Des femmes prennent l’initiative pour réaliser les Objectifs de développement durable

Photo : ONU Femmes

Où que vos voyages vous mènent dans le monde, vous verrez des femmes en action dans tous les secteurs de l’économie et de la société, que ce soit dans l’agriculture, la santé, le commerce, l’industrie manufacturière ou l’innovation. Par leur présence dans tous les domaines de la vie, les femmes contribuent de manière significative à la mise en œuvre de l’« Agenda 2030 » et en particulier à l’atteinte de ses 17 Objectifs de développement durable (ODD)​, le programme le plus ambitieux jamais adopté par la communauté internationale.

Les femmes représentent 50 % de la population mondiale. Mais elles sont surreprésentées dans les groupes les plus pauvres et vulnérables, tandis qu’elles sont sous-représentées parmi les décideurs et les moteurs du changement. La non-reconnaissance de la contribution des femmes, au travers notamment de leurs entreprises et de leurs activités économiques, limite fortement leur accès aux financements, aux nouveaux marchés et aux savoirs, qui sont autant de facteurs essentiels de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté.

Les femmes représentent 50 % de la population mondiale. Mais elles sont surreprésentées dans les groupes les plus pauvres et vulnérables, tandis qu’elles sont sous-représentées parmi les décideurs et les moteurs du changement. La non-reconnaissance de la contribution des femmes, au travers notamment de leurs entreprises et de leurs activités économiques, limite fortement leur accès aux financements, aux nouveaux marchés et aux savoirs, qui sont autant de facteurs essentiels de la croissance économique et de la réduction de la pauvreté.

C’est pour mettre en lumière les entrepreneuses qui aident à la réalisation des ODD et pour partager de bonnes pratiques et des idées novatrices que le Groupe de la Banque mondiale, le PNUD, ONU Femmes et le Wharton School Zicklin Center ont lancé le concours SDGs&Her (a) en avril 2018. Destiné aux femmes qui dirigent des microentreprises dans le monde entier, ce concours en ligne les invitait à décrire de quelle manière leur activité contribuait à un ou plusieurs ODD. Le jury vient de distinguer les deux lauréates parmi les quelque 1 200 femmes originaires de 88 pays qui ont pris part à la compétition (a).

La première place est revenue à Lucy Odiwa, une entrepreneuse de la ville portuaire de Tanga, en Tanzanie. Son entreprise, Womenchoice Industries (a), promeut des méthodes de gestion de l’hygiène menstruelle plus saines et plus durables. Elle a produit et distribué plus d’un million de serviettes hygiéniques réutilisables — Salama Pads — à plus de 20 000 élèves âgées de 13 à 19 ans, tout en favorisant l’autonomisation de 6 000 femmes des localités environnantes en leur apprenant comment fabriquer ces protections. L’entreprise de Lucy assure aussi des sessions d’information et de conseil sur la gestion de l’hygiène menstruelle dans les écoles locales afin d’améliorer l’assiduité et les résultats scolaires des filles qui, souvent, restent à la maison quand elles ont leurs règles. Ces sessions contribuent aussi à atténuer le malaise psychologique et social inutile qui accompagne fréquemment le fait d’évoquer la menstruation en public. Grâce à ses activités, Lucy contribue à l’atteinte de l’ODD 3 (Bonne santé et bien-être) et de l’ODD 4 (Éducation de qualité).

Cap vers le nord-ouest, au Kenya voisin, où, à un millier de kilomètres de Lucy, la seconde lauréate est à la tête de l’entreprise Mukuru Clean Stoves. Charlot Magayi fabrique des cuisinières plus efficaces, fiables et abordables à partir de déchets métalliques recyclés. Ces fourneaux réduisent la consommation de combustible de plus de 30 %, les émissions de fumées toxiques de plus de 50 % et elles sont 75 % moins chères que les poêles qui brûlent du bois, du charbon de bois ou des déchets agricoles. Le travail de Charlot réduit ainsi la pollution (ODD 13) et favorise des conditions de travail décentes (ODD 8) pour les femmes qui travaillent ou cuisinent à la maison.

La gestion de l’hygiène menstruelle et la pollution de l’air ne sont pas des problèmes circonscrits au Kenya ou à la Tanzanie. Comme beaucoup d’autres, ce sont des problèmes mondiaux qui affectent des millions de personnes en Afrique et ailleurs. Selon un rapport de l’UNESCO, une fille sur dix vivant en Afrique subsaharienne manque l’école à chaque cycle menstruel. Une autre étude publiée par l’UNICEF révèle qu’en Asie du Sud, une fille sur trois n’a aucune information sur la menstruation avant d’avoir ses premières règles. Par ailleurs, un rapport de l’OMS estime que 7 millions de personnes meurent chaque année après avoir été exposées à des niveaux de pollution toxiques.

Pour remédier à ces situations et, plus généralement, relever tous les défis inscrits dans les ODD, toutes les parties prenantes devront travailler de concert : pouvoirs publics, secteur privé, société civile, organisations internationales et citoyens du monde entier. Les femmes, en particulier, doivent pouvoir jouer un rôle majeur si nous leur donnons les moyens d’agir et un accès égal au financement et au savoir.

En septembre, Lucy et Charlot s’envoleront pour New York à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations Unies afin de présenter leurs activités et leurs résultats et de donner des idées à d’autres femmes chefs d’entreprise du monde entier. Elles seront accueillies lors d’un événement parallèle spécial auquel participeront des représentants des États membres de l’ONU, des institutions des Nations Unies et des groupes de la société civile. Souhaitons que leur esprit d’entreprise et d’innovation serve d’exemple et se répande dans d’autres parties du monde !

L’horizon 2030 peut nous sembler lointain, mais le temps passe très vite. Si nous voulons accélérer le pas pour réaliser ce programme ambitieux, nous devons travailler sans relâche, dès maintenant et dans les années qui viennent. De leur côté, nos lauréates ont des projets d’envergure : Lucy se propose de faciliter l’accès de 2,3 millions de femmes et de jeunes filles à des informations, des produits et des services d’hygiène menstruelle de qualité, tandis que Charlot prévoit de fournir des cuisinières à plus de deux millions de familles dans le monde en développement et de créer des emplois pour 600 femmes et 400 hommes.