Les attaques contre les femmes journalistes sont en hausse, en ligne et hors-ligne

Photo : ONU – Ms Alison Smale USG/DPI

Au cours des 15 dernières années, le cyberharcèlement a connu une « augmentation significative », faisant de la sécurité des femmes journalistes un enjeu majeur dans l’ère numérique d’aujourd’hui, ont souligné les participants à un événement organisé au siège des Nations Unies. « En Slovaquie, nous avons vu le meurtre d’un journaliste d’investigation assassiné avec sa fiancée », a noté la chef de la communication mondiale de l’ONU, Alison Smale. Selon elle, non seulement les femmes journalistes sont en danger, mais aussi les femmes en général.

Elle a fait cette observation lors d’un événement organisé en marge de la 62ème session de la Commission des Nations Unies sur la condition de la femme (CSW), qui s’est achevée à New York le 23 mars.

L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a organisé une table ronde intitulée « Journalistes en sécurité, démocraties fortes : comment les agressions en ligne et hors ligne contre les femmes journalistes sont néfastes pour nous tous ? ». L’objectif était d’attirer l’attention sur les différentes situations où les femmes journalistes sont vulnérables – sur le lieu de travail, sur le terrain en reportage et en ligne -, menacées de harcèlement, d’intimidation et de violence.

La Secrétaire générale adjointe des Nations Unies pour la communication mondiale, elle-même une ancienne journaliste, a reconnu « l’immense valeur de l’ONU » pour aborder cette question, comme l’a montré cette table ronde.

Selon le Directeur chargé de la liberté d’expression et du développement des médias à l’UNESCO, Guy Berger, qui présidait l’événement, le rapport de l’UNESCO sur les ‘Tendances mondiales en matière de liberté d’expression et de développement des médias’ permet de comprendre les évolutions du paysage médiatique mondial, notamment sur la question de l’égalité des sexes dans les médias.

Se voulant encourageant, il a montré aux participants un graphique indiquant que le nombre d’États ayant répondu à la demande de l’UNESCO pour plus d’informations sur le suivi judiciaire des assassinats des journalistes est passé de 30 à 75%, montrant ainsi que les gouvernements sont de plus en plus sensibilisés.

« Malheureusement, il n’y a toujours qu’un meurtre de journaliste sur dix qui est résolu », a-t-il ajouté.

Dans le cadre du Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, les participants ont partagé leurs expériences de ces menaces et des conséquences sur le rôle fondamental de la presse dans le renforcement des sociétés démocratiques.

Maria Ressa, ancienne correspondante de CNN et rédactrice en chef de la publication en ligne Rappler, a été confrontée à des attaques misogynes en ligne. « La seule défense que nous avons eue est de braquer les projecteurs » sur ces attaques avec une « fréquence que seule la technologie permet », a-t-elle expliqué.