Légère hausse du nombre de femmes dans les parlements mondiaux en 2018 (UIP)

Photo : ONU

La proportion de femmes qui siègent dans un parlement a augmenté en 2018. La moyenne mondiale est passée à 24,3% contre 23,4% en 2017, indique l’étude annuelle de l’Union interparlementaire (UIP). « La part des femmes dans les parlements s’est étendue de 0,9 % et cette augmentation confirme une hausse constante des femmes parlementaires par rapport aux années précédentes », a déclaré le Secrétaire général de l’UIP au cours d’un point de presse ce mardi à Genève. Parmi les facteurs expliquant cette légère augmentation générale, Martin Chungong avance « la bonne pratique » des systèmes de quotas.  Selon l’UIP, les données des élections tenues en 2018 montrent que des quotas bien conçus peuvent ouvrir la voie à une plus grande parité.

En Amérique latine par exemple, de nombreuses politiques de 30% adoptées dans les années 90 sont en train d’être révisées à la hausse pour stipuler que les candidats à un parti devraient inclure un nombre égal de femmes et d’hommes. L’impact de ces politiques a été clairement constaté en 2018 au Costa Rica, où la part de femmes parlementaires a augmenté de 12,3 points.

  1. Chungong a ainsi salué cette amélioration à trois jours de la Journée internationale des femmes. Dans les pays qui ont adopté les quotas, l’augmentation du nombre de parlementaires femmes est significativement plus importante.

Loin de la parité homme-femme dans les parlements

La présidente de l’UIP et sénatrice mexicaine, Gabriela Cuevas, appelle d’ailleurs les gouvernements à davantage de quotas et surtout « de systèmes électoraux » qui favoriseront l’arrivée de plus de femmes.

« Les outils préconisés par l’UIP commencent à porter leurs fruits », s’est réjoui Martin Chungong.

Des mécanismes d’application et des sanctions lorsque les quotas ne sont pas honorés contribuent aussi à étendre davantage le nombre de femmes parlementaires. C’est pourquoi, l’UIP a appelé les États à des sanctions lorsque les quotas, déjà présents dans plus de 130 pays, ne sont pas honorés.

Mais bien que le nombre de femmes parlementaires ait augmenté pour s’approcher de 25% en 2018, les parlements sont, de façon générale, loin de la parité.

« Nous ne pouvons faire preuve de complaisance », a relevé le Secrétaire général de l’UIP, et a insisté sur l’objectif et l’impératif de la parité.

Même son de cloche pour la Présidente de l’UIP qui a rappelé que l’augmentation de 1% observée en 2018 représente une légère amélioration par rapport à la représentation parlementaire des femmes.

« Cela signifie que nous sommes encore loin de la réalisation de la parité mondiale entre les sexes », a déclaré Mme Gabriela Cuevas Barron qui plaide aussi pour plus de volonté politique.

En général, la représentation mondiale des femmes dans les parlements a augmenté

Analysé globalement, le rapport montre que plusieurs États ont largement avancé en 2018 sur la représentation des femmes dans les parlements, notamment l’Italie. Le Rwanda, meilleur au monde sur cette question, est en recul. Malgré une diminution de la proportion de femmes à la suite du scrutin de 2018, Kigali a toutefois maintenu sa position de leader dans le classement mondial tenu depuis 2003, avec 61,3% de femmes parlementaires.

Le document insiste sur le fait que les parlements d’Afrique subsaharienne ont connu des progrès relativement modestes en 2018, avec une proportion moyenne de femmes parlementaires dans la région de 23,7%. Mais c’est Djibouti qui a enregistré « les gains les plus spectaculaires » où la part des femmes parlementaires est passée de 10,8% à 26,2%.

« En 2017, un exercice d’auto-évaluation sur la sensibilité au genre a été mené en partenariat avec l’UIP, qui a abouti à une nouvelle loi électorale début 2018 exigeant qu’au moins 25% des sièges au Parlement soient occupés par des femmes », se réjouit cette institution internationale basée à Genève.

L’autre enseignement de ce document est qu’environ un organe législatif national sur cinq est dirigé par une présidente. Davantage de représentantes des minorités ont également accédé aux pouvoirs législatifs. Par exemple, les élections aux États-Unis ont été historiques en termes d’inclusion de nouveaux groupes de législateurs.

Les chambres basses (23,5%) et les chambres hautes (25%) comprenaient plus de femmes que jamais auparavant. Parmi elles, 37% étaient des femmes de couleur, y compris les deux premières femmes musulmanes et les deux premières femmes amérindiennes. Les élections de 2018 ont également permis l’élection des deux plus jeunes femmes au Congrès américain, âgées de 29 ans, ainsi que de cinq nouveaux parlementaires gays, lesbiennes et bisexuels (quatre femmes).