Importantes lacunes en matière d’autonomisation des femmes et nécessité d’accélérer, selon ONU Femmes

Photo : ONU Femmes

ONU Femmes lance aujourd’hui son rapport phare « Traduire les promesses en actions : l’égalité de genre dans le Programme de Développement Durable à l’horizon 2030 ». S’appuyant sur des preuves et des données concrètes, ce rapport met en évidence l’omniprésence généralisée des discriminations à l’encontre des femmes et des filles, tout en proposant des recommandations pratiques pour atteindre les objectifs de développement durable.  Phumzile Mlambo-Ngcuka, la Directrice exécutive d’ONU Femmes, a présenté le rapport en déclarant : « Le monde entier s’est engagé à travers les ODD à ne laisser personne de côté. Les nouvelles données et analyses présentées dans ce rapport indiquent que la communauté internationale ne pourra pas tenir sa parole sans une accélération significative des progrès en matière d’égalité des sexes. C’est un appel urgent à l’action, et ce rapport émets des recommandations à suivre pour avancer. » Version arabe en bas de la page.

Deux ans et demi après l’adoption du Programme à l’horizon 2030, ce rapport sans précédent examine du point de vue de l’égalité des sexes les progrès et les obstacles liés à la mise en œuvre des 17 Objectifs de développement durable (ODD). Face à l’augmentation des conflits, de l’exclusion et de la dégradation de l’environnement constatée actuellement, le Programme offre un contrepoids saisissant en mettant l’accent sur la paix, l’égalité et la durabilité. Les femmes se retrouvent confrontées à un ensemble inédit de défis dans tous ces domaines, et c’est pourquoi il est grand temps d’agir.

Les nouvelles analyses de ce rapport relèvent notamment que dans 89 pays disposant de données, on dénombre 330 millions de femmes et de filles parmi les personnes en situation de pauvreté. Pour 100 hommes, ce sont ainsi 4 femmes de plus qui vivent avec moins de 1,90 dollar US par jour. Cette disparité entre les sexes est particulièrement élevée pour les femmes en âge de procréer.

Le document observe également que plus de 50 pour cent des femmes et des filles vivant en milieu urbain dans les pays en voie de développement n’ont pas accès à au moins l’un des éléments suivants : eau potable, installations sanitaires améliorées, logement durable et espace habitable suffisant.

De la lecture du rapport, il ressort également que l’élimination de toutes les formes de violence à l’encontre des femmes et des filles est une condition préalable à l’édification des sociétés pacifiques.

Par ailleurs, le rapport souligne l’étroitesse du lien entre différents aspects du bien-être et de la privation dans la vie des femmes et des filles. Ainsi, une fille née dans une famille pauvre et contrainte à se marier très jeune a plus de risques d’abandonner l’école, de devenir mère à un âge précoce, de souffrir de complications pendant l’accouchement et de subir des violences (soit de subir tous les problèmes visés par les ODD) que la fille d’une famille plus riche qui se marie à un âge plus avancé.

Au-delà de l’examen des moyennes nationales, le rapport dévoile également les immenses écarts qui divisent les femmes et les filles. Au sein d’un même pays, leurs vies sont diamétralement opposées selon leur niveau de revenu, leur ethnicité ou encore l’endroit où elles habitent.

Le rapport propose également un large éventail de recommandations pour changer la donne, en soulignant quatre domaines d’intervention majeurs. D’abord, la mise en œuvre des politiques intégrées qui peuvent renforcer les synergies et favoriser l’accomplissement simultané de plusieurs objectifs. L’égalité des sexes est non seulement une fin, mais aussi un moyen, un catalyseur permettant d’accomplir le Programme à l’horizon 2030 et d’édifier un avenir durable pour toutes et tous.  Le rapport montre par exemple les effets bénéfiques d’une réduction de la charge de soins non rémunérés qui incombe aux femmes.

La seconde recommandation a trait à la nécessité de disposer de statistiques en plus grand nombre et de meilleure qualité. Dans l’état actuel des choses, la communauté internationale et l’ONU ne sont pas en mesure d’évaluer la situation des femmes et des filles au regard de chacun des 17 ODD. Six d’entre eux ne disposent d’aucun indicateur qui mentionne explicitement les femmes et les filles, et le manque de données relatives au genre opportunes et régulières entrave la qualité du suivi.

Le rapport juge également qu’il est possible de combler le déficit du financement nécessaire pour créer un monde durable en s’attaquant aux fuites de capitaux non comptabilisées, y compris aux flux financiers illicites auxquels sont confrontés les pays en voie de développement. Pour y arriver, il faut annuler les réductions des dépenses publiques qui érodent les filets sociaux et les services de base dans les pays développés et en voie de développement.

Enfin, les personnes au pouvoir doivent être tenues responsables des engagements pris en matière d’égalité des sexes. Le dynamisme de la société civile et la latitude lui permettant de s’exprimer librement apparaissent comme des éléments essentiels de cet effort.

A noter que suite au lancement du programme aujourd’hui à New York, d’autres rencontres se tiendront à Berlin et à Nairobi dans les jours à venir.

تقرير جديد: النساء والفتيات يواجهن تمييزا متفشيا في كل مكان

أظهر تقرير أممي جديد، من خلال أدلة وبيانات ملموسة، تفشي التمييز ضد النساء والفتيات في كل مكان، وعرض كذلك توصيات قابلة للتنفيذ بشأن كيفية تحقيق المساواة بين الجنسين والمنصوص عليها في خطة التنمية المستدامة.

 التقرير الذي صدر اليوم الأربعاء عن هيئة الأمم المتحدة للمرأة، تحت عنوان « تحويل الوعود إلى إجراءات: المساواة بين الجنسين في خطة عام 2030 » يلقي نظرة معمقة على الوضع في الولايات المتحدة وكولومبيا ونيجيريا وباكستان وجنوب أفريقيا وأوروغواي، في مجالين محددين؛ هما أعمال الرعاية غير مدفوعة الأجر، وإنهاء العنف ضد المرأة.

وأثناء إطلاق التقرير، في مؤتمر صحفي بالمقر الدائم، أشارت المديرة التنفيذية لهيئة الأمم المتحدة للمرأة بومزيلي ملامبو- نوكا، إلى أن التقدم في مجال المساواة بين الجنسين على عدد من الأصعدة لا يزال بطيئا.

« أحد الأمثلة المذهلة الواردة في التقرير هو أنه يوضح مدى التأخر في القضاء على وفيات الأمهات الناجمة عن مضاعفات الحمل والولادة، في البلدان المتقدمة والنامية على حد سواء، في وقت لدينا فيه بالفعل التكنولوجيا والخبرة اللازمة لجعل الولادة آمنة ولضمان أن تلقى المرأة وطفلها الرعاية الطبية اللازمة والمتابعة. أكثر من 300 ألف امرأة تموت كل عام لأسباب مرتبطة بالحمل، وهذا ينبغي ألّا يحدث. »

وبحسب البيانات الجديدة المتاحة في 89 بلدا، زاد عدد النساء اللاتي يعشن على أقل من 1.90 دولار في اليوم الواحد بمقدار 4.4 مليون مقارنة بالرجال. ويفسر الكثير ذلك بسبب العبء غير المتناسب الذي تواجهه النساء العاملات في مجال الرعاية غير مدفوعة الأجر.

ويتناول التقرير كذلك ما هو أبعد من المعدلات الوطنية، ليكشف عن الثغرات المتداخلة بين النساء والفتيات اللاتي، حتى داخل البلد نفسه، يعشن في عوالم مختلفة بسبب وضع دخلهن أو عرقهن أو محل إقامتهن.

فعلى سبيل المثال، في الولايات المتحدة، كانت معدلات الفقر بين النساء المنحدرات من أصول سوداء وشعوب أصلية أكثر من ضعف نسبة نظرائهن من النساء البيض والآسيويات. وكان التباين في التعليم صادما أيضا، حيث بلغت نسبة النساء من أصول لاتينية ممن لم يكملن الدراسة الثانوية 38% مقارنة بالمعدل الوطني البالغ 10%.

ويوصي التقرير بأن تستثمر الدول في بيانات أكثر دقة وتتبع نهجا يراعي نوع الجنس في جميع أبعاد التنمية المستدامة، من أجل رصد التقدم المحرز ووضع سياسات ملموسة.

وتشدد هيئة الأمم المتحدة للمرأة على أن جدول الأعمال الخاص بالمرأة « فقير »، مشيرة إلى أنه يحتاج إلى مزيد من التمويل لضمان أن تكون القضايا العالمية متعلقة بالمساواة بين الجنسين في صميم خطط التنمية.

وكما قالت سارة دوارتي فاليرو، المسؤولة بالهيئة « إذا تخلفت النساء عن تحقيق أهداف التنمية المستدامة، فإن نصف سكان العالم يتخلفن عن الركب، ولن يمكن تحقيق أي من تلك الأهداف ».