Les délégations soulignent l’importance des missions politiques spéciales, partie intégrante de l’architecture « paix et sécurité » des Nations Unies

« Importantes » et « essentielles ».  Aujourd’hui à la Quatrième Commission, les États ont vanté les mérites des missions politiques spéciales, partie intégrante de l’architecture « paix et de sécurité » des Nations Unies.  Plusieurs de ces délégations ont posé la question de leur financement « non optimal ». Les missions politiques spéciales, a affirmé la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques, Mme Rosemary DiCarlo, sont toujours un des outils importants de la diplomatie préventive, de l’appui au règlement des conflits et des efforts à long terme pour pérenniser la paix.  L’Inde a donné quelques chiffres: 38 missions dont 13 « de terrain », 11 envoyés, conseillers ou représentants spéciaux et 14 missions chargées de la surveillance des régimes de sanctions. 

L’Inde s’est d’ailleurs étonnée du silence du Secrétaire général qui, dans son rapport, ne dit rien sur ces 14 missions qui accomplissent pourtant un travail « crucial » dans la lutte antiterroriste.  L’Union européenne a cité un autre chiffre pour illustrer le caractère essentiel de la prévention qui est au cœur de ces missions: selon le rapport « Sentiers de la Paix », publié par l’ONU et la Banque mondiale, l’action préventive permettrait d’épargner jusqu’à 70 milliards de dollars par an.

Les missions politiques spéciales sont d’autant plus efficaces que leur travail se caractérise par un appui « sur mesure », a expliqué le Secrétaire général adjoint à l’appui aux missions, M. Atul Khare.  Elles doivent être encore plus réactives aux besoins des pays hôtes, a plaidé l’Afghanistan, qui abrite la plus grande mission politique.  La Libye, autre hôte d’une mission, a dénoncé des activités trop tournées vers la question des migrants clandestins.  Nous comprenons que leur situation soit catastrophique du fait du chaos et de la prolifération des groupes armés qui se livrent à la traite des êtres humains, mais cela ne doit pas nous faire oublier que la priorité de la Mission c’est la protection des droits des citoyens libyens.

Les réformes du pilier « paix et sécurité » mises en route par le Secrétaire général ont suscité quelques espoirs, s’agissant en particulier de la représentation géographique et de la parité au sein des missions.  Si elle a avoué, s’agissant du premier impératif, qu’il y a encore beaucoup à faire, la Secrétaire générale adjointe aux affaires politiques a indiqué que les femmes représentent environ 44% des chefs de mission aujourd’hui, soit une augmentation de 16% en un an.  Quant aux appels au renforcement des partenariats avec les organisations régionales et sous-régionales, pour profiter de leur connaissance du terrain, comme l’a dit l’Indonésie, Mme DiCarlo a fait part des efforts du Secrétaire général pour renforcer et élargir de nouvelles formes de collaboration.  À ce titre, elle a cité l’exemple du Bureau de l’Envoyé spécial pour le Soudan et le Soudan du Sud, qui a travaillé étroitement avec l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et l’Union africaine.

Quid du financement de ces missions?  Leurs modalités budgétaires sont « loin d’être optimales », a tranché l’Inde.  Le Mouvement des pays non alignés, le Kenya ou l’Afrique du Sud ont milité contre la ponction du budget ordinaire de l’ONU et pour un compte distinct, comme celui des opérations de maintien de la paix.  L’Argentine a déploré que les négociations soient dans l’impasse depuis sept ans à la Cinquième Commission chargée des questions administratives et budgétaires.  Cuba a estimé qu’« un grand débat » à l’Assemblée générale permettrait d’identifier les différents mécanismes possibles de financement