L’Assemblée générale demande un soutien accru à la lutte contre le paludisme et au développement durable de l’Afrique

Photo : OMS

L’Assemblée générale a, cet après-midi, demandé un soutien accru à la réalisation des objectifs fixés en matière de lutte contre le paludisme dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 et dans la Stratégie technique mondiale de lutte contre le paludisme 2016-2030 de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). En adoptant sans vote une résolution de 49 paragraphes de fond, présentée par l’Eswatini, au nom du Groupe des États d’Afrique, et Samoa, l’Assemblée a engagé les pays où le paludisme est endémique à affecter davantage de ressources à la lutte contre cette maladie et à revoir et renforcer leurs stratégies nationales en les alignant sur les recommandations techniques de l’OMS. 

Le texte adopté souligne qu’il faut de toute urgence optimiser le financement de la santé en général et de la lutte antipaludique en particulier, en gardant à l’esprit que le montant des contributions devra augmenter sensiblement afin que puisse être atteint l’objectif d’étape de la Stratégie technique mondiale visant à mobiliser 6,4 milliards de dollars par an d’ici à 2020.

Tout en ayant souscrit au consensus, les États-Unis se sont dissociés du paragraphe 34, qui « prévoit des assouplissements » des dispositions de l’Accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) « aux fins de la protection de la santé publique » et, en particulier, l’accès universel aux médicaments et la fourniture d’une aide aux pays en développement à cet effet.  Les États-Unis ont regretté que les nombreuses séances de négociation aient été « bloquées » par les questions sur la propriété intellectuelle.

Ils ont également voté contre, aux côtés de la République dominicaine, une résolution qui a recueilli 159 voix pour et qui porte sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre et l’appui international au Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).  Le texte de 54 paragraphes de fond a été présenté par l’Égypte, au nom du Groupe des 77 et de la Chine.

Avant l’adoption de la résolution, un amendement américain a été rejeté par 106 voix contre, 46 voix pour et les abstentions de la République centrafricaine, de la Guinée équatoriale, de la Norvège et de Tuvalu.  Au paragraphe 28, les États-Unis souhaitaient remplacer la formule « gagnant-gagnant » par le mot « internationale »: « L’Assemblée générale réaffirme que nous avons décidé d’avancer ensemble sur la voie du développement durable et de nous consacrer collectivement à la recherche d’un développement véritablement mondial et d’une coopération « gagnant-gagnant » dont tous les pays et toutes les régions du monde pourront retirer des avantages considérables. »

Regrettant le rejet de son amendement, les États-Unis ont dit ne pouvoir appuyer la résolution dans son ensemble, ce qui ne préjuge en rien du soutien que Washington continuera de témoigner à l’Afrique et à son développement.

Tout en ayant voté pour la résolution, l’Autriche a, au nom de l’Union européenne, regretté que le texte ait un caractère plus « déclaratoire » que « transformatif ».  Des concepts « nouveaux et vagues », comme celui pointé de « gagnant-gagnant », ont fait leur apparition, a-t-elle relevé à son tour, estimant que cela ne favoriserait pas forcément le rapprochement entre États.  Cette résolution ne devrait pas être adoptée annuellement comme c’est actuellement le cas, a encore estimé l’Autriche.

Après avoir rappelé l’étroitesse des liens qui l’unissent à l’Afrique, la Chine n’a pu que regretter l’absence de consensus.  Elle est revenue sur la septième édition du Forum sur la coopération sino-africaine qui s’est tenue la semaine dernière à Beijing.

Toujours au nom du Groupe des 77 et de la Chine, l’Égypte a présenté une autre résolution, relative à l’« application des recommandations formulées par le Secrétaire général dans son rapport sur les causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement durables en Afrique ».  Le texte de 56 paragraphes de fond a recueilli 158 voix pour et l’opposition des États-Unis qui ont expliqué leur vote par le fait que leur amendement a été rejeté par 107 voix contre, 47 voix pour et les abstentions de la Guinée équatoriale, de la Norvège et des Tuvalu.

Ici aussi, l’amendement portait sur l’expression « mutuellement bénéfique ».  Les États-Unis ont décelé la « volonté pernicieuse » d’« un État Membre » de promouvoir des « objectifs nationaux » dans le cadre des projets multilatéraux.

Également réticente devant le concept de « mutuellement bénéfique », l’Autriche a, au nom de l’Union européenne, proposé un amendement qui a été adopté sans vote.  L’Autriche s’est félicitée de voir que les liens entre conflits et climats, qui ne sont pas une « question abstraite », aient été soulignés.  Elle a toutefois regretté que le véritable mandat de la Commission de consolidation de la paix n’ait pas été reflété dans le libellé du texte.

Aux termes de la résolution, l’Assemblée demande en effet à la communauté internationale d’accroître son soutien et de respecter ses engagements à prendre d’autres mesures dans les domaines essentiels au développement économique et social de l’Afrique, « dans un esprit de coopération mutuellement bénéfique ».  La Hongrie a souscrit aux explications de vote des États-Unis et de l’Union européenne.  Affirmant que les migrations constituent un « véritable enjeu sécuritaire », elle a souligné le droit des êtres humains « à vivre en paix et en sécurité dans leurs pays d’origine ».