Climat, développement durable et nouvelles technologies – le chef de l’ONU appelle à accélérer les efforts en 2019

Le Secrétaire général de l’ONU à l’Assemblée générale

Devant les Etats membres de l’Assemblée générale des Nations Unies,le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé mercredi à accélérer cette année les efforts pour lutter contre le changement climatique,mettre en œuvre un développement durable et utiliser au mieux les nouvelles technologies. Il a tout d’abord rappelé les « acquis importants de l’année 2018 ». « Malgré des vents contraires (…), nous avons montré notre valeur ajoutée. Grâce à votre engagement, nous avons fait une réelle différence. Nous nous sommes concentrés sur les résultats, ce qui a permis à l’ONU d’être plus réactive et plus respectée », a-t-il dit dans un discours lors d’une réunion informelle de l’Assemblée générale au siège des Nations Unies à New York.

Le Secrétaire général a cité en particulier le cessez-le-feu négocié par l’ONU au Yémen « pour mettre fin à la pire des catastrophes humanitaires au monde » et l’accord de paix conclu au Soudan du Sud.

Il s’est aussi félicité qu’après des années d’efforts, la mission de maintien de la paix des Nations Unies au Libéria ait conclu son travail, « consolidant les succès d’autres opérations des Nations Unies en Afrique de l’Ouest » et a noté que dans des contextes difficiles, notamment à Madagascar, au Mali, aux Maldives et au Libéria, « des élections importantes se sont déroulées avec succès, la plupart avec le soutien actif de l’ONU ».

« Nous espérons maintenant que le processus électoral en République démocratique du Congo se conclura sans violence et dans le plein respect de la volonté du peuple congolais et des règles juridiques et constitutionnelles du pays », a-t-il ajouté.

Une Organisation plus agile, plus efficace et plus souple

Le chef de l’ONU a également mis en avant d’autres progrès faits en 2018 sur des enjeux cruciaux, en particulier l’adoption du programme de travail relatif à l’Accord de Paris sur le climat à Katowice (Pologne) et l’adoption du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières à Marrakech (Maroc).

« Nous devrions nous sentir encouragés par ces succès », a-t-il dit, tout en notant que beaucoup de gens considèrent encore l’ONU comme inefficace, lourde et bureaucratique. « Nous voulons tous une organisation plus agile, plus efficace et plus souple. C’est pourquoi nous nous réformons de manière ambitieuse, pour mieux servir les gens », a-t-il souligné. Selon lui, après deux ans de discussions et de décisions sur la réforme de l’ONU, l’année 2019 verra une ONU renouvelée.

Mais M. Guterres a estimé que ces progrès ne devaient pas laisser place à la complaisance. « Pour répondre aux besoins et aux attentes des personnes que nous servons, nous devons accélérer notre travail. Cela commence par accélérer la montée en puissance de la diplomatie », a-t-il dit.

Il a mentionné un renforcement du partenariat avec l’Union africaine « tout en nous efforçant de consolider les acquis en faveur de la paix sur le continent et de faire pression pour des solutions durables au Mali et dans le Sahel, au Soudan du Sud, en Somalie, en République centrafricaine et en République démocratique du Congo ».

Relever les trois défis du XXIe siècle

Mais surtout, dans un monde en mutation rapide, le Secrétaire général a appelé à « accélérer considérablement nos efforts » pour relever les trois défis du XXIe siècle : le changement climatique, le développement durable et les nouvelles technologies.

Il a rappelé qu’il convoquerait un sommet sur le climat le 23 septembre pour mobiliser les dirigeants politiques, les entreprises et la société civile.

« Deuxièmement, parallèlement à une réponse considérablement améliorée au changement climatique, nous devons fortement accélérer nos efforts plus larges pour atteindre les objectifs de développement durable », a-t-il dit.

Concernant, les nouvelles technologies, il a souligné les nouvelles possibilités offertes en matière de soins de santé, d’éducation, et d’assistance humanitaire mais a aussi appelé à s’attaquer aux risques négatifs, tels que les perturbations du marché du travail, la militarisation de l’intelligence artificielle et le ‘dark web’.

Le Secrétaire général a conclu en rappelant que ce qui unit l’ONU, « c’est un ensemble de valeurs, les valeurs universelles de la Charte des Nations Unies ».

« Aujourd’hui, ces valeurs sont attaquées dans le monde entier », a-t-il noté, appelant à ne pas oublier les leçons des années 1930. « Il ne peut y avoir de place pour les discours de haine, l’intolérance ou la xénophobie ».