Journée mondiale du 12 juin 2018 : Tunisie et Bureau de l’Organisation Internationale du Travail pour les pays du Maghreb associés pour lutter contre le travail des enfants

Photo : Travail des enfants en tunisie

Le 12 juin 2018 donne l’occasion à l’Organisation internationale du Travail de rappeler à quel point le Travail des enfants a un impact sur l’avenir du monde et plus directement de la Tunisie. C’est justement pour lutter contre cette dure réalité, que le projet « PROTECTE » est mis en œuvre avec le Bureau de l’OIT en Tunisie sous le financement du Département du Travail des États-Unis.

S’attaquer aux causes profondes du travail des enfants

À l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants (12 juin 2018), l’Organisation internationale du Travail (OIT) rappelle que tous les enfants ont le droit d’être libres de toute forme de travail des enfants, et tous les travailleurs ont droit à un milieu de travail sûr et sain. Cette année, la Journée mondiale contre le travail des enfants et la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail se sont associées dans une campagne globale commune sous le slogan : « Génération sécurité et santé » pour améliorer la sécurité et la santé des jeunes travailleurs et mettre fin au travail des enfants.

  1. Guy Ryder, Directeur général de l’OIT a rappelé que quelque 152 millions d’enfants âgés de 5 à 17 ans sont astreints au travail des enfants dans le monde. Entre 2012 et 2016, il n’y a « pratiquement pas eu de réduction du nombre d’enfants âgés de 5 à 11 ans qui travaillent, et le nombre des plus vulnérables, des plus jeunes enfants effectuant des travaux dangereux a en réalité augmenté ». M. Ryder a précisé que cela était en partie dû à la hausse du travail des enfants dans l’agriculture – pour l’essentiel du travail familial non rémunéré. « Généralement, ces enfants commencent à travailler dès l’âge de 6 ou 7 ans et accomplissent couramment des tâches dangereuses quand ils grandissent. »

En Tunisie, selon une enquête menée en 2017 par l’Institut National de Statistique en Tunisie, appuyée par l’OIT, 179.000 enfants de 5 à 17 ans, soit 7,9% des enfants tunisiens dans cette tranche d’âge sont astreint à un travail qui les prive de leur enfance, de leur potentiel, de leur dignité et nuit à leur développement. Parmi eux, 136.700 exécutent des travaux dangereux.

Gouvernement, Nations Unies, Organisation Internationale du Travail, engagés dans la lutte

Le gouvernement tunisien s’est engagé à lutter contre le travail des enfants en ratifiant la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant ; la Convention de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) n°138 sur l’âge minimum d’accès à l’emploi et la Convention (OIT) n°182 sur les pires formes de travail des enfants et par un engagement national réitéré dans la nouvelle Constitution de janvier 2014, qui stipule dans son article 47 que «le droit à la dignité, à la santé, aux soins, à l’éducation et à l’enseignement est garanti à l’enfant vis-à-vis de ses parents et de l’État. L’État doit garantir toute forme de protection à tous les enfants sans discrimination et en fonction de leur intérêt supérieur. » Cet engagement s’est également concrétisé par l’adoption en 2016 d’un Plan National de lutte contre le travail des enfants qui est mis en œuvre par un ensemble d’acteurs prêts à agir pour rendre à ces 179,000 enfants le respect de leurs droits et la perspective d’un avenir meilleur.  

PROTECTE, Projet d’appui à la mise en œuvre du Plan d’action de lutte contre le travail des enfants

Dans ce contexte, le Bureau International du Travail à travers le projet tunisien « Ensemble contre le travail des enfants » (PROTECTE), financé par le Département du Travail des États-Unis s’est associé aux efforts de la Tunisie et fournit un appui dans la mise en œuvre du Plan.

Depuis le début de 2018, le projet PROTECTE a contribué à la formation 130 points focaux au sein des Ministères des affaires sociales et de la femme, la famille, les enfants et les séniors, répartis dans les 24 gouvernorats du pays. Ces points focaux ont acquis toutes les connaissances nécessaires pour agir contre le travail des enfants dans leur rôle respectif.

Par ailleurs, les travaux considérés comme dangereux pour les enfants ont fait l’objet d’une attention particulière. Ainsi, une série d’ateliers a été tenue avec des experts en santé et sécurité, les acteurs gouvernementaux, les partenaires sociaux et organisations de la société civile au cours desquels une liste à jour des travaux considérés dangereux pour les enfants a été préparée.

Cette liste contribuera à mieux cadrer les activités des 136,700 enfants impliqués dans les travaux dangereux qui mettent leur santé et leur sécurité à risque. Dans la même veine, des travaux ont été entrepris par le comité de pilotage du Plan pour la création d’une cellule chargée de la lutte contre le travail des enfants au sein du Ministère des affaires sociales qui permettra d’assurer une permanence institutionnelle dans la lutte contre le travail des enfants.

À cet égard et à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale contre le travail des enfants 2018, le Bureau international de Travail en Tunisie salue les efforts déployés par tous les acteurs investis dans la mise en œuvre du Plan national de lutte contre le travail des enfants, dont le comité de direction est présidé par Ministère des affaires sociales.

Le BIT réitère aussi son engagement à fournir son appui aux structures concernées pour développer des mécanismes permanents visant l’identification des situations de travail des enfants, l’accompagnement des enfants retirés de ces situations et la collaboration inter-institutionnelle pour éradiquer ces situations et réintégrer ces enfants.