Maintien de la paix : António Guterres plaide pour un recentrage et un renforcement des opérations

Photo : ONU

Au cours d’un débat organisé mercredi matin par le Conseil de sécurité, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a prôné un recentrage et un renforcement des opérations de maintien de la paix en vue de mettre fin aux attentes irréalistes qu’elles suscitent de toutes parts, aussi bien de la communauté internationale que des populations. « Nous abîmons  l’instrument du maintien de la paix et aussi le multilatéralisme lui-même, en créant  des attentes irréalistes. Des vies et de la crédibilité sont perdues », a déclaré le Secrétaire général, pour qui une action collective est nécessaire dans trois domaines : un recentrage des opérations de maintien de la paix sur des attentes réalistes, un renforcement des opérations de maintien de la paix, qui doivent être plus sûres ; et une plus grande mobilisation en faveur de solutions politiques et pour des forces bien structurées, bien équipées et bien entraînées. Version arabe en bas de la page.

Comme un saut qualitatif dans l’engagement est nécessaire, le chef de l’ONU a annoncé le lancement d’une nouvelle initiative « Action pour le maintien de la paix », qui doit mobiliser tous les partenaires et acteurs afin de « soutenir cette grande entreprise des Nations Unies qu’est le maintien de la paix », alors que celui-ci célèbre son soixante-dixième anniversaire.

Cette initiative, pour laquelle le Secrétaire général a remercié les Pays-Bas et la Côte d’Ivoire, sera mise au point à l’occasion d’un événement parallèle lors de la session de haut niveau de la prochaine Assemblée générale, a-t-il expliqué, souhaitant un accord formel « d’ici à la fin de l’année ».

Le Secrétariat a déjà mis en mouvement ce changement, a affirmé M. Guterres. L’objectif est de disposer de Casques bleus bien entraînés et bien équipés, plus mobiles et proactifs face aux dangers. Il a également rappelé qu’il avait lancé une nouvelle approche face à l’exploitation et aux abus sexuels, afin d’offrir aux victimes des voies claires pour faire part de leurs allégations et de travailler avec les pays fournisseurs de contingents sur la manière de les traiter. Il s’est dit encouragé à cet égard par le fait que 90 États ont signé le Pacte pour la prévention de l’exploitation et des abus sexuels.

La solution politique, ultime objectif

« Les opérations de maintien de la paix ne peuvent pas réussir si elles sont déployées en lieu et place d’une solution politique, plutôt que pour soutenir une telle solution », a déclaré M. Guterres, qui a rappelé que les opérations de paix des Nations Unies opéraient aujourd’hui dans un environnement beaucoup plus dangereux, menacées par des groupes armés, criminels ou terroristes, qui disposent d’armes modernes.

Le Secrétaire général a fait valoir que les Nations Unies, quand elles agissent pour le meilleur, sont une remarquable entreprise de multilatéralisme et de solidarité internationale, citant comme exemple d’opérations de maintien de la paix réussies la Namibie, le Sierra Leone, le Libéria, le Cambodge, le Timor-Leste ou encore El Salvador, ainsi que la Côte d’Ivoire, hier encore hôte d’une mission de maintien de la paix et aujourd’hui membre élu du Conseil de sécurité.

Mais, a poursuivi Antonio Guterres, nous savons tous que les opérations de maintien de la paix sont confrontées à de sérieuses difficultés, et notamment quatre des plus importante d’entre elles : le Mali, la République démocratique du Congo, la République centrafricaine et le Soudan du Sud.

Les Casques bleus sont souvent sous-équipés, insuffisamment préparés face à de tels environnements. Nos Casques bleus sont vulnérables et ce sont des cibles, a poursuivi M. Guterres, qui a fait état de 59 Casques bleus tués l’an passé, contre 34 en 2016, des « chiffres inacceptables pour nous tous ». Il a donc annoncé qu’en hommage à ceux qui sont tombés, il passerait la Journée internationale des Casques bleus au Mali, pays où le plus grand nombre de Casques bleus ont été tués l’an dernier, et 140 depuis 2013.

Six demandes immédiates

Le Secrétaire général a présenté « six demandes immédiates » aux États Membres.

Il a d’abord demandé aux États membres du Conseil de sécurité de rationaliser et affiner les mandats de missions. « Il faut mettre fin aux mandats qui ressemblent à un arbre de Noël », a-t-il déclaré « Noël, c’est terminé », a-t-il lancé, faisant observer que la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) « ne peut pas plausiblement mettre en œuvre les 209 points de son mandat ».

Il a ensuite appelé les États Membres à soutenir leur engagement politique et à pousser à des solutions politiques, y compris par le biais de la diplomatie bilatérale et des sanctions quand cela est nécessaire. « Une opération de maintien de la paix n’est ni une armée, ni une force anti-terroriste, ni une agence humanitaire, c’est un outil qui vise à créer une espace pour une solution politique nationale », a déclaré M. Guterres.

En troisième lieu, le Secrétaire général a demandé le renforcement des partenariats avec les organisations régionales. Il a rendu hommage à l’Union africaine, « un de nos principaux partenaires », et a jugé indispensables les partenariats politiques, notamment quand une opération de maintien de la paix des Nations Unies est déployée avec le partenariat d’organisations régionales, comme c’est le cas au Soudan du Sud. Ces partenariats sont notamment essentiels pour les opérations d’imposition de la paix et les missions de lutte contre le terrorisme, a poursuivi le Secrétaire général.

En quatrième lieu António Guterres a appelé les responsables du maintien de la paix et leur personnel, civil, militaire et policier, à se tenir prêts à remplir leur mission, sans que les contraintes imposées par les pays fournisseurs de contingents ou de personnel de police n’entravent les opérations et tout en améliorant le niveau de formation et de préparation des soldats de la paix, afin que ces derniers aspirent aux normes les plus élevées dans tous les domaines.

Cinquièmement, le Secrétaire général a demandé aux États membres d’assumer les responsabilités et de faire correspondre les ressources humaines et financières avec les mandats. Tout en se disant  partisan de la rigueur budgétaire il a cité des exemples criants de manques de moyens de certaines missions, notamment la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA)

Enfin, M. Guterres a appelé les pays hôtes à apporter leur plein consentement et leur coopération active aux opérations de maintien de la paix, ce qui suppose aussi de poursuivre en justice les auteurs d’attaques contre le personnel de ces missions.

الأمين العام يطلق مبادرة « العمل من أجل حفظ السلام »

أمام مجلس الأمن الدولي أكد الأمين العام أنطونيو غوتيريش أن عمليات حفظ السلام لا يمكن أن تنجح إذا تم نشرها كبديل للحلول السياسية، بدلا من أن تدعمها. وقال غوتيريش، في المداولات رفيعة المستوى حول العمل الجماعي لتحسين عمل بعثات حفظ السلام، إن تلك البعثات غالبا ما تواجه تحديات، منها عدم توفر الموارد الضرورية.

« عمليات الأمم المتحدة لحفظ السلام غالبا ما تفتقر إلى المعدات والتجهيزات اللازمة، وعادة ما تكون غير مستعدة للعمل في البيئات الخطيرة التي تعمل بها. هناك فجوات في القيادة والسيطرة، في الثقافة، في المعدات، وفي التدريب. حفظة السلام معرضون للخطر، ويستهدفون بالهجمات. العام الماضي فقدنا 59 فردا من حفظ السلام في أعمال مشينة، بما يمثل زيادة حادة عن عام 2016 عندما قدر العدد بأربعة وثلاثين. »

وأطلق الأمين العام مبادرة « العمل من أجل حفظ السلام » التي تهدف إلى حشد جميع الشركاء وأصحاب المصلحة لدعم عمليات الأمم المتحدة لحفظ السلام. وأشار إلى إحراز تقدم نتيجة الجهود التي بدأتها الأمانة العامة للأمم المتحدة في التغيير، استنادا إلى القرارات والتقارير ذات الصلة. ولكنه قال إن العمل من جانب الأمانة العامة وحدها لا يكفي لمواجهة التحديات وأن فرص النجاح تزداد بشكل كبير عندما تعمل الدول الأعضاء وتتشارك في تحمل الأعباء والمخاطر والمسؤوليات. وحدد الأمين العام ستة طلبات فورية للدول الأعضاء:

  1. تحسين ولايات البعثات وتبسيطها
  2. دعم المشاركة والحلول السياسية وعمليات السلام الشاملة
  3.  مواصلة بناء وتعزيز الشراكات مع المنظمات الإقليمية
  4.  مناشدة قادة وأفراد قوات حفظ السلام، من المدنيين والعسكريين والشرطة، للقدوم إلى البعثة وهم مستعدون للعمل، من خلال تحسين مستوى التدريب والتأهب لحفظة السلام.
  5.  حث أعضاء المجلس على تحمل المسؤولية وتزويد البعثات بالموارد اللازمة.
  6.  دعوة البلدان المضيفة للموافقة الكاملة على نشر عمليات حفظ السلام والتعاون معها.

مارك روت رئيس وزراء هولندا، الذي ترأس بلاده المجلس خلال الشهر الحالي، أكد على مسؤولية جميع الأطراف، من الدول المضيفة والأمم المتحدة وأعضائها، لضمان توفير الموارد اللازمة لبعثات حفظ السلام.

« يتعين أن نضع ولايات واضحة ومركزة وأن نضغط على أطراف الصراع لإيجاد حل سياسي. ينطبق هذا على الدول المضيفة، التي يجب أن تتعاون بشكل كامل مع البعثات. وينطبق على الأمانة العامة للأمم المتحدة، التي يجب أن تدعم البعثات بشكل فعال. وأخيرا، وليس آخرا، ينطبق على جميع الدول الأعضاء، لأن الأمم المتحدة تتمثل فينا جميعا. ويجب أن نضمن وجود قوات تتمتع بالتمويل الكافي، والدعم السياسي، والتدريب، والنظام والمعدات اللازمة. »