Le Comité des droits de l’enfant ouvre les travaux de sa soixante-dix-septième session

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Photo : UNICEF

Le Comité des droits de l’enfant a entamé le 15 janvier 2018 les travaux de sa soixante-dix-septième session, qui se tient pour trois semaines au Palais Wilson à Genève, en adoptant son ordre du jour et son programme de travail (en anglais) et en entendant une déclaration de Mme Kate Gilmore, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme. Mme Gilmore a rappelé que cette année marquerait le soixante-dixième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Cet anniversaire révèle qu’il reste encore de nombreux efforts à faire dans de nombreux endroits du monde, a-t-elle souligné. Un monde où six hommes détiennent plus que la moitié de la population mondiale n’est pas un monde juste, a expliqué la Haut-Commissaire adjointe ; c’est un monde d’inégalités brutales et beaucoup de ces inégalités sont fondées sur l’âge.

Les enfants portent de manière disproportionnée le fardeau de l’inégalité, de l’injustice, des privations et des conséquences cruelles des conflits et pourtant, ils sont complétement étrangers aux causes profondes de cette situation et ne sont jamais invités aux prises de décision. Les jeunes sont ceux qui sont en meilleure santé, qui sont le plus éduquées et le mieux connectés, mais ils constituent aussi la population la plus pauvre, a insisté Mme Gilmore, déplorant l’indifférence à l’égard des jeunes, qui sont réduits au silence et exclus en tant qu’agents de changement et en tant que parties prenantes.

Mme Gilmore a rappelé que la prochaine journée de discussion générale du Comité serait consacrée, en septembre prochain, aux enfants défenseurs des droits de l’homme.  Des millions de jeunes espèrent que le « Youthquake », ce séisme porté par les jeunes, va arriver, a-t-elle ajouté, faisant référence au hashtag largement partagé qui a accompagné ce terme, considéré comme le mot de l’année 2017.  Le monde a besoin de l’énergie renouvelable, de l’inventivité, des rêves et de l’absence de cynisme des enfants pour créer des espaces ouverts et dynamiques au sein de la société civile. La journée de discussion générale peut être une étape importante dans cet objectif stratégique au sein d’un monde aussi précaire.

Mme Gilmore a ensuite relevé qu’il n’y avait jamais eu autant de jeunes dans l’histoire de l’humanité et qu’il était ainsi primordial de mettre fin aux discriminations et aux inégalités au motif de l’âge. L’échec vis-à-vis des enfants n’est pas permis, a-t-elle expliqué.

Dressant le bilan de l’année 2017 pour ce qui est du Comité, la Haut-Commissaire adjointe a indiqué que cet organe avait adopté des observations finales concernant 36 États et accusait désormais un retard (d’examen) de seulement 30 rapports. Le Comité a par ailleurs adopté trois observations générales dont deux conjointement avec le Comité pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille.  Dans le contexte actuel des discussions sur le Pacte mondial sur les migrations, ces observations générales arrivent à point nommé alors que 30 millions d’enfants migrants sont sur les routes, a souligné Mme Gilmore.  Elle a ensuite fait observer que si l’Assemblée générale a approuvé, lors de sa dernière session, les séances de réunions supplémentaires requises pour le Comité, elle n’a pas approuvé, en revanche, l’augmentation de personnel correspondante pour soutenir cette hausse de travail.

Mme Gilmore a d’autre part relevé que l’étude mondiale sur les enfants privés de liberté n’avait toujours pas reçu des États les financements volontaires escomptés.  Les 381 000 dollars versés à l’heure actuelle par quelques pays (sur les 4,7 millions de dollars requis pour cette étude) ont néanmoins permis d’engager une partie des recherches en vue de mener cette étude globale.  Pour l’heure, l’étude va se concentrer sur les enfants privés de liberté parce qu’ils se trouvent en conflit avec la loi et sur les enfants privés de liberté parce qu’ils sont en prison avec leurs parents, a précisé la Haut-Commissaire adjointe. D’autres aspects de la privation de liberté des enfants, comme la détention d’enfants dans le contexte de l’immigration et les enfants privés de liberté pour des raisons de sécurité nationale ou d’activités liées au terrorisme, ne pourront être traités que si de nouveaux financements sont reçus.

Mme Gilmore a conclu son intervention en rappelant qu’aujourd’hui, était célébrée aux Etats-Unis la Journée de Martin Luther King.  Elle a rappelé qu’il n’avait pas dit : «j’ai fait un cauchemar», mais bien « j’ai fait un rêve » et qu’il avait donné du contenu à ce rêve.  C’est maintenant qu’il faut que la justice devienne une réalité pour tous les enfants, a déclaré la Haut-Commissaire adjointe.

Ce matin, le secrétariat du Comité a, pour sa part, indiqué que le nombre total de ratifications de la Convention s’établissait toujours à 196. Quant au Protocole facultatif sur l’implication des enfants dans les conflits armés, il a été ratifié par un nouveau pays – la République centrafricaine – et compte désormais un total de 167 États parties. Pour ce qui est du Protocole facultatif sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants, un nouveau pays l’a ratifié – l’Etat de Palestine – de sorte que cet instrument compte désormais 174 États parties. Enfin, trois nouveaux pays – le Brésil, Chypre et la Turquie – ont ratifié le Protocole facultatif établissant une procédure de communications, ce qui porte à 37 le nombre de ratifications de cet instrument.

Le secrétariat a d’autre part indiqué que 11 nouveaux rapports étaient parvenus au Comité depuis la dernière session. Le nombre de rapports en attente d’être examinés est de 43 et il sera de 35 à la fin de la présente session, a-t-il été précisé.
La Présidente du Comité, Mme Renate Winter, a indiqué que durant cette soixante-dix-septième session, le Comité allait examiner huit rapports dont trois par vidéoconférence. Le Comité va par ailleurs poursuivre sa discussion sur le suivi du renforcement de capacités des organes conventionnels. Il va aussi préparer la journée de discussion générale sur la protection et l’autonomisation des enfants défenseurs des droits de l’homme.  Le Comité entamera en outre durant la présente session la révision de son observation générale n°10 sur les droits des enfants dans le système de justice pour mineurs.