Commission de la condition de la femme: à un an de « Beijing+25 », États Membres, société civile et secteur privé font l’état des lieux

Photo : ONU

La Commission de la condition de la femme a poursuivi, aujourd’hui, les travaux de sa soixante-troisième session par une table ronde ministérielle, le matin, puis un examen des rapports de six pays (Italie, Qatar, Espagne, Philippines, Égypte et Bulgarie) sur le thème « Autonomisation des femmes et lien avec le développement durable », qui a entraîné un dialogue avec les délégations. La table ronde avait pour but d’examiner la suite donnée à la quatrième Conférence mondiale sur les femmes –la fameuse Conférence de Beijing de 1995- et à la vingt-troisième session extraordinaire de l’Assemblée générale, tenue en 2000, intitulée « Les femmes en l’an 2000: égalité entre les sexes, développement et paix pour le XXIe siècle ».

Le coup d’envoi de ce débat de haut niveau a été donné par la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Mme Phumzile Mlambo-Ngcuka, qui a mis en exergue l’importance du partage des meilleures pratiques à des fins d’examen et d’évaluation, à la veille du vingt-cinquième anniversaire de la Conférence de Beijing.  Le but est d’accélérer les actions prévues dans le cadre de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, l’agenda mondial pour l’amélioration des droits humains des femmes et des filles qui définit des objectifs stratégiques pour la réalisation de l’égalité des sexes dans 12 domaines critiques.

Mme Mlambo-Ngcuka a annoncé que 2020 serait « une année essentielle pour faire le point sur cette mise en œuvre », avertissant qu’il faudrait le faire « avec une honnêteté cruelle », en vue de mener les changements nécessaires et adopter des mesures concrètes pour combler les lacunes.  Elle a encouragé les jeunes, « ceux qui sont nés au moment de l’adoption de la Déclaration de Beijing et après », à y contribuer.

Près de 40 États Membres, souvent représentés au niveau ministériel, ont pris part à la table ronde, à laquelle ont également participé des représentants d’organisations régionales, d’ONG, ainsi que des parlementaires et des journalistes.  Les représentants de gouvernements ont dressé un tableau rapide des actions phares menées dans leur pays respectif pour appliquer les recommandations de Beijing, fournissant de nombreux exemples d’institutions spécialisées dans les droits et l’autonomisation des femmes et de mesures favorisant la parité dans les organes gouvernementaux.  L’Institut national de la femme (Argentine) et le Forum ministériel des femmes (Fidji) ont été mentionnés, parmi bien d’autres.

Dans le cadre de ce débat, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme a mis l’accent sur le rôle de premier plan que jouent les femmes en tant que défenseuses des droits de la personne et a exigé qu’elles soient prises en compte dans le contexte de Beijing+25.  Ces femmes, a-t-il remarqué, sont souvent ciblées et stigmatisées comme étant des personnes qui remettent en question des traditions et des dogmes culturels.

Lors des exposés volontaires des six délégations venues dans l’après-midi présenter leurs progrès, il a souvent été question de ce qui est fait dans le domaine de l’emploi.  Le Ministre du développement, du travail et des affaires sociales du Qatar s’est félicité du meilleur accès au marché du travail qu’ont désormais les femmes de son pays.  En Espagne, la loi prévoit une égalité salariale progressive: l’on vise d’abord les entreprises de plus de 250 employés puis celles de 100 et enfin de 50 employés.

En Italie, pays qui s’est doté en 2017 d’une stratégie nationale sur l’égalité des genres, l’État facilite le financement des petites et moyennes entreprises (PME) dirigées par des femmes.  Il aide également les parents à payer les frais de crèche.  Pour ce qui est des Philippines, le congé maternité est passé de 60 à 105 jours.  Il bénéficie aux femmes employées dans le secteur public comme dans le secteur privé.

La Commission de la condition de la femme se réunira à nouveau demain, jeudi 14 mars, à 10 heures, pour continuer son dialogue avec les délégations présentant des rapports nationaux sur l’autonomisation des femmes en lien avec le développement durable.  Une table ronde se tiendra dans l’après-midi sur le sujet: « Les femmes et les filles d’ascendance africaine ».