2010-2020 : retour sur 10 ans d’actualité mondiale et des Nations Unies

Photo : ONU

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Alors que nous entrons dans les années 2020, ONU Info, vous propose une rétrospective en trois parties sur quelques-uns des événements importants de l’actualité internationale et des Nations Unies qui se sont déroulés entre 2010 et 2019. Dans la première partie, qui va de 2010 à 2013, nous revenons sur le séisme en Haïti, le début du conflit syrien, le travail de Malala en faveur de l’éducation des filles et la création de la MINUSMA au Mali. Dans la deuxième partie (2014 à 2016), nous revenons sur l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat, et la définition des 17 Objectifs de développement durable à atteindre d’ici 2030.

2010 : tremblement de terre en Haïti

La décennie a commencé par une immense catastrophe en Haïti, pays qui était déjà le plus pauvre des Amériques. Un tremblement de terre dévastateur de magnitude de 7 sur l’échelle de Richter a frappé le pays le 12 janvier, tuant des centaines de milliers de personnes (220.000 selon les chiffres du gouvernement haïtien) et causant de graves dommages aux bâtiments et habitations.

Une semaine après la tragédie, le Conseil de sécurité des Nations Unies a autorisé le déploiement de 3.500 Casques bleus supplémentaires en Haïti, en plus des 9.000 déjà présents dans le pays, pour renforcer la Mission de stabilisation de l’ONU présente sur place (MINUSTAH) et aider aux efforts de relèvement, de reconstruction et de stabilité. En tant qu’Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti, l’ancien Président américain, Bill Clinton, a été étroitement associé à ces efforts.

La MINUSTAH, n’a pas échappé aux conséquences dévastatrices du séisme. L’hôtel Christopher, qui abritait le quartier général de la Mission, s’est effondré et 102 membres du personnel des Nations Unies sont décédés, y compris le Représentant spécial du Secrétaire général en Haïti, Hédi Annabi, son adjoint, Luiz Carlos da Costa et le commissaire de police par intérim, Doug Coates de la Gendarmerie royale du Canada.

2011 : début du conflit en Syrie

En avril 2011, le Secrétaire général de l’ONU de l’époque, Ban Ki-moon, a appelé le Président syrien, Bachar El-Assad, pour lui dire qu’il était « très perturbé » par les informations faisant état de violences dans le pays, à la suite de manifestations. Ces manifestations ont eu lieu dans le contexte connu sous le nom de printemps arabe qui a vu de nombreux mouvements démocratiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ayant conduit à la chute de régimes de longue date en Tunisie et en Égypte.

Aucun des deux dirigeants n’aurait pu imaginer, huit ans plus tard, que le conflit serait toujours en cours, provoquant entre-temps une crise majeure de réfugiés, des centaines de milliers de morts parmi les civils et une importante catastrophe humanitaire. Depuis 2011, plus de 5,6 millions de personnes ont fui la Syrie et quelques 6,6 millions de personnes seraient déplacées à l’intérieur du pays, selon l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Neuf ans après le début du conflit, les combats sont loin d’être terminés en Syrie. Mais l’ONU ne ménage aucun effort depuis 2011 pour trouver une solution politique à ce conflit très complexe. En 2019, des pourparlers sous l’égide des Nations Unies ont réuni à Genève 150 représentants du gouvernement, de l’opposition et de la société civile, pour les premiers entretiens en face à face en cinq ans.

S’il n’a pu promettre que les pourparlers mettront fin aux souffrances du peuple syrien, l’Envoyé des Nations Unies pour la Syrie, Geir Pedersen, a déclaré au Conseil de sécurité en novembre que les discussions pourraient être un « ouvre-porte » pour enfin apporter une solution au conflit brutal que traverse le pays.

2012 : Malala devient « l’adolescente la plus célèbre du monde »

Dès son jeune âge, l’écolière pakistanaise Malala Yousafzai s’est fait connaitre pour s’être exprimée en faveur de l’éducation des filles et pour avoir mis en évidence les atrocités commises par les talibans.

Malala est née et a grandi dans la vallée de Swat, dans le nord-ouest du Pakistan, et est devenue célèbre en 2010, lorsqu’elle est apparue dans un documentaire du New York Times sur sa vie dans sa région confrontée a des violences alors que les militaires pakistanais affrontaient les combattants talibans.

En octobre 2012, de retour de l’école en bus, Malala et deux autres filles ont été attaquée par balle par un combattant taliban. La jeune femme a été touchée à la tête par une balle, mais a survécu et s’est rétablie des ses blessures.

L’attaque contre Malala a soulevé une vague d’outrages dans le monde entier et a été largement condamnée. Lors de la Journée des droits de l’homme cette année, un hommage spécial a été rendu à Malala au siège de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) à Paris. Un hommage qui encourageait le monde entier à agir pour que le droit des filles à aller à l’école devienne une priorité urgente.

L’activisme et la renommée de Malala n’ont cessé de croitre que depuis la tentative de son assassinat. La jeune fille a remporté plusieurs prix prestigieux, dont le prix Nobel de la paix 2014 (aux côtés du réformateur social indien Kailash Satyarthi), et est devenue Messagère de la paix des Nations Unies en 2017, avec un accent particulier sur l’éducation des filles.

2013 : l’ONU crée une mission pour protéger les civils au Mali

Elle est considérée comme la « Mission des Nations Unies la plus dangereuse ». Celle où les Casques bleus ont subi des pertes graves et régulières en raison des activités des groupes armés dans le nord du pays, alors qu’ils tentent de protéger les civils de l’instabilité et des affrontements interethniques mortels.

La Mission des Nations Unies au Mali (MINUSMA) a été créée en avril 2013, par le Conseil de sécurité qui a approuvé le déploiement de 12.600 hommes autorisés « à utiliser tous les moyens nécessaires » pour stabiliser ce pays d’Afrique de l’Ouest ; protéger la population locale, ainsi que le personnel des Nations Unies et les objets culturels ; et assurer l’acheminement de l’aide humanitaire à ceux qui en ont besoin.

La création de la MINUSMA est intervenue à la suite des combats qui ont éclaté en janvier 2012 entre les forces gouvernementales et les rebelles Touaregs, conduisant à l’occupation du nord du Mali par des islamistes radicaux. Peu après l’adoption de la résolution approuvant le déploiement de la MINUSMA, le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix de l’époque, Hervé Ladsous, avait déclaré aux journalistes à New York que la Mission onusienne aiderait les autorités maliennes sur la voie de « l’ordre constitutionnel, de la gouvernance démocratique et de l’unité nationale ».

Malgré la présence de la MINUSMA, la situation dans le pays est extrêmement difficile pour les Casques bleus au Mali. En décembre 2019, un expert des droits de l’homme de l’ONU a qualifié la situation de sécurité de « critique », avec des incidents sans précédent de violences intercommunautaires et d’attaques meurtrières de groupes armés. Dans un entretien à ONU Info, Mbaranga Gasarabwe, la Représentante spéciale adjointe des Nations Unies au Mali, a expliqué que la MINUSMA fait partie d’un effort plus large visant à contenir les groupes terroristes dans la région du Sahel, qui comprend en plus du Mali, le Burkina Faso, le Tchad, la Mauritanie et le Niger.

Dans cette deuxième partie (2014 à 2016), nous revenons sur l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat, et la définition des 17 Objectifs de développement durable à atteindre d’ici 2030.

2014 : L’ONU s’attaque à la pire épidémie d’Ebola de l’histoire

En décembre 2013, dans le village de Meliandou, en Guinée, un bambin nommé Emile Ouamouno est décédé. Ce fut une tragédie pour sa famille, mais la mort de l’enfant a pris une beaucoup importance plus grande, quand Emile a été nommé le patient zéro de ce qui est devenu la pire épidémie d’Ebola de l’histoire.

Le virus mortel et très contagieux s’est propagé rapidement à travers la Guinée, ainsi qu’au Libéria et en Sierra Leone voisins. Les économies des trois pays d’Afrique de l’Ouest ont failli s’effondrer et les services de santé ont été mis à rude épreuve. Cette année-là, quelque 6.000 décès ont été enregistrés et des communautés entières ont été paralysées par la peur.

En août 2014, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déclaré que l’épidémie était une urgence de santé publique de portée internationale. Une urgence déclarée afin d’assurer une réponse mondiale coordonnée, d’octroyer les fonds internationaux nécessaires au financement de la riposte et de stopper la propagation de la maladie vers d’autres pays.

Il faudra deux ans pour que l’OMS puisse déclarer la fin de cette urgence de santé publique de portée internationale. Au total, l’agence onusienne a enregistré 28.616 cas d’Ebola en Guinée, au Libéria et en Sierra Leone et 11.310 décès.

Un rapport indépendant de 2016 commandé par l’OMS a noté qu’il y avait eu un retard dans l’identification de l’ampleur sans précédent de l’épidémie et a souligné l’importance d’une meilleure formation des équipes d’agents de santé et d’une meilleure communication entre les réseaux de santé.

Malheureusement, depuis 2018, une autre partie de l’Afrique est aux prises avec la deuxième plus grande épidémie d’Ebola jamais enregistré. Plus de 2200 vies ont été perdues en République démocratique du Congo (RDC) parmi quelque 3300 infections confirmées.

L’est de la RDC, où l’épidémie est concentrée, est également confrontée à une insécurité et à des violences graves, ce qui entrave les efforts visant à contenir la maladie. Après les combats de novembre 2019, l’OMS a déclaré qu’environ un tiers de son équipe de riposte à Ebola dans la région de Beni avait été temporairement relocalisée. Une situation difficile, qui selon l’agence onusienne, rendrait la propagation du virus plus probable.

2015 : l’espoir suscité par l’Accord de Paris sur le climat

En décembre 2015, l’adoption de l’Accord de Paris sur le climat a suscité beaucoup d’espoir pour l’environnement. Pour la première fois, pratiquement tous les pays du monde se sont engagés à lutter contre menace existentielle du réchauffement climatique et à parer à ses conséquences.

Le Secrétaire général de l’ONU de l’époque, Ban Ki-Moon, a salué l’Accord de Paris comme un « triomphe monumental », soulignant sur les réseaux sociaux qu’il « ouvre la voie à des progrès pour mettre fin à la pauvreté, renforcer la paix et garantir une vie digne et une chance pour tous ».

L’Accord de Paris a été adopté après deux semaines de négociations lors de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) organisée dans la capitale française. Les négociations ont couvert les domaines jugés nécessaires pour une conclusion historique : l’atténuation, afin de maintenir les températures à 2 degrés Celsius au maximum par rapport aux niveaux préindustriels ; l’adaptation, afin que les pays puissent mieux gérer les impacts du changement climatique ; et le soutien, avec des financements disponibles pour les nations les plus vulnérables et les plus pauvres.

L’adoption de l’Accord de Paris s’est déroulée dans un esprit de grande émotion et d’espoir. M. Ban a déclaré que toutes les personnes impliquées devraient être fières de ce qu’elles ont accompli, mais a conclu ses remarques aux délégués en notant que l’Accord de Paris n’est que le début, car « le travail commence demain ».

Quatre ans plus tard, l’Accord de Paris est toujours considéré comme une étape clé sur la longue route vers une économie mondiale plus propre et plus durable. Mais de nombreux indicateurs montrent que pas assez n’a été fait à ce jour : une multitude de rapports et d’études environnementales accablants ont montré des dommages continus à l’environnement, dus au changement climatique d’origine humaine, et la probabilité que si nous continuons sur la trajectoire actuelle, les températures monteront bien au-delà du niveau de 1,5 degrés Celsius, et les conséquences pour beaucoup seront catastrophiques.

Le successeur de M. Ban en tant que Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a fait de la crise climatique l’un des piliers centraux de son mandat, en instituant plusieurs initiatives pour faire que cette question bénéficie d’un nouvel élan et d’une attention particulière, en particulier en septembre 2019 avec la tenue du Sommet Action Climat.

2016 : un Programme en 17 objectifs pour construire un avenir meilleur d’ici 2030

Au cours des 15 premières années du 21e siècle, de nombreuses activités de l’ONU ont été guidées par les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), avec huit objectifs allant de la réduction de moitié des taux de pauvreté extrême, à l’arrêt de la propagation du VIH/sida en passant par un enseignement primaire universel.

En 2015, année cible pour les objectifs, beaucoup de travail positif avait été accompli, mais une nouvelle vision était nécessaire. Cela a pris la forme du Programme développement durable à l’horizon 2030 qui a été officiellement lancé en 2016, et a été conçu pour s’appuyer sur les OMD et achever ce qui n’a pas pu etre accompli.

Le Programme 2030 a défini un plan d’action pour les personnes, la planète et la prospérité, dont l’éradication de la pauvreté, décrit par l’ONU comme « le plus grand défi mondial et une condition indispensable au développement durable ».

Dix-sept objectifs de développement durable (ODD) ont été annoncés, avec des cibles conçues pour susciter des actions dans cinq domaines principaux: les personnes (éradication de la pauvreté et de la faim), la planète (protection contre la dégradation de l’environnement et action urgente contre le changement climatique), la prospérité (assurer la prospérité et l’épanouissement de tous), la paix (favoriser des sociétés exemptes de peur et de violence) et le partenariat (afin de mobiliser les moyens d’atteindre les ODD.

Lors du lancement des ODD, le Secrétaire général de l’ONU de l’époque, Ban Ki-Moon, a déclaré que les 17 objectifs représentent une « vision partagée de l’humanité et un contrat social entre les dirigeants du monde et le peuple. Ils sont une liste de choses à faire pour les gens et la planète, et un plan de réussite ».

En 2020, il ne restera que 10 ans pour atteindre les ODD et mettre en œuvre le Programme 2030, et l’ONU a lancé une Décennie d’action pour accélérer le processus. Cela a été annoncé en septembre 2019, lors du premier Sommet sur les progres en faveur des ODD, qui s’est tenu au siège des Nations Unies à New York.

Lors de la clôture de ce sommet de deux jours, la Secrétaire générale adjointe de l’ONU, Amina J. Mohammed a déclaré qu’elle avait tiré trois messages concrets du sommet : un engagement renouvelé des dirigeants mondiaux pour mettre en œuvre le Programme 2030, qu’elle a décrit comme essentiel pour répondre aux plus grands défis mondiaux ; une reconnaissance du fait que les objectifs ne sont pas sur la bonne voie et une détermination à intensifier les efforts pour les atteindre ; et de plus de clarté sur la tâche à venir, avec une décennie décisive pour « nourrir une action mondiale plus ambitieuse; une action locale; et une action des peuples ».