Le développement durable, marqueur de l’agenda de la « Deuxième commission »

Photo : ONU

Dans notre deuxième article sur les Commissions de l’Assemblée générale des Nations Unies, ONU Info revient sur le travail de la « Deuxième commission »sur les « questions économiques et financières ». Comment l’ONU concrétisera-t-elle son projet le plus ambitieux : le Programme de développement durable à l’horizon 2030 afin de « transformer le monde » ? C’est l’immense responsabilité qui incombe à la Deuxième Commission de l’Assemblée générale des Nations Unies – l’organe qui traite des « questions économiques et financières».

Une fois les discours des dirigeants prononcés à la tribune de la salle de l’Assemblée générale, les Commissions planchent sur comment concrétiser leurs promesses et leurs idées.

La « Deuxième commission » a un portfolio vaste. Un grand nombre des sujets abordés lors de ses sessions du Comité se réfèrent aux 17 Objectifs de développement durable (ODD). Elle traite de de tous les aspects du développement durable, qu’il s’agisse de la politique macro-économique, des habitats humains, de l’éradication de la pauvreté ou de l’utilisation optimale des technologies de communication pour le développement.

Au cours des dernières années, les travaux de la Commission ont débuté par un discours liminaire d’Homi Kharas, directeur du programme Economie mondiale et développement à la Brookings Institute.

M. Kharas a une connaissance intime du Programme 2030. Il a dirigé en 2015 le Panel de haut niveau qui a décidé ce qui a remplacé les Objectifs du Millénaire pour le développement, les premiers objectifs spécifiques que les Nations Unies ont fixé pour rendre le monde meilleur pour tous.

La réponse a été les ODD, qui sont regroupés en 5 thèmes spécifiques : les personnes, la planète, la prospérité, la paix et les partenariats nécessaires pour les réaliser.

Dans un entretien accordé à ONU Info, M. Kharas a expliqué que les différents éléments de l’agenda économique étaient liés : « tous ces éléments, qu’il s’agisse de réduire la pauvreté, de mettre fin à la faim, l’éducation des filles, les questions environnementales… Nous nous sommes rendu compte qu’ils devaient être traités comme un ensemble indissociable, et c’est pourquoi le travail de la Commission est vraiment très général ».

Mettre la communauté internationale sur la même longueur d’onde

Face à un programme si vaste comment la Commission parvient-elle à mettre les représentants des États membres des 193 pays des Nations Unies sur la même page ?

Pour la session qui vient de se terminer, ce travail a été confié à Jorge Skinner-Klée, le représentant permanent du Guatemala auprès des Nations Unies et président en exercice de la Deuxième commission.

Diplomate de carrière avec plus de 30 ans d’expérience, M. Skinner-Klée se décrit comme un « spécialiste des généralités… de tout, du fond des mers à l’espace et tout ce qui se trouve entre les deux ».

Dans un entretien a ONU Info, M. Skinner-Klée a reconnu que l’héritage de la création des commissions, qui remonte à plus de 70 ans, est l’un des grands défis auxquels lui et les autres présidents de commissions sont confrontés.

« Il y a beaucoup d’anachronismes qui ont imprégné l’ordre du jour et cela fait un certain temps déjà. Il y a de nombreuses résolutions impulsées par le passé, et nous devons maintenant trouver le meilleur moyen d’obtenir des résolutions qui passent à l’action et qui s’inscrivent dans l’agenda des ODD ».

Pour amener les 193 pays à s’engager dans la même direction, M. Skinner-Klée a déclaré que les compétences de la présidence ne suffisaient pas. « Cela demande une volonté politique. Cela signifie donc des transactions réciproques. Il y a des gens

qui ont des intérêts personnels… .et le pivot du comité est la négociation qui se déroule entre le G77 – qui compte 134 pays plus la Chine – et, de l’autre côté, l’Union européenne ».

Espoirs et craintes pour l’avenir

M. Skinner-Klée s’est dit encouragé par l’engagement de la communauté internationale à l’égard du Programme de développement durable à l’horizon 2030 au cours des trois dernières années, mais s’inquiète du climat géopolitique actuel, caractérisé par une « atomisation, confrontation et polarisation »,, qui aura une incidence sur sa capacité à progresser sur les points inscrits à l’ordre du jour de la Commission.

Pour Homi Kharas, le monde dispose de toutes les cartes nécessaires pour mener à bien le Programme 2030, mais pour diverses raisons, la communauté internationale avance trop lentement. « Je pense que nous avons la compréhension, les ressources et la technologie pour faire beaucoup plus que ce qui se fait actuellement. Mais nous sommes également distraits par de nombreux facteurs et, sur la scène internationale, notre coopération internationale, y compris en matière d’échanges scientifiques, est bien inférieure à celle que nous avons connue depuis un certain temps », a-t-il dit.

Ses craintes font écho à celles exprimées par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui a averti que « le changement climatique est plus rapide que nous – et que nous manquons de temps ». Le message du chef de l’ONU est clair : pour que le travail de la Deuxième commission et le Programme 2030 réussissent, les dirigeants du monde doivent faire preuve de plus de leadership et d’ambition et éviter « un destin qu’aucun d’entre nous ne souhaite – un destin qui résonnera de génération en génération dans les dommages causés à l’homme et à la vie sur terre ».

Dans un entretien accordé à ONU Info, M. Kharas a expliqué que les différents éléments de l’agenda économique étaient liés : « tous ces éléments, qu’il s’agisse de réduire la pauvreté, de mettre fin à la faim, l’éducation des filles, les questions environnementales… Nous nous sommes rendu compte qu’ils devaient être traités comme un ensemble indissociable, et c’est pourquoi le travail de la Commission est vraiment très général ».

Mettre la communauté internationale sur la même longueur d’onde

Face à un programme si vaste comment la Commission parvient-elle à mettre les représentants des États membres des 193 pays des Nations Unies sur la même page ?

Pour la session qui vient de se terminer, ce travail a été confié à Jorge Skinner-Klée, le représentant permanent du Guatemala auprès des Nations Unies et président en exercice de la Deuxième commission.

Diplomate de carrière avec plus de 30 ans d’expérience, M. Skinner-Klée se décrit comme un « spécialiste des généralités… de tout, du fond des mers à l’espace et tout ce qui se trouve entre les deux ».

Dans un entretien a ONU Info, M. Skinner-Klée a reconnu que l’héritage de la création des commissions, qui remonte à plus de 70 ans, est l’un des grands défis auxquels lui et les autres présidents de commissions sont confrontés.

« Il y a beaucoup d’anachronismes qui ont imprégné l’ordre du jour et cela fait un certain temps déjà. Il y a de nombreuses résolutions impulsées par le passé, et nous devons maintenant trouver le meilleur moyen d’obtenir des résolutions qui passent à l’action et qui s’inscrivent dans l’agenda des ODD ».

Pour amener les 193 pays à s’engager dans la même direction, M. Skinner-Klée a déclaré que les compétences de la présidence ne suffisaient pas. « Cela demande une volonté politique. Cela signifie donc des transactions réciproques. Il y a des gens

[pays]

qui ont des intérêts personnels… .et le pivot du comité est la négociation qui se déroule entre le G77 – qui compte 134 pays plus la Chine – et, de l’autre côté, l’Union européenne ».

Espoirs et craintes pour l’avenir

M. Skinner-Klée s’est dit encouragé par l’engagement de la communauté internationale à l’égard du Programme de développement durable à l’horizon 2030 au cours des trois dernières années, mais s’inquiète du climat géopolitique actuel, caractérisé par une « atomisation, confrontation et polarisation »,, qui aura une incidence sur sa capacité à progresser sur les points inscrits à l’ordre du jour de la Commission.

Pour Homi Kharas, le monde dispose de toutes les cartes nécessaires pour mener à bien le Programme 2030, mais pour diverses raisons, la communauté internationale avance trop lentement. « Je pense que nous avons la compréhension, les ressources et la technologie pour faire beaucoup plus que ce qui se fait actuellement. Mais nous sommes également distraits par de nombreux facteurs et, sur la scène internationale, notre coopération internationale, y compris en matière d’échanges scientifiques, est bien inférieure à celle que nous avons connue depuis un certain temps », a-t-il dit.

Ses craintes font écho à celles exprimées par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui a averti que « le changement climatique est plus rapide que nous – et que nous manquons de temps ». Le message du chef de l’ONU est clair : pour que le travail de la Deuxième commission et le Programme 2030 réussissent, les dirigeants du monde doivent faire preuve de plus de leadership et d’ambition et éviter « un destin qu’aucun d’entre nous ne souhaite – un destin qui résonnera de génération en génération dans les dommages causés à l’homme et à la vie sur terre ».