Dette, climat et inégalités : le PNUD appelle à l’action aux réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale

Un financement accru et un leadership audacieux sont nécessaires de toute urgence pour lutter contre le changement climatique, les inégalités et l’endettement, alors que l’augmentation des risques et des vulnérabilités menace la croissance économique au niveau mondial, a déclaré samedi le chef du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Achim Steiner, lors des réunions de printemps de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) à Washington.

« Nous avons toujours un système financier et économique mondial qui ne répond pas aux besoins en termes d’amplitude et de type de financement requis pour le développement durable », a-t-il déclaré au nom des Nations Unies à la 99e réunion du Comité de développement. Il a également insisté sur ce point lors d’une réunion des ministres des finances et des gouverneurs des banques centrales du G20, où il a représenté l’ONU.

« Une action audacieuse pour le climat pourrait générer des retombées économiques de 26.000 milliards de dollars d’ici 2030, créer plus de 65 millions d’emplois et aider 700.000 personnes à éviter un décès prématuré. Nous avons besoin de politiques et d’investissements intelligents maintenant pour combler les écarts croissants, non seulement en termes de revenus, mais également en termes de dignité, d’opportunités et de qualité de vie », a-t-il dit.

D’ici 2050, le financement de la transition vers une économie à faibles émissions de carbone et résiliente au changement climatique nécessitera des investissements d’au moins 60.000 milliards de dollars. Selon le PNUD, les finances publiques ne suffiront pas et il faut mobiliser davantage de fonds privés.

Achim Steiner a répété ce sentiment lors du lancement de la Coalition des ministres des finances pour l’action en faveur du climat, en soulignant leur rôle central dans le soutien des stratégies climatiques nationales. « Nous n’avons pas à choisir entre prospérité économique et action sur le climat. Les deux sont possibles. Il suffit de penser à l’innovation et à la transformation stupéfiantes de nos secteurs de l’énergie et de la mobilité», a-t-il dit.

La crise de la dette qui menace

Le chef du PNUD a également abordé la crise de la dette qui menace de nombreux pays en développement. Les analyses du FMI et de la Banque mondiale révèlent que 40% des pays les moins avancés (PMA) et des pays à faible revenu sont confrontés à un surendettement ou à un risque élevé de surendettement, en particulier en Afrique subsaharienne.

« Dans ce contexte, il est nécessaire de fournir aux PMA un soutien global en matière de politiques et de programmes afin d’assurer une gestion améliorée de la dette et des politiques macroéconomiques saines, mais aussi et surtout d’accroître le financement du développement », a déclaré Achim Steiner lors d’une rencontre ministérielle consacrée aux PMA.

« En tant que communauté internationale, nous devons tirer parti de notre présence mondiale, de nos partenariats, de nos connaissances et de notre expertise pour veiller à ce que les pays que nous servons ne tombent pas dans une crise de la dette », a-t-il ajouté lors d’une réunion du Comité monétaire et financier international.