troisième Conférence internationale sur le financement du développement : Au nom du Groupe des nations Unies pour le développement, je remercie le Gouvernement de l’Éthiopie d’accueillir cette importante Conférence des Nations Unies. 

Cette troisième Conférence internationale sur le financement du développement est l’un des quatre grands processus des Nations Unies liés au développement à se tenir cette année, les trois autres étant la conférence consacrée à la réduction des risques de catastrophe qui s’est tenue en mars à Sendai, le lancement des ODD en septembre et la COP 21 sur le changement climatique qui se tiendra à Paris, lors de laquelle un nouvel accord global sur le climat devrait être conclu. Ces différentes conférences représentent une occasion unique au sein d’une génération pour mettre notre monde sur le chemin d’un développement durable qui profite à tous. 

Mais nous savons tous que sans ressources, aucun programme ne vaut le papier sur lequel il est imprimé. C’est pourquoi il est capital que cette conférence sur le financement du développement aboutisse : le Programme d’action d’Addis-Abeba doit permettre de tracer la voie à suivre pour la réalisation de tous les programmes essentiels pour le développement qui seront conclus cette année.

Le PNUD a le privilège d’avoir été désigné depuis longtemps comme l’une des cinq parties prenantes institutionnelles clés pour le financement du processus de développement, avec le FMI, la Banque mondiale, la CNUCED et l’OMC.

Au moment où les préparations pour cette conférence ont commencé, le PNUD n’a cessé de plaider pour que l’approche de Monterrey Plus soit appliquée, car elle prend en compte l’APD mais aussi les contributions publiques internationales au-delà de l’APD ; prévoit le renforcement des capacités pour la mobilisation des ressources nationales et la prise en compte des risques en matière de financement, étant donné les problèmes considérables qui se sont aggravés depuis Monterrey, notamment les effets accélérés de la dégradation de l’environnement– en particulier de l’écosystème climatique ; la vulnérabilité de populations de plus en plus nombreuses aux risques de catastrophes naturelles – notamment les villes du monde en croissance rapide ; et la multiplication de conflits prolongés.

Cela appelle à un vaste programme de financement audacieux à même de faire face aux défis de notre époque, notamment l’éradication du fléau de la pauvreté dans toutes ses dimensions.

Toutes les sources de financement – nationales et internationales, publiques et privées – sont nécessaires. Une source de financement n’en remplace pas une autre. L’aide publique au développement (APD) demeure essentielle pour de nombreux pays, en particulier les pays le moins avancés, les pays en développement sans littoral, les petits États insulaires en développement et d’autres pays se trouvant dans des situations de développement particulières.

La difficulté est de s’assurer que les différentes sources de financement se complètent et se renforcent mutuellement. Nous avons besoin d’ADP pour renforcer l’effet catalyseur, notamment par un appui au renforcement des capacités d’accès à toute une diversité d’instruments de financement, notamment de financement destiné à la lutte contre le changement climatique.

L’APD peut également avoir un effet stimulateur sur le renforcement de la mobilisation des ressources nationales. Les capacités nécessaires pour une croissance et un développement qui profitent à tous doivent être consolidées, au sein des gouvernements à tous les niveaux et dans les institutions publiques et les cadres juridiques et réglementaires.

Il faut également renforcer le capital humain – le développement repose sur l’élévation des niveaux en matière d’éducation, de compétences et d’état de santé. Comme nous l’avons vu de façon si tragique avec l’Ebola, le développement peut s’inverser lorsqu’un système de santé fonctionne mal.

Il convient également de mettre l’accent sur la nécessité d’investir dans des secteurs qui permettront de générer un travail décent, et de créer le cycle vertueux d’une hausse des revenus, ce qui stimule la demande et augmente les taux d’épargne pour financer d’autres investissements.

Le Rapport 2013 sur le développement humain : « l’Essor du Sud » a montré que l’émergence économique était aussi liée à l’amélioration du développement humain. Les investissements dans l’infrastructure, l’ouverture au commerce et à l’investissement, et les investissements dans la santé, l’éducation et la protection sociale sont essentiels pour soutenir l’émergence.

Les besoins financiers pour atteindre les objectifs de développement fixés par la communauté internationale et les aspirations nationales sont importants. Or notre monde n’a jamais disposé d’autant de richesses, de connaissances et de technologies qu’il en possède aujourd’hui.

Permettre à tous les pays d’accéder à ces moteurs de développement doit être au cœur du Programme d’action d’Addis-Abeba Action, ainsi que réaliser la vision des Objectifs de développement durable pour protéger notre planète et ne laisser personne derrière.

Les États Membres des Nations Unies attendent du système des Nations Unies pour le développement qu’il joue un rôle de chef de file dans la mise en œuvre du programme pour l’après-2015.

Nous sommes prêts à jouer ce rôle, et nous sommes déterminés à appuyer nos partenaires nationaux pour renforcer les capacités dont ils ont besoin pour accéder à des financements, renforcer la mobilisation des ressources nationales et faire progresser un développement durable qui profite à tous.