Le Président ukrainien accuse la Russie d’agression contre son pays

Le Président ukrainien, Petro Poroshenko, a accusé mardi la Russie d’agression contre la souveraineté de son pays, en violation de ses responsabilités aux termes des traités internationaux et de la Charte de l’ONU. Dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies qui coïncide cette année avec le 70ème anniversaire de la création de l’ONU, M. Poroshenko a averti les délégués que « notre avenir dépendra dans une large mesure (…) des résultats de cette session et de nos décisions collectives – selon que nous choisirons de suivre la voie de la paix, de la sécurité et des droits de l’homme ou que nous plongerons dans le tumulte de nouvelles guerres hybrides, du chaos et des souffrances ».

« Aujourd’hui, mon pays est l’objet d’une agression extérieure », a affirmé M. Poroshenko, en rappelant que l’Ukraine avait été un Etat fondateur des Nations Unies. « Cette fois, l’agresseur est la Russie – pays voisin et ancien partenaire stratégique qui s’était juridiquement engagé à respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’inviolabilité des frontières de l’Ukraine ».

La Russie, a poursuivi le Président ukrainien, « était un des Etats garantissant la sécurité de l’Ukraine aux termes du Mémorandum de Budapest, dans lequel des garanties de sécurité étaient données à mon pays en échange de sa renonciation volontaire au troisième arsenal nucléaire de la planète ». En outre, cet Etat est « un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a la responsabilité, aux termes de la Charte de l’ONU, de maintenir la paix et la sécurité internationales ».

Rappelant l’occupation et l’annexion de la Crimée, province de l’Ukraine, en février 2014 par la Russie, condamnée comme illégale par une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies, M. Poroshenko a estimé « regrettable qu’après ce clair verdict de la communauté internationale, la Russie ne soit pas revenue dans le champ juridique international civilisé ». « Pire, a-t-il dit, Moscou s’est lancé dans un nouveau pari militaire risqué – cette fois dans la région ukrainienne du Donbas ». « Bien que jusqu’à présent, la Russie refuse d’admettre officiellement son invasion militaire, aujourd’hui il n’y a aucun doute qu’il s’agit bien d’une guerre d’agression contre mon pays », a-t-il affirmé.

« Le but de cette guerre est de forcer le peuple ukrainien à renoncer à son choix souverain de construire un Etat européen libre, démocratique et prospère », a-t-il accusé.