négociateurs les moyens de procéder à une analyse des conflits fondée sur les droits de l’enfant et repose sur des principes qui interdisent la discrimination et placent les intérêts des enfants au premier plan, a précisé le Secrétaire général.

Basé sur des exemples concrets de situations dans lesquelles les questions de protection de l’enfance ont été intégrées avec succès dans des processus ou des accords de paix, le guide souligne la valeur stratégique de l’inclusion des droits et des besoins des enfants dans les négociations de paix et donne des outils aux médiateurs pour prendre ces questions en considération dès les premières étapes des négociations.

« En intégrant des mesures spécifiques de protection des enfants dans les processus de paix, nous pouvons obtenir des résultats concrets pour les enfants et pour la paix », a affirmé le chef de l’ONU.Selon le Secrétaire général, ce guide pratique pour les médiateurs est « la prochaine étape de notre stratégie visant à placer les enfants au cœur des efforts de protection, de consolidation de la paix et de prévention ».

Instaurer la confiance et faire avancer la paix

La protection des enfants peut rapprocher les parties en conflit et renforcer la confiance et la paix, a ajouté le chef de l’ONU.

« Au Soudan du Sud, par exemple, les parties à l’accord de paix ont signé un plan d’action conjoint global pour la protection des enfants avec les Nations Unies en présence de ma Représentant spécial pour les enfants et les conflits armés à Juba la semaine dernière », a donné en exemple M.Guterres.

Selon lui, ce plan arrive à un moment « crucial » pour le Sud-Soudan et a le potentiel de « renforcer la confiance entre les parties dans le contexte du processus de paix qui se heurte à de nombreux obstacles ».

« En intégrant des mesures spécifiques de protection des enfants dans les processus de paix, nous pouvons obtenir des résultats concrets pour les enfants et pour la paix », a -t-il précisé, évoquant la mise à terme du recrutement et de l’utilisation des enfants par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FRADC) qui ont contribué à instaurer la confiance et à créer une dynamique pour faire avancer le processus de paix.

Un cercle vicieux

« Dans les zones de guerre, les enfants font souvent l’objet d’atrocités et peuvent notamment subir des violences sexuelles ou être enlevés. Certains sont formés au maniement d’armes mortelles, ou utilisés comme cuisiniers ou messagers », a constaté le Secrétaire général.

Selon lui, ces violences « traumatisent durablement les enfants, ainsi que les communautés et les sociétés dont ils font partie » et alimentent le ressentiment et les frustrations qui conduisent à l’extrémisme, créant un cercle vicieux de tensions et de violences.

L’ONU souligne par ailleurs que les attaques contre les hôpitaux et les écoles privent les enfants d’éducation, de traitements ou de soins d’urgence vitale et obligent les familles à quitter leur domicile.

Des progrès

  1. Guterres s’est félicité de l’engagement systématique du Conseil de sécurité en faveur de la protection des enfants ces 21 dernières années ainsi que des progrès accomplis.

« Un plaidoyer soutenu a conduit à des changements dans la loi et à une meilleure coopération avec les ministères et les armées. En Afghanistan, par exemple, des unités de protection de l’enfance ont été créées dans chaque province, et le recrutement et l’utilisation d’enfants ont été érigés en infraction pénale » a-t-il mis en exergue.

Des campagnes telles que ‘Enfants, pas soldats’ et de nouvelles lois sur la protection ont contribué à un consensus mondial sur le fait que les enfants ne doivent jamais être utilisés dans les conflits, a ajouté le Secrétaire général.

« Toutefois, malgré ces efforts, les chiffres des violations graves commises à l’encontre des enfants dans les conflits continuent d’augmenter », a-t-il regretté.

Faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger les enfants

  1. Guterres a affirmé que sa Représentante spéciale pour les enfants dans les conflits armés, Virginia Gamba, œuvrait actuellement à améliorer la situation des enfants en République centrafricaine au Myanmar et au Yémen et qu’elle était prête à soutenir tous les États membres dans cet effort, en particulier le Mali, la Syrie et le Yémen.

« Il est de notre devoir fondamental, en tant que dirigeants, de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger les enfants, notre avenir, du chaos et de la folie des guerres qui n’ont rien à voir avec eux. Ensemble, nous commençons à faire des progrès. Je vous invite à poursuivre sur cette voie », a exhorté M. Guterres.

La réunion du Conseil de sécurité a été organisée par la Belgique, qui préside actuellement l’organe onusien, à l’occasion de la Journée internationale contre l’utilisation des enfants dans les conflits armés, en présence de sa Majesté Philippe, Roi des Belges.

Dans une déclaration présidentielle, le Conseil de sécurité s’est félicité de l’élaboration du guide et a encouragé le Secrétaire général à diffuser largement ces orientations et à promouvoir leur utilisation dans les processus de paix et de médiation soutenus, parrainés et facilités par les Nations unies (S/PRST/2020/3).

الأمين العام “علينا جميعا بذل جهد أكبر لحماية الأطفال في النزاعات المسلحة”

أصدر مجلس الأمن الدولي، اليوم الأربعاء، بيانا رئاسيا جدَّد فيه دعوته كل الدول الأعضاء وكيانات الأمم المتحدة إلى أن تعمل، منذ المراحل المبكرة لجميع عمليات السلام، على “دمج كافة أحكام حماية الطفل في جميع مفاوضات السلام واتفاقات وقف إطلاق النار،” بما في ذلك التركيز على “حقوق ورفاه الأطفال ومصلحتهم الفضلى.”

وكان المجلس قد استضاف اليوم جلسة رفيعة المستوى خاطبها الأمين العام وعدد من المسؤولين الأمميين المشتغلين على “دمج حماية الطفل في عمليات حلّ النزاع والحفاظ على السلام،” بالإضافة إلى كلمات من ممثلين رفيعي المستوى من الدول الأعضاء.

إرشادات عملية لحماية الأطفال، في الدول التي تعاني الصراعات المسلحة

​​​​​​​وقد ركزت إحاطة الأمين العام على وثيقة الإرشادات العملية للوسطاء بشأن حماية الأطفال في حالات النزاع المسلح بحسبانها “الخطوة التالية في استراتيجية الأمم المتحدة” لوضع الأطفال في صميم جهود الحماية وبناء السلام والوقاية.

من بين هذه، أكد الأمين العام على “ضرورة مراعاة احتياجات الأطفال خلال جميع مراحل الصراع، من جهود الوقاية إلى الوساطة والإنعاش من خلال التنمية المستدامة” الشاملة للجميع.

وقال الأمين العام في تقديم الإرشادات إنها “تستند إلى مبادئ تحظر التمييز وتضع مصالح الأطفال في المرتبة الأولى” مؤكدا أن دمج “تدابير محددة” لحماية الأطفال في عمليات السلام من شأنه تحقيق نتائج ملموسة لهذه الفئة الضعيفة، وللسلم عموما.

وشجع أنطونيو غوتيريش بقوة جميع الدول الأعضاء والمنظمات والوسطاء والجهات الفاعلة الأخرى “على الاستفادة الكاملة من هذه التوجيهات وتعميمها على نطاق واسع لتحقيق أكبر قدر ممكن من التأثير” واستخدامها في عمليات السلام والوساطة التي تدعمها الأمم المتحدة وترعاها وتسهلها.

كما حث غوتيريش الجميع على اتخاذ إجراءات ملموسة لإعطاء الأولوية لحماية الأطفال المتأثرين بالصراعات، مؤكدا على استعداد ممثله الخاص “لدعم جميع الدول الأعضاء في هذا الجهد، وخاصة مالي وسوريا واليمن.”

وضع الأطفال “في قلب عمليات منع وحل النزاعات”

وفي إحاطة عبر دائرة تلفزيونية مغلقة، شدد السيد إسماعيل شرقي مفوض السلم والأمن بالاتحاد الأفريقي على أهمية أن يكون الأطفال “في صميم كل جهودنا لمنع وحل النزاعات العنيفة” مؤكدا على الحاجة إلى “تدابير ملموسة لتجنب كل أشكال سوء معاملة وإهمال واستغلال الأطفال، والاستجابة لها”.

وأضاف المسؤول الأممي أنه لا يجب منع انتهاكات حقوق الطفل فقط بل “التصدي لها قبل وأثناء وبعد النزاعات”.

وقال السيد إسماعيل شرقي إن انتهاكات حقوق الطفل التي لا تتم معالجتها “تديم ثقافة الإفلات من العقاب والظلم والخروج على القانون، وهي نفسها التي قد تكون المسببة في نشوب النزاع في المقام الأول، وتوفر أرضا خصبة للعودة إلى صراع عنيف”.

وبالنظر إلى التأثير المدمر للنزاع العنيف على الأطفال وخاصة على تراجع حقوقهم وحرياتهم الإنسانية الأساسية، قال مفوض الاتحاد الأفريقي إنه من الضروري أن “تدمج جميع الجهات الفاعلة المشاركة في عمليات الوساطة ولغة السلام وأحكام حماية الطفل في اتفاقات السلام”.

حقوق الأطفال في عمليات السلام، وفي المراحل الانتقالية

وقد تحدثت أيضا أمام جلسة مجلس الأمن الدولي جو بيكر، مديرة برنامج الدفاع عن حقوق الطفل في منظمة “هيومن رايتس ووتش” بالنيابة عن شبكة المراقبة المعنية بالأطفال والصراع المسلح – المكونة من منظمات حقوق الإنسان والمنظمات الإنسانية.

وأوضحت المتحدثة أنه على الرغم من أن المجلس قد طالب “مرارا وتكرارا” بإدراج حماية الطفل في عمليات السلام، فإن الحقيقة المحزنة هي أن “عقد اتفاقات سلام تتضمن حماية الطفل هو أمر نادر الحدوث” فهو يمثل “الاستثناء وليس القاعدة” حسب قولها.

وكشفت السيدة جو بيكر أن تحليل الشبكة لـ 444 وثيقة منذ عام 1999 – العام الذي نظر فيه المجلس في موضوع الأطفال في النزاعات المسلحة – يظهر أن “أقل من 18 في المائة من هذه الوثائق تتضمن أحكام حماية الطفل”.

وأشارت السيدة بيكر إلى أن عمليات السلام “تتضمن أكثر من إنهاء الحرب” فهي تنشئ إطارا انتقاليا وأجندة سياسية واجتماعية واقتصادية للسلام وأولويات للاستثمار وتخصيص الموارد” بعد انتهاء الصراعات.

وأضافت أنه عندما يتم استبعادهم من هذه الإجراءات الانتقالية، تصبح احتياجات وحقوق الأطفال “غير مرئية” مما يؤدي إلى مظالم جديدة أو إلى أن “يحمل جنود أطفال سابقون السلاح مرة أخرى” حسب تعبيرها.

وأكدت مديرة برنامج الدفاع عن حقوق الطفل في منظمة “هيومن رايتس ووتش” للمجلس أن تلبية احتياجات الأطفال المتأثرين بالنزاعات في عمليات السلام “ليست مجرد ضرورة أخلاقية أو قانونية” بل هي “ضرورية لتحقيق سلام دائم.”

الجدير بالذكر أن هذه الجلسة الخاصة في مجلس الأمن الدولي تتزامن مع “يوم اليد الحمراء” أو اليوم العالمي لمكافحة استغلال الأطفال كجنود، وقد رأس الجلسة وزير الخارجية البلجيكي بحضور ومشاركة ملك وملكة بلجيكا التي تدعم هذا الموضوع المرتبط بالسلام والأمن العالمي.