Le FMI met en place un Fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes pour renforcer l’aide apportée aux pays à faible revenu admissibles victimes d’une catastrophe de santé publique

Le 5 février 2015 – L’épidémie d’Ébola qui sévit dans certaines parties de l’Afrique de l’Ouest est une catastrophe humanitaire qui a attiré l’attention de la communauté internationale sur la menace que représente la propagation rapide de maladies infectieuses potentiellement mortelles, à l’échelle nationale et internationale.

Le 4 février 2015, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) s’est réuni pour examiner comment le FMI pourrait mieux aider les pays à faible revenu frappés par de telles catastrophes de santé publique, en tenant compte à la fois des arguments humanitaires qui justifient de fournir un tel appui et de l’intérêt international plus large qu’il y a à soutenir une action vigoureuse pour contenir et mettre fin dès que possible à une pandémie régionale ou mondiale potentielle.

Pour contribuer à atteindre ces objectifs, le Conseil d’administration a approuvé la mise en place d’un nouveau Fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes (ARC), qui permettra de fournir une aide exceptionnelle à des pays confrontés à des catastrophes naturelles majeures, y compris des épidémies potentiellement mortelles qui se propagent rapidement, mais aussi d’autres types de catastrophes naturelles telles que des tremblements de terre très graves. Pour les pays admissibles confrontés à une épidémie qui satisfont à des critères donnés, le FMI utilisera les ressources du fonds fiduciaire pour fournir des dons en complément de ses prêts conventionnels. Ces dons seront utilisés pour rembourser les paiements futurs du service de la dette, ce qui réduira la charge de la dette du pays concerné et libérera des ressources qui pourront être utilisées pour l’aide et la reprise après la catastrophe.

Sous réserve de l’approbation des demandes des pays par le Conseil d’administration, il est prévu que le fonds fiduciaire ARC fournira un allégement « dons pour dette » de près de 100 millions de dollars pour les trois pays touchés par l’épidémie d’Ébola en Afrique de l’Ouest (Libéria, Sierra Leone et Guinée). Ce montant s’ajoutera aux 130 millions de dollars d’aide fournie en septembre 2014 et à un deuxième volet de nouveaux prêts concessionnels d’un montant voisin de 160 millions de dollars, qui sera examiné bientôt par le Conseil d’administration.

A l’issue de la réunion du Conseil d’administration sur le nouveau fonds fiduciaire, Christine Lagarde, Directrice générale du FMI, a déclaré : « Je salue la mise en place du Fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes. Ce fonds fiduciaire a pour objectif de renforcer l’aide que nous apportons aux pays africains frappés par l’épidémie d’Ébola, ainsi qu’à d’autres pays à faible revenu qui pourraient être victimes de catastrophes de santé publique à l’avenir. Le FMI démontre ainsi clairement sa flexibilité et son sens de l’innovation face aux besoins de ses pays membres. »

Contexte

Le FMI offre une aide aux pays à faible revenu confrontés à des catastrophes naturelles principalement en leur fournissant rapidement des prêts sans intérêt, soit en augmentant les montants fournis dans le cadre d’un programme financier préexistant avec le pays membre, soit en décaissant des fonds au titre de la facilité rapide de crédit.

Lors de sa réunion de novembre 2014 à Brisbane, le G20 a appelé les institutions de Bretton Woods à continuer de soutenir énergiquement les pays gravement touchés par l’épidémie d’Ébola en combinant prêts concessionnels, allégement de dette et dons, et leur a demandé d’explorer de nouveaux mécanismes souples qui permettraient de faire face aux effets économiques de crises comparables à l’avenir. Le Fonds fiduciaire ARC est la réponse du FMI à cette demande. Il remplace le Fonds fiduciaire pour l’allégement de la dette après une catastrophe, établi le 25 juin 2010 à la suite d’un grave tremblement de terre à Haïti, et élargit les circonstances dans lesquelles le FMI peut offrir une aide exceptionnelle à ses pays membres à faible revenu pour y inclure les catastrophes de santé publique.

Grâce à ce nouvel instrument, le FMI peut ajuster ses politiques de manière rapide et souple face à des événements internationaux inattendus, y compris des pandémies, afin de répondre aux besoins de ses pays membres, en particulier les plus vulnérables.