Le suicide, deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans, selon l’OMS

Photo : OMS Infographie sur le suicide: faits et chiffres

Toutes les 40 secondes, une personne se suicide quelque part dans le monde et bien plus tentent de mettre fin à leurs jours. Aucune région ni aucune tranche d’âge n’est épargnée. Le suicide touche toutefois particulièrement les jeunes de 15 à 29 ans, chez qui il constitue la deuxième cause de mortalité à l’échelle mondiale. Le suicide frappe aussi les jeunes filles entre 15 et 19 ans. Pour chaque suicide, on dénombre de nombreuses autres tentatives de suicide chaque année. Une tentative de suicide est le principal facteur de risque de suicide ultérieur dans la population générale. Le suicide n’est pas le seul fait des pays à revenu élevé, c’est un phénomène mondial. En fait, plus de 79% des suicides sont survenus dans des pays à revenu faible ou intermédiaire en 2016.

Le suicide est un grave problème de santé publique. Il peut être évité moyennant des interventions menées en temps opportun, fondées sur des données factuelles et souvent peu coûteuses. Pour que l’action nationale soit efficace, une stratégie globale multisectorielle de prévention du suicide s’impose, estime l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Si le lien entre suicide et troubles mentaux, en particulier la dépression et les troubles liés à l’usage de l’alcool, est bien établi dans les pays à revenu élevé, de nombreux suicides ont lieu de manière impulsive dans un moment de crise et de défaillance de l’aptitude à faire face aux stress de la vie, tels que les problèmes financiers, une rupture, une maladie ou une douleur chronique.

De plus, les conflits, les catastrophes, la violence, la maltraitance ou un deuil et un sentiment d’isolement sont fortement associés au comportement suicidaire. Les taux de suicides sont également élevés dans les groupes vulnérables confrontés à la discrimination, tels que les réfugiés et les migrants, les populations autochtones, les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou intersexuées (LGBTI), et les prisonniers.

Alexandra Fleischmann, Docteur sur la prévention du suicide dans le département de santé mental et toxicomanie à l’OMS,  explique que chez les jeunes, c’est une période de la vie où les troubles mentaux peuvent commencer. C’est donc, dans l’adolescence, qu’il est important d’identifier le commencement de troubles mentaux. Aussi la consommation d’alcool chez les jeunes est un sujet très important qui doit être abordé.  L’école est aussi une situation de stress pour les jeunes : il y a les examens, il y a beaucoup de défis auxquels les jeunes doivent faire face  et où ils peuvent se trouver dans une situation difficile très complexe. Il y a aussi la violence, le harcèlement qui sont des éléments de stress pouvant toucher les jeunes.

Les suicides sont évitables

L’OMS rappelle que les suicides sont évitables. Plusieurs mesures peuvent être prises pour prévenir le suicide et les tentatives de suicide : réduire l’accès aux moyens de se suicider (pesticides, armes à feu, certains médicaments, par exemple) ; adopter des politiques de lutte contre l’alcoolisme pour réduire l’usage nocif de l’alcool ; traiter le suicide de façon responsable dans les médias ; assurer le dépistage précoce, le traitement et la prise en charge de personnes souffrant de troubles mentaux et de troubles liés à l’usage de substances psychoactives, de douleurs chroniques ou de détresse émotionnelle aiguë ; former les agents de santé non spécialisés à l’évaluation et à la prise en charge des comportements suicidaires ; enfin assurer le suivi des personnes qui ont fait une tentative de suicide et leur apporter un soutien au niveau communautaire.

La stigmatisation qui entoure en particulier les troubles mentaux et le suicide signifie que beaucoup de gens qui ont attenté à leur vie ne cherchent pas à se faire aider et ne reçoivent pas l’aide dont ils auraient besoin.

À ce jour, seuls quelques pays ont inscrit la prévention du suicide au nombre de leurs priorités sanitaires et 38 pays seulement déclarent s’être dotés d’une stratégie nationale de prévention du suicide. Selon l’OMS, il est important de faire tomber ce tabou afin de faire progresser la prévention du suicide.