Message du Secrétaire général publié à l’occasion de la Journée internationale des victimes de disparition forcée – 30 août 2016

disparitions forcées

Photo ONU/Martine Perret

Lorsqu’on parle de victime de disparition forcée, on imagine généralement une personne privée de liberté et confinée dans un lieu de détention secret, sans aucun contact avec l’extérieur. Pourtant, parmi les victimes de disparition forcée figurent également les parents, les enfants, les partenaires et les amis des personnes disparues. Ces femmes et ces hommes angoissés cherchent désespérément la moindre information, le moindre indice qui pourrait les conduire vers leurs proches.

Aux termes de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, on entend par victime « toute personne physique ayant subi un préjudice direct du fait d’une disparition forcée ». Avec l’appui de leur communauté, de défenseurs des droits de l’homme et d’organisations non gouvernementales, ces victimes demandent et exigent des autorités qu’elles prennent les mesures voulues. Elles ont le droit de connaître la vérité au sujet des circonstances de ces disparitions, des progrès et des résultats des enquêtes et, surtout, de ce qu’il est advenu de leurs proches.

Tous les États ont l’obligation d’enquêter sur les disparitions forcées, d’en poursuivre et d’en punir les auteurs et d’offrir une réparation aux victimes. Toutefois, ces dernières font souvent face à l’impassibilité, voire à la franche hostilité des autorités auxquelles elles font appel. Le Comité des disparitions forcées et le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires, qui sont les deux principaux mécanismes d’experts des Nations Unies dans ce domaine, ont reçu des informations faisant état de représailles, notamment d’arrestations arbitraires, de menaces et d’intimidations, à l’encontre de proches de personnes disparues ainsi que de défenseurs des droits de l’homme, d’avocats et d’organisations non gouvernementales les aidant.

En cette Journée internationale, je demande à tous les États de reconnaître que les membres de la famille et les amis des personnes disparues sont également des victimes et de garantir leur droit à une véritable protection contre toute forme de représailles. J’engage également tous les États Membres à signer ou ratifier la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, qui contient des dispositions interdisant spécifiquement tout mauvais traitement ou toute intimidation des témoins, des proches des personnes disparues ainsi que de ceux qui participent aux enquêtes, ou à y adhérer.

Nous devons tous faire preuve de solidarité avec les victimes de disparition forcée et leurs proches qui s’efforcent d’exercer leur droit à la vérité et à la justice.