La ZLEC, la migration et les Flux financiers illicites sont les sujets de la réunion de Songwe avec les ambassadeurs africains

La Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique, Vera Songwe, a rencontré ce mardi les ambassadeurs africains basés en Éthiopie pour leur 19ème rencontre trimestrielle dont l’objectif était de débattre d’un certain nombre de questions affectant le continent et des activités de la CEA pour soutenir le continent dans sa quête à la transformation économique et structurelle.

Mme Songwe a ouvert la réunion en donnant un aperçu du travail accompli par la CEA au cours des trois derniers mois dans la mise en œuvre de son programme de travail pour la période biennale 2016-2017.

Elle a fourni aux ambassadeurs des informations importantes sur les réformes de la gestion en cours à l’échelle du système des Nations Unies et sur d’autres questions correspondant au travail du Secrétariat.

Le Chef de la CEA et les ambassadeurs ont discuté de la signature historique de la Zone de libre-échange continentale à Kigali, au Rwanda en mars et du travail que réalise la CEA pour soutenir la Commission de l’Union africaine et les États membres dans les négociations de la ZLEC.

Les États membres, comme le Ghana, sont préoccupés par le fait que le secteur privé ne semble pas très impliqué, comme on aurait pu s’attendre à ce qu’il bénéficie d’accords commerciaux qui profiteraient au continent et à ses habitants une fois la ZLEC mise en œuvre.

La question des migrations et la nécessité de modifier le récit pour refléter le fait que les migrations africaines sont plus intra régionales qu’internationales et les statistiques pour enregistrer les mouvements des populations africaines sur le continent préoccupent particulièrement les États membres.

Tels sont les propos de Mme Songwe, accompagnée de Thoko Ruzvidzo, Directrice de la Division de la politique du développement social, aux Ambassadeurs du Groupe de haut niveau sur les migrations (HLPM), présidé par l’ancienne Présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf.

Le HLPM, qui cherche à identifier et articuler les questions clés qui forment l’histoire de la migration africaine, les défis et les priorités pour le continent, devra produire un rapport en avril suite à son travail sur la migration en Afrique.

Les ambassadeurs ont également été informés des consultations sur le Pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière. Ils exhortent la CEA à travailler en étroite collaboration avec ses partenaires, la CUA et la Banque africaine de développement (BAD), pour trouver des moyens qui permettront à l’Afrique de mettre fin aux Flux financiers illicites qui coûtent au continent environ 80 milliards de dollars par an.

Mme Songwe exhorte les ambassadeurs à encourager leurs pays à adhérer à la transparence fiscale mondiale et à d’autres lois pertinentes pour endiguer ces fuites de capitaux et faire en sorte que les sommes et les biens détournés illicitement du continent puissent être ramenés une fois qu’ils sont suivis avec succès.

« On a beau parler de Flux financiers illicites et en faire toute une histoire, mais beaucoup d’entre nous n’avons pas pris les mesures de base nécessaires et requises pour s’assurer que l’argent ne disparaisse pas », déclare-t-elle.

« Si vous ne fermez pas votre porte et que vous vous réveillez chaque jour en disant que vos chèvres ont été prises, tout le monde dira mais vous n’avez pas fermé votre porte. Nous avons un problème imaginaire parce que nous n’avons pas fermé nos portes. Nous devrions commencer par citer le nombre de pays encore en attente de signer cette loi qui veulent la fermeture de leurs portes », déclare Mme Songwe, ajoutant que lAfrique a perdu beaucoup plus depuis la publication de Thabo Mbeki sur les Flux financiers illicites en Afrique en 2015.

Parmi les autres sujets abordés lors du briefing figurent les Accords de partenariat économique (APE), qui sont des accords de commerce et de développement négociés entre l’Union européenne et les partenaires d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) engagés dans des processus d’intégration économique régionale ; les accords de politique de voisinage ; la Conférence des ministres qui doit avoir lieu en avril et le Conseil de paix et de sécurité de l’ONU.

Les ambassadeurs ont convenu que la CEA doit continuer à soutenir l’Afrique en matière de migration et d’APE et assurer la cohésion entre Addis-Abeba et New York, entre autre