Comité de l’information: un Département rebaptisé pour permettre à l’ONU de communiquer de manière « moderne, souple et mondiale »

Photo : ONU

« Plus que toute chose », le nouveau nom du Département de la communication globale réaffirme la volonté de garantir « qu’une culture de la communication et de la transparence doit prévaloir à tous les niveaux de l’Organisation, afin de pleinement informer les peuples du monde sur les objectifs et activités de l’ONU ».  Voilà le message fort que la Secrétaire générale adjointe à la communication globale, Mme Alison Smale, a lancé au Comité de l’information qui entamait, aujourd’hui, les travaux de sa quarante et unième session. S’exprimant tour à tour en français, en anglais et en russe, elle a notamment expliqué que ce nouveau nom reflète la réforme que le Département est en train de mener à bien avec pour objectif de garantir qu’il puisse communiquer chaque jour de manière « moderne, souple et mondiale ». 

« Nous communiquons globalement lorsque nous trouvons de nouveaux moyens d’accroître l’audience et de créer un nouveau contenu qui renforce l’appui à l’ONU et à ses travaux », a lancé Mme Smale.  « Mais avant tout, a-t-elle souligné, nous cherchons à nous orienter vers une culture où les silos sont brisés afin de pouvoir identifier plus rapidement et de manière plus effective les problèmes et de réfléchir ensemble à des solutions pratiques. »

À une époque où les ressources sont limitées, la nouvelle approche du Département est axée sur les données en vue de mesurer et évaluer l’impact de ses produits, la refonte du site Web de l’ONU est en cours et le DCG élargit ses partenariats pour mobiliser des ressources extrabudgétaires dans des domaines clés.  Les médias sociaux constituent en outre une part de plus en plus importante de la production numérique du DCG, ce que Mme Smale a justifié par le fait qu’ils permettent au Département de se connecter aux publics du monde entier et en particulier avec les jeunes.

Mme Smale a également expliqué que les centres d’information des Nations Unies (CINU) sont en train d’être pleinement intégrés aux travaux du DCG afin d’améliorer la production et le partage de contenu multilingue.  Parmi les autres projets cités par la Secrétaire générale adjointe, il convient de mentionner la création d’un robot doté d’une intelligence artificielle qui permet aux habitants de la planète de partager plus de 110 000 actions climatiques différentes, le Pacte des médias en faveur des objectifs de développement durable, la campagne « Service et sacrifice » qui met en lumière la contribution des pays au maintien de la paix, et la couverture multimédia suite au passage, le mois dernier, du cyclone Idai en Afrique australe.

Au préalable, le Président entrant du Comité de l’information, M. Omar Hilale, a salué le recours accru aux nouvelles technologies, par le biais notamment des réseaux sociaux, notant que ces nouveaux outils de communication sont le canal privilégié des jeunes.  Il a cependant appelé à préserver le recours aux outils traditionnels qui, a-t-il insisté, demeurent le seul canal d’accès à l’information dans de nombreux pays en développement.  Préoccupées par la prévalence du fossé numérique, ce point de vue a été partagé par de nombreuses délégations.

  1. Hilale a également insisté sur l’importance de transmettre aux générations futures le devoir de mémoire d’évènements historiques et tragiques comme la traite des esclaves et les génocides, constatant de surcroît que celui-ci guide une grande partie de l’action collective au sein de l’ONU.

Évoquant en outre « ces temps de difficulté financière », le Président a en outre appelé les membres du Comité à s’assurer que le budget alloué au Département puisse, à défaut d’être augmenté, ne pas subir de baisse.  « Nous ne pouvons pas exiger de ce Département de se moderniser et de faire mieux avec moins de moyens financiers et humains », a argué M. Hilale.  Pour couvrir les besoins additionnels, ce dernier a d’ailleurs appelé chacun des membres du Comité à s’engager dans une réflexion à même d’identifier de nouveaux moyens pour financer les activités croissantes du Département.

« Alors même que le multilatéralisme est remis en question, il est d’autant plus important de faire passer les valeurs et la mission de l’ONU aux opinions publiques mondiales pour qu’elles comprennent la valeur ajoutée de cette Organisation », a d’ailleurs souligné, dans ses remarques d’ouverture, le Président sortant du Comité, M. Jan Kickert, de l’Autriche.

La question du respect du multilinguisme dans les contenus du DCG n’a pas manqué de revenir dans le cadre du débat général, notamment par la voix du Groupe des amis de l’espagnol, de l’Organisation internationale de la Francophonie et d’autres qui se sont inquiétés à la perspective que les contraintes financières du Département ne le force à s’engager davantage sur la voie du monolinguisme et de voir la prédominance de l’anglais s’installer dans les contenus et plateformes du Département.

Le « rôle capital » des communiqués de presse a également été souligné à plusieurs reprises, notamment pour la préservation de la « mémoire institutionnelle » et la diffusion quasiment en temps réel de l’information.

Élu par acclamation en début de séance pour un mandat de deux ans, le nouveau Président, M. Hilale, du Maroc, aura pour Vice-Présidents Mme Amal Mudallali, du Liban, et M. Oleh Nikolenko, de l’Ukraine, qui occupera également les fonctions de Rapporteur.  Le Groupe des États d’Europe occidentale et autres États et le Groupe des États d’Amérique latine et des Caraïbes n’ont pas encore proposé de candidats.  Le Comité a également accepté que la Bolivie et le Honduras assistent en tant qu’observateurs à ses travaux, après avoir adopté son ordre du jour provisoire*.