Les technologies mobiles en faveur du « girl power »

 

L’UNESCO célèbre la Semaine de l’apprentissage mobile 2015

« J’ai toujours voulu aller à l’école, » a déclaré la jeune Azra Misbih-ul-Huda, 17 ans, qui vit dans la province de Khyber Pakhtunkhwa au Pakistan. « Quand ce projet d’éducation gratuite par l’apprentissage mobile a été lancé dans notre région, j’étais très excitée. […] J’ai dit à ma mère que j’avais besoin de recevoir une éducation, et elle a finalement accepté parce qu’elle a dit que je l’avais beaucoup aidé et que je le méritais. Jusque-là, je vivais au village et j’aidais ma mère dans les tâches du quotidien. »

« Avant le cours sur l’apprentissage mobile, beaucoup de filles de mon âge et moi-même ne pouvions ni lire ni écrire le moindre mot, mais maintenant toutes les filles qui ont profité de ce projet peuvent facilement lire des livres. Désormais, nous nous en échangeons souvent, » a expliqué Azra.

S’appuyer sur la technologie pour rendre des femmes et des filles comme Azra et ses amies plus autonomes est le thème de la Semaine de l’apprentissage mobile de cette année, qui se tiendra du 23 au 27 février. L’UNESCO marquera la semaine avec un colloque, un forum et un séminaire de recherche à son Siège à Paris, réunissant nombre d’experts, de décideurs et de dirigeants du secteur privé. Une session avec les membres de la Commission des Nations Unies sur le développement numérique se réunira à l’UNESCO en parallèle.

L’agenda extrêmement chargé de la semaine, conjointement organisé par l’UNESCO et ONU Femmes, sera ouvert le mardi 24 février par la Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, et la Directrice d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka. Le discours d’ouverture sera prononcé par Cherie Blair, qui a créé la Fondation pour les Femmes en 2008 pour soutenir les femmes entrepreneures dans les pays en développement.

Malgré l’incroyable croissance des technologies mobiles dans le monde, trop de femmes et de filles en sont toujours privées ; elles sont privées d’éducation, et privées d’accès aux nouvelles technologies et aux possibilités que ces dernières offrent.

Les statistiques de l’UNESCO montrent que 126 millions de jeunes analphabètes et deux tiers des 781 millions d’adultes analphabètes dans le monde sont des femmes. Parallèlement, la recherche menée par Intel montre que les femmes ont 25% de chances de moins que les hommes d’avoir accès à Internet dans les pays en développement. Cet écart s’élève à 50% dans certaines régions. Dans les pays à faible et moyen revenus, 300 millions d’hommes de plus que de femmes possèdent un téléphone portable, et les hommes ont beaucoup plus de chances de pouvoir les utiliser pour se connecter à Internet et télécharger des applications propices aux opportunités économiques, professionnelles et éducatives.

Bien que la technologie mobile ne soit pas une panacée, elle est un vecteur prometteur d’amélioration de l’éducation en raison de la prolifération de contenus pédagogiques adaptés à une utilisation sur appareils mobiles, largement possédés. L’Union internationale des télécommunications (UIT) estime que sur les sept milliards de personnes sur Terre, plus de six milliards ont maintenant accès à un appareil mobile fonctionnel, ce qui signifie que la technologie mobile est désormais courante dans les régions où les femmes sont défavorisées et les possibilités d’éducation limitées.

Le succès et l’enthousiasme générés par des projets tels que le projet de l’UNESCO au Pakistan mentionné ci-dessus, soutenu par Nokia, témoignent avec force de l’ardente volonté des filles d’apprendre, de la facilité avec laquelle elles s’adaptent à l’éducation via les nouvelles technologies, et des avantages qu’elles peuvent en tirer.

D’autres projets menés par l’UNESCO avec Nokia, au Mexique et au Nigeria, montrent comment ces technologies peuvent également être utilisées pour améliorer la qualité de l’enseignement dans les zones reculées, ou avec les communautés autochtones.

La Semaine de l’apprentissage mobile 2015 donnera aux participants accès à un lieu pour apprendre et discuter de celle-ci ainsi que de la multitude d’autres programmes basés sur la technologie, d’initiatives et de contenus qui réduisent les inégalités des genres dans les systèmes éducatifs, et aident à changer la vie des jeunes femmes comme Azra au Pakistan. Elle encouragera les conversations sur les approches respectueuses de l’égalité des genres dans l’application et l’utilisation des TIC dans l’éducation, et démontrera comment la technologie mobile peut être utilisée comme outil pour réduire les écarts d’accès, de connaissance et de confiance entre les femmes et les hommes dans le monde entier.