Quinze pays promettent près de 426 millions de dollars de dons pour soutenir les activités de développement de l’ONU en 2019

Photo : ONU

Vingt pays l’an dernier, seulement 15 aujourd’hui: moins d’États ont annoncé leurs contributions aux activités de développement de l’ONU en 2019.  Mais le montant des promesses est en légère hausse: des dons totalisant près de 426 millions de dollars ont été promis ce matin, lors de la Conférence pour les annonces de contributions aux activités de développement, suivie de la Conférence pour les annonces de contributions au financement du Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Le Président de la Conférence, M. Rubén Armando Escalante Hasbún (El Salvador), a noté que l’an dernier, 20 pays avaient promis de donner un peu moins de 400 millions de dollars pour soutenir les activités de développement des Nations Unies en 2018.  La tendance est donc haussière, mais l’on demeure loin de retrouver le montant des promesses de dons de 2016, où 25 pays avaient annoncé des dons de plus d’un milliard de dollars.

On relève une baisse constante, depuis deux ans, du nombre de pays promettant des fonds pour soutenir les activités de développement.  « Je reconnais que les temps sont durs pour de nombreux pays, mais je souhaite les encourager à donner davantage cette année », a déclaré le Président Escalante Hasbún, en soulignant l’importance de la Conférence pour aider le système des Nations Unies pour le développement à accompagner la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Pour mettre ces dons en perspective, Mme Zina Mounla, Cheffe du Service des politiques de coopération en matière de développement au sein du Département des affaires économiques et sociales (DAES), a rappelé en détail les promesses de financement de l’an passé.  Elle a noté que les contributions pour les activités opérationnelles de l’ONU totalisaient 29,5 milliards de dollars en 2016, soit une augmentation de 8% par rapport à 2015.  Une tendance à long terme, a-t-elle relevé, puisqu’en 15 ans, le montant des contributions au système des Nations unies pour le développement a plus que doublé.  Elle a précisé qu’un cinquième du montant mondial de l’aide publique au développement (APD) passe par le système des Nations Unies pour le développement, ce qui fait de celui-ci le plus important canal du système multilatéral.  Les contributions de base avaient aussi augmenté de 5% depuis 2015, mettant fin à deux années de baisse consécutives.

Dans le même temps, la part de ces contributions de base a chuté: elles représentaient seulement 21,7% du total des contributions lors du dernier exercice, soit la proportion la plus basse jamais constatée; 78% du financement du système onusien de développement provient donc aujourd’hui de ressources autres. « Il est donc indispensable de renforcer la qualité de ces dernières », a soutenu Mme Mounla.

Le pool de pays contributeurs s’est rétréci à une poignée de gros donateurs, a poursuivi Mme Mounla.  En 2017, quatre pays (États-Unis, Royaume-Uni, Allemagne, Japon) avaient contribué pour plus de la moitié de toutes les contributions des gouvernements; les 10 plus gros donateurs ont représenté, eux, les trois quarts des dons.

En détail, les promesses de dons pour le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) progressent cette année de 0,61 milliard de dollars, soit 1% de plus que l’an passé, et les contributions de base vont augmenter de 3% en totalisant 0,63 milliard de dollars.  Passant au PAM, Mme Mounla a noté qu’à la mi-octobre 2018, le niveau de ressources est encore de 5,9 milliards de dollars, alors que les exigences opérationnelles sont en 2018 de 10,2 milliards de dollars, laissant un déficit de financement de 40%.

Pour le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), sa représentante, Mme Mira Ihalainen, a signalé que les contributions annuelles pour les ressources de base avaient beaucoup décliné, passant de 477 millions de dollars en 2014 à 350 millions en 2017, et que les projections de 2018 tournaient autour de 350 millions de dollars également.

Mme Carla Haddad Mardini, Directrice de la Division des Partenariats publics du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a rappelé que le financement de base était plus que jamais essentiel pour assurer les activités de programmation et de réponse aux crises humanitaires.  « Le caractère souple et prévisible » de ces fonds est précieux, a-t-elle souligné.

De son côté, la Directrice de cabinet de la Division des Partenariats stratégiques d’ONU-Femmes, Mme Khetsiwe Dlamini, a remercié les principaux pays contributeurs, par ordre décroissant: la Suède, la Suisse, la Finlande, le Danemark et la Norvège, qui ont contribué à 60% du total des ressources de base d’ONU-Femmes en 2017; et les États-Unis, le Japon, les Pays-Bas et le Canada, qui ont contribué à hauteur de 20%.  Elle a également donné un coup de chapeau à la Suède, aux États-Unis, à l’Islande et aux Émirats arabes unis pour avoir significativement augmenté leurs contributions de base.  Mais ONU-Femmes souffre encore d’un déficit de 50 millions en 2018, a prévenu Mme Dlamini, en réclamant encore un effort de la part des contributeurs: « si la moitié de nos 107 contributeurs donnaient un million chacun, notre déficit serait comblé », a-t-elle plaidé.

Des délégations comme le Danemark et le Koweït ont remarqué qu’il était important que les donateurs consacrent bien 0,7% de leur revenu national brut (RNB) à l’APD.

La liste des contributions volontaires aux institutions spécialisées, fonds et programmes du système onusien reste ouverte jusqu’au 30 juin 2019 pour des annonces supplémentaires, a précisé le Président de la Conférence.

En début de séance, la Conférence avait élu, outre son Président, deux Vice-Présidents: Mme Elene Agladze, de la Géorgie, et M. Ahmad Saif Al-Kuwari, du Qatar.

Les États Membres étaient en outre saisis du rapport du Secrétaire général* sur l’application de la résolution 71/243 de l’Assemblée générale sur l’examen quadriennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies en 2018, d’une note du Secrétaire général** sur les activités opérationnelles pour le développement du système des Nations Unies, d’une note*** sur l’état, au 30 août 2018, des contributions annoncées ou versées pour cette année lors de la Conférence pour les annonces de contributions de 2017, et d’un projet de rapport**** du 30 août 2018 détaillant le cadre de la conférence d’aujourd’hui.