Conseil des droits de l’homme : l’ONU dénonce le recrutement d’enfants par les groupes armés terroristes

Photo : ONU

La Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants dans les conflits armés a mis en garde, ce mardi à Genève, sur les conséquences de conflits qui perdurent dans le monde. Cette situation ainsi que « les irruptions cycliques de violences et les opérations pour lutter contre le terrorisme ont généré, comme par le passé, de graves violations contre les enfants, qui sont les principales victimes de la guerre », a déclaré Virginia Gamba. Le recrutement d’enfants par les groupes armés terroristes reste un grand défi à relever pour assurer la protection des mineurs. D’autant que les derniers événements ont montré qu’il prend la forme aujourd’hui d’un recrutement transnational.

« Depuis 2011, entre 30.000 et 42.000 combattants étrangers se sont rendus en Syrie ou en Iraq pour se joindre à des groupes armés liés à Al-Qaïda ou Daesh, dont de nombreux enfants », a indiqué Mme Gamba.

L’année 2018 a été marquée par un nombre croissant d’attaques contre les écoles, a poursuivi la Représentante spéciale, ce qui empêche un nombre croissant d’enfants de poursuivre leur scolarité. Les enfants et leurs parents ont peur de se rendre dans les établissements scolaires de peur d’être enlevés ou enrôlés de force par des groupes armés.

« Les enlèvements sont souvent précurseur d’autres violations à l’encontre des enfants, telles que le recrutement ou la violence sexuelle », a fait valoir Mme Gamba.

Des fillettes transformées en bombes humaines par Boko Haram au Nigéria

Au Nigéria, par exemple, le groupe Boko Haram enlève des jeunes filles pour les utiliser comme bombes humaines en les forçant à commettre des attentats-suicides. Les enlèvements présentent une dimension transfrontalière. Des groupes armés tels que Boko Haram et « l’Etat islamique » enlèvent des enfants et les emmènent dans des pays voisins pour les entraîner et les utiliser comme combattants, les marier de force, les vendre ou les réduire en esclavage.

« Cela pose des problèmes en matière de rapatriement et de réintégration transfrontaliers des enfants capturés ou libérés dans des pays autres que leur pays d’origine », a souligné l’envoyée onusienne. Dans ce contexte, une lutte concrète contre les enlèvements des enfants doit passer par des initiatives régionales et sous-régionales qui doivent faire en sorte que les auteurs de ces crimes soient poursuivis en justice. Le bureau de la Représentante spéciale planche travaille sur l’élaboration d’une boîte à outils qui fournirait aux États des exemples de mesures à prendre pour prévenir ces violences.

Pour chaque enfant que nous protégeons des conflits armés, nous contribuons directement à briser les cycles de violence, à prévenir les conflits à venir et à réaliser les Objectifs de développement durable – Virginia Gamba

Mme Gamba a également prévenu que la lutte contre l’enrôlement des enfants dans des groupes armés ne s’arrête pas à leur libération. L’absence ou le manque d’assistance et de suivi des enfants libérés rend ces derniers vulnérables à un nouveau recrutement.

Pour faire face à ce risque, l’envoyée onusienne a participé à la création de la Coalition mondiale pour la réintégration qui étudie les structures d’un mécanisme durable de soutien aux enfants ayant fait partie de groupes armés. Le bureau de la Représentante spéciale planche travaille sur l’élaboration d’une boîte à outils qui fournirait aux États des exemples de mesures à prendre pour prévenir ces violences.

« N’oublions pas que pour chaque enfant que nous protégeons des conflits armés, nous contribuons directement à briser les cycles de violence, à prévenir les conflits à venir et à réaliser les Objectifs de développement durable », a rappelé la Représentante spéciale.