Les agences humanitaires de l’ONU appellent à éliminer la malnutrition des enfants

Photo : UNICEF

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A la veille de la présentation du dernier rapport sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, les agences humanitaires des Nations Unies ont appelé dimanche à mettre fin au « fléau de la malnutrition chez les enfants ». « Nous avons tous vu le regard vide et presque sans vie d’un enfant souffrant de malnutrition grave, dont la respiration toujours aussi faible est souvent le seul signe de vie. Nous avons tous été profondément touchés lorsqu’un enfant n’a pu être sauvé », ont dit les chefs de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) dans une déclaration conjointe.

Chaque année, les Nations Unies fournissent à 10 millions d’enfants souffrant de malnutrition aiguë les services dont ils ont besoin pour se rétablir. Ces services comprennent des soins nutritionnels ; le traitement des infections, telles que les maladies diarrhéiques ; des services d’hygiène et d’assainissement et l’accès à de l’eau potable ; et des régimes nutritifs nécessaires à la croissance saine.

Deux millions de femmes enceintes souffrant de malnutrition et de nouvelles mères ont reçu des suppléments alimentaires pour améliorer leur nutrition et celle de leur bébé. Les Nations Unies viennent également en aide chaque année à des millions d’autres enfants afin qu’ils ne tombent pas dans un état de malnutrition, en promouvant, protégeant et soutenant l’allaitement maternel et un accès adéquat à une alimentation saine et nutritive en tout temps.

50 millions d’enfants de moins de cinq ans atteints de malnutrition aiguë

 « Pourtant, après des décennies de baisse, le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a augmenté ces dernières années », ont déploré les chefs de la FAO, de l’OMS, du HCR, de l’UNICEF, du PAM et d’OCHA.

820 millions de personnes dans le monde souffrent de faim et près de 50 millions d’enfants de moins de cinq ans sont atteints de malnutrition aiguë, marqués par un poids insuffisant pour leur taille. Et 149 millions d’enfants souffrent d’un retard de croissance et de développement causé par la malnutrition.

Les agences humanitaires de l’ONU œuvrent à la création d’environnements garantissant l’accès à des régimes sains et nutritifs en tout temps et font tout pour garantir aux familles avec des enfants atteints de malnutrition aiguë peuvent avoir accès à des traitements salvateurs, y compris dans leurs communautés et leurs cliniques de proximité sans avoir à parcourir des centaines de kilomètres pour amener un enfant dans un hôpital.

Les conflits étant à l’origine de la hausse de la faim et de la malnutrition au cours des dernières années, les agences de l’ONU rationalisent le traitement et la prévention de la malnutrition aiguë dans les situations d’urgence complexes. Reconnaissant toutefois que le plus lourd fardeau de la malnutrition en chiffres absolus se produit dans des situations hors des conflits, les agences œuvrent également avec les gouvernements pour renforcer la prévention et les programmes de traitement de toutes les formes de malnutrition.

Lutte contre la malnutrition : l’engagement des Etats doit s’accompagner des financements nécessaires

Les Nations Unies s’efforcent également de prévenir la malnutrition par des efforts accrus, en particulier pour les ménages avec des nourrissons et des enfants, dans le développement des moyens de subsistance, de mesures de protection sociale et d’accès aux services de santé, d’une consommation accrue de régimes alimentaires sains et nutritifs, et d’une croissance et d’un développement sains.

Les Nations Unies sont prêtes à aider les Etats membres à développer et mettre en œuvre leurs politiques, programmes et stratégies pour combattre le « fardeau » de la malnutrition sous toutes ses formes.

« Pour réussir, il faut que l’engagement mondial soit assorti des financements nécessaires », ont souligné les hauts responsables humanitaires onusiens, expliquant pour chaque dollar investi dans la prévention de la malnutrition infantile permet d’économiser 16 dollars dans la réduction des couts de santé et d’augmenter la productivité. « L’avenir de millions d’enfants est en jeu », ont-ils prévenu. « Nous ne devons pas les laisser tomber ».