Peuples autochtones : une session annuelle sous le signe des terres et des ressources

UNESCO : Femme berbère

L’Instance permanente sur les questions autochtones a ouvert, ce matin, les travaux de sa dix-septième session, placée sous le thème des « droits collectifs des peuples autochtones sur leurs terres, leurs territoires et leurs ressources ». « Nous ne pouvons plus parler de terres autochtones comme si elles étaient comme les autres terres », a notamment déclaré le Président de l’Assemblée générale pour qui il importe de mieux comprendre leur importance pour les communautés auxquelles elles appartiennent, alors même que les terres et les ressources des communautés autochtones se dégradent, soit à cause des activités humaines, soit à cause du changement climatique.  Version arabe en bas de la page.

Au cours de son intervention, Miroslav LajčákM. Lajcak, s’est par ailleurs réjoui que l’année dernière, l’Assemblée a décidé de créer un nouvel espace pour des auditions interactives qui devraient permettre d’éliminer les obstacles à la participation des peuples autochtones aux travaux des Nations Unies.

Un millier de participants

Plus de 1 000 participants autochtones venus du monde entier ont fait le déplacement pour participer à cette session annuelle qui doit s’achever le 27 avril. Présidente de l’Instance, Mme Mariam Wallet Aboubkrine, du Mali, a indiqué que la protection des droits collectifs des peuples autochtones sur les terres, les territoires et les ressources sont des revendications majeures du mouvement international des peuples autochtones, et que la collectivité de ces droits offre de surcroit une vision très différente des courants dominants, qui, a-t-elle expliqué, reposent sur la propriété individuelle et la privatisation.

En outre, l’avancement de ces droits, au-delà de contribuer au bien-être des peuples autochtones, est également bénéfique au reste du monde, en ce qu’il participe à lutter contre des problèmes tels que les changements climatiques et la perte de la biodiversité, a-t-elle fait valoir. Etudes à l’appui, elle a indiqué, à titre d’exemple, que le respect des droits des peuples autochtones sur les forêts engendre un faible taux de déforestation, sans oublier le fait que les terres gérées par les peuples autochtones abritent 80% de ce qui reste de la diversité biologique terrestre.

Réélue ce matin par acclamation à la présidence de l’Instance, Mme Aboubakrine s’est préoccupée du fait que seuls quelques pays aient pris des mesures pour défendre les droits collectifs des peuples autochtones sur les terres, territoires et ressources, et que l’application des lois est souvent insuffisante, « voire inexistante », pointant notamment l’absence de mise en œuvre des procédures de délimitation des terres et d’attribution des titres de propriétés.

Respecter la Terre nourricière

De son côté, le Président de la Bolivie, Evo Morales Ayma, a prévenu que l’avenir des peuples autochtones et la vie même sur terre est en danger, dénonçant notamment les politiques d’accumulation des richesses qui ne respectent pas la Terre nourricière. La terre ne saurait être une marchandise du capitalisme, d’où l’urgence de changer les politiques capitalistes pour garantir la survie des peuples de la planète, a souligné M. Evo Morales Ayma, qui est par ailleurs le premier membre d’une communauté autochtone à être élu président d’un État.

La lutte, a-t-il poursuivi, ne peut se limiter aux peuples autochtones.  Elle doit prendre en compte tous les peuples.  « Lorsqu’on ne se soumet ni au joug colonial, ni au joug des États-Unis, ni au joug de la Banque mondiale, il est vraiment possible de faire avancer les choses ». Créée en juillet 2000, après deux décennies de négociations, l’Instance, composée de 16 experts indépendants, est le principal forum visant à sensibiliser la communauté internationale sur la situation des peuples autochtones qui représentent 370 millions de personnes, soit seulement 5% de la population mondiale mais 15% des plus pauvres du monde. Ils vivent dans 90 pays, représentent 5 000 cultures différentes et parlent la vaste majorité des quelque 7 000 langues de la planète.

منتدى الشعوب الأصلية يسلط الضوء على التناغم بين الشعوب الأصلية والأرض

افتتحت اليوم الاثنين بالجمعية العامة للأمم المتحدة الدورة السابعة عشرة للمنتدى الدائم المعني بقضايا الشعوب الأصلية، تحت عنوان « الحقوق الجماعية للشعوب الأصلية في الأراضي والأقاليم والموارد الطبيعية. »ويتناول المنتدى، الذي أنشئ بقرار من الجمعية العامة في عام 2000، قضايا الشعوب الأصلية المتعلقة بالتنمية الاقتصادية والاجتماعية والثقافة والبيئة والتعليم والصحة وحقوق الإنسان. كما يهدف كذلك إلى تعزيز تكامل الأنشطة ذات الصلة مع منظومة الأمم المتحدة بأكملها.

وأثناء الافتتاح، قدمت الفنانة ساينة من جمهورية ساخا الواقعة في أقصى شمال شرق روسيا عرضا فولكلوريا شمل الغناء والطبل والعزف بالفم. وبعد أن خاطب الرئيس البوليفي إيفو موراليس المنتدى من قاعة الجمعية العامة، تطرق في مؤتمر صحفي إلى مسألة ملكية الأراضي واستخدامها من قبل مجتمعات الشعوب الأصلية في بوليفيا. وقال موراليس إن « الشعوب الأصلية عاشت دوما في مجتمعات وتجمعات منسجمة مع أمنا الأرض. »

وأشار الرئيس البوليفي، وهو أول رئيس منتخب من الشعوب الأصلية في بلاده، إلى أنه في بعض المناطق من بوليفيا تتم الآن إعادة الممتلكات الجماعية إلى السكان الأصليين للأرض؛ وأكد أن الأرض « ليست ملكية فردية، بل ملكية جماعية تنتمي إلى المجتمع. » وبجانبه، تحدثت المقررة الخاصة المعنية بحقوق الشعوب الأصلية فيكتوريا تاولي كوربوز عن احترام الشعوب الأصلية للبيئة التي يعيشون فيها وتناغمهم معها مشيرة إلى ما يكمن في هذا النمط الحياتي من حلول لقضية تغير المناخ ومشكلة تآكل التنوع البيولوجي والثقافي. وقالت « تظهر البيانات أنه في حين تعيش الشعوب الأصلية في 5% من أراضي العالم وأقاليمه، يوجد 80% من التنوع البيولوجي في العالم في أقاليم الشعوب الأصلية. » يشار إلى أن الجمعية العامة للأمم المتحدة قد اعتمدت في عام 2016 قرارا أعلنت فيه عام 2019 عاما دوليا للغات الشعوب الأصلية، للفت الانتباه إلى الخسائر الحرجة التي ألمت بلغات الشعوب الأصلية والحاجة الملحة إلى الحفاظ على تلك اللغات وإحيائها وتعزيزها.