Les pertes économiques liées aux catastrophes climatiques explosent de 151% en 20 ans (ONU)

Photo : UNISDR

Les vingt dernières années ont connu une hausse spectaculaire de 151% des pertes économiques directes dues aux catastrophes liées au climat, selon un nouveau rapport de l’Office des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNISDR).  Selon cette agence onusienne basée à Genève, les pertes économiques liées aux désastres climatiques ont atteint près de 2245 milliards de dollars, soit 77% du montant de 2.908 milliards dollars de dégâts enregistrés entre 1998 et 2017. « Les séismes et les tsunamis sont la cause majeure de décès tandis que le changement climatique ne cesse d’augmenter les pertes économiques dues aux catastrophes », a déclaré Débarati Guha-Sapir, chercheuse à l’Université catholique de Louvain (Belgique) et auteure du rapport. Version arabe, défilez vers le bas.

En termes de nombre d’événements, les catastrophes liées au climat ont représenté 91% des quelque 7.200 principaux événements enregistrés au cours des 20 dernières années. Les inondations à 43,4% et les tempêtes avec une fréquence de 28,2% sont les deux catastrophes les plus fréquemment survenues.

Etats-Unis, Chine et Japon, pays les plus affectés par les pertes

Par pays, les pertes économiques les plus importantes ont été subies par les Etats-Unis pour une valeur totale de 944,8 milliards de dollars, suivis de très loin par la Chine (492,2 milliards), le Japon (376,3 milliards). Viennent ensuite, encore plus loin l’Inde (79,5 milliards) et Porto Rico (71,7 milliards). Les tempêtes, les inondations et les séismes placent trois pays européens dans le Top 10 des pertes économiques : avec 57,9 milliards de pertes pour l’Allemagne, 56,6 milliards pour l’Italie et 48,3 milliards pour la France. La Thaïlande avec 52,4 milliards et le Mexique avec 46,5 milliards complètent le tableau.

Selon le rapport, l’impact de désastres est disproportionné dans les pays à revenus bas ou intermédiaires, même si les pays riches sont confrontés à 53% des pertes économiques. Les personnes dans les pays pauvres sont six fois plus menacées de perdre leurs biens ou de souffrir de dommages que les personnes dans les pays riches.

En outre, le document montre qu’un seul territoire à revenu élevé s’est classé parmi les « dix premiers » en termes de pertes annuelles moyennes en pourcentage par rapport au Produit intérieur brut (PIB). Il s’agit de Porto Rico avec des pertes représentant 12,2% du PIB, suivi par Haïti avec 17,5%, Honduras avec 7%, et Cuba à 4,6%. Les pertes annuelles de la République populaire et démocratique de Corée représentent 7,4% de son PIB.

« Au cours de cette période, 1,3 million de personnes ont été tuées et plus de trois millions ont été blessées, déplacées ou ont eu besoin d’une assistance », a déclaré l’auteure du rapport. Les 563 séismes et les tsunamis qui ont suivi ont causé plus de 56% du total des décès, soit un total de plus de 747.000 morts.

Selon l’Office des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe, l’analyse du rapport indique clairement que « les pertes économiques dues à des phénomènes météorologiques extrêmes ne sont pas soutenables » et qu’elles empêchent « l’éradication de la pauvreté ».

Augmentation de la fréquence des situations météo avec le changement climatique

Les décès et les souffrances provoqués par le séisme et le tsunami récents en Indonésie montrent le besoin d’alerter la population et d’adapter les habitations, estime pour sa part la Représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU pour la réduction des risques de catastrophe, Mami Mizutori.

Reste que « ceux qui souffrent le plus du changement climatique sont ceux qui contribuent le moins aux émissions de gaz à effet de serre », indique d’ailleurs la responsable du Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres (CRED). Selon Débarati Guha-Sapir, comme le changement climatique augmente la fréquence et la gravité des situations météorologiques extrêmes, l’investissement dans la réduction des risques de catastrophe constitue une condition préalable au développement durable.

Or selon la Responsable du CRED, les populations des pays en développement en particulier ne peuvent attendre, selon elle. D’autant plus que les chaleurs extrêmes seront plus fréquentes dans toutes les régions du monde. « Leur impact est très difficile à mesurer », a-t-elle ajouté.

A noter que l’un des principaux objectifs du Cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe est de réduire les pertes économiques dues aux catastrophes. Et face à cette situation est « alarmante », un responsable de l’UNISDR, Ricardo Mena a appelé à une action urgente pour réduire les émissions de gaz à effet de serre mais aussi investir davantage dans la réduction des risques. Il est difficile de faire une prévision des pertes pour les 20 prochaines années. « Nous y travaillons », conclut le Chef du Département de soutien et suivi de la mise en œuvre du cadre de Sendai.

Cette année, la Journée internationale pour la prévention des catastrophes, célébrée chaque année le 13 octobre, a pour thème « Réduire les pertes économiques dues aux catastrophes ». Elle met l’accent sur la diffusion de mesures, pratiques et politiques efficaces pour la réduction de l’exposition des communautés aux risques de catastrophe et une meilleure protection des foyers et moyens de subsistance.

الأمم المتحدة: ارتفاع الخسائر الاقتصادية المرتبطة بتغير المناخ بنسبة 151%

قالت الأمم المتحدة إن العشرين عاما الأخيرة شهدت ارتفاعا ملحوظا بنسبة 151 في المئة في الخسائر الاقتصادية الناجمة عن الكوارث المرتبطة بالمناخ؛ بينما فقد أكثر من مليون وثلاثمئة ألف شخص حياتهم وأصيب أو تعرض للتشريد ما يفوق الـ 4.4 مليار شخص من جراء هذه الكوارث.

وحسب تقرير « الخسائر الاقتصادية والفقر والكوارث من 1998 إلى 2017 » فإن   البلدان المنكوبة بالكوارث سجلت خسائر اقتصادية مباشرة بلغت قيمتها 2908 مليار دولار أمريكي. وشهدت الولايات المتحدة الأمريكية أكبر الخسائر الاقتصادية، حيث بلغت 944.8 مليار دولار، تتبعها الصين ثم اليابان.

وتهيمن أنواع الكوارث المرتبطة بالمناخ على الصورة، حيث تمثل 91٪ من إجمالي الكوارث المسجلة في العشرين عاماً الماضية، مع ارتفاع ملحوظ في نسبة الفيضانات (43.4%) والعواصف (28.2%) وهي الظواهر الأكثر حدوثا وتكررا.

وقال الممثل الخاص للأمين العام للأمم المتحدة للحد من الكوارث، مامي ميزوتوري: « إن هذا التقرير يسلط الضوء على الاتجاهات الرئيسية على مدى الأربعين سنة الماضية » وأنه يلزم عمل الكثير في مناطق الزلازل موضحا أن

« الموت والمعاناة التي سببها زلزال وتسونامي هذا الشهر في إندونيسيا يدعوانا إلى زيادة الوعي العام وتطبيق معايير عالية للبناء في مناطق الزلازل ».

وعلق البروفيسور دباراتي جوه سابير رئيس مكتب الأمم المتحدة للحد من مخاطر الكوارث قائلاً: « إن الأشخاص في البلدان منخفضة الدخل أكثر عرضة بنسبة ست مرات لفقدان جميع ممتلكاتهم الدنيوية أو تعرضهم للإصابة في حال حدوث كارثة من غيرهم في الدول ذات الدخل المرتفع. « 

ويخلص التقرير إلى أن تغير المناخ زاد من وتيرة وشدة الظواهر الجوية المتطرفة، وأن الكوارث الناجمة عنه ستظل تشكل عوائق رئيسية للتنمية المستدامة، ما لم يتبين لكافة البلدان تأثيراتها الخطيرة وتعمل على مواجهتها في تخطيطاتها الأساسية.