Le chef de l’ONU appelle à relever le double défi de la pauvreté énergétique et du changement climatique

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a appelé mercredi à redoubler d’efforts pour produire une énergie à la fois propre et abordable et à un rythme qui satisfera la demande croissante sans porter préjudice à l’environnement.

Il s’agit du double défi de la pauvreté énergétique et du changement climatique que tous les acteurs doivent relever en transformant les systèmes énergétiques mondiaux au bénéfice de tous, a-t-il déclaré lors d’un symposium de haut niveau sur l’interconnexion énergétique mondiale organisé au siège de l’ONU.

« L’énergie est le fil directeur qui relie tous les objectifs de développement durable (ODD) », a déclaré le Secrétaire général lors de cet événement organisé par le Département des affaires économiques et sociales de l’ONU (DESA) et l’Organisation pour le développement et la coopération mondiale en matière d’interconnexion énergétique (GEIDCO).

Les services énergétiques modernes font partie intégrante de la réduction de la pauvreté, de la sécurité alimentaire, de la santé publique et d’une éducation de qualité pour tous. De plus, ils sont la clé d’une industrialisation durable, de villes plus saines et plus efficaces et d’une action climatique réussie.

Malgré ces évidences, M. Guterres a déclaré que le monde est encore loin de réaliser la vision d’une énergie propre et abordable pour tous. Environ un milliard de personnes vivent encore sans aucun accès à l’électricité dont 500 millions en Afrique et plus de 400 millions dans la région Asie-Pacifique. Trois milliards d’individus continuent de cuisiner et de chauffer leurs maisons sans avoir recours à des carburants propres et à des technologies plus efficaces.

« Le monde a donc besoin de plus d’énergie et en particulier de plus d’énergie propre », a martelé le chef de l’ONU, tout en soulignant qu’alors que ce besoin augmente, le monde connaît une hausse des températures et les niveaux atmosphériques de dioxyde de carbone ont atteint un nouveau record en 2016.

Se référant au rapport publié mardi par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le Secrétaire général a rappelé que les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Paris ne représentent qu’un tiers de ce qui est requis d’ici 2030 pour éviter les pires impacts du changement climatique. M. Guterres a estimé que l’élévation de température de 2 degrés Celsius serait « catastrophique ».

Dans ce contexte, et à la lumière des ouragans dévastateurs qui viennent de frapper les Caraïbes et des autres phénomènes météorologiques extrêmes qui se sont produits ailleurs, le chef de l’ONU a souligné l’urgence d’une action climatique. « Cela signifie transformer les systèmes énergétiques mondiaux. Cela signifie promouvoir des technologies modernes qui peuvent répondre aux besoins énergétiques sans polluer l’environnement et sans libérer des gaz à effet de serre dans l’atmosphère », a expliqué M. Guterres.

Pour le Secrétaire général, le symposium organisé à New York peut contribuer à montrer la voie à travers des présentations politiques et techniques sur la façon de renforcer l’interconnexion énergétique mondiale à travers le déploiement des réseaux intelligents. « Avec les réseaux intelligents, il est maintenant possible de générer, transmettre et distribuer l’énergie efficacement, en réduisant les pertes de transmission et en fournissant des services énergétiques propres, abordables, économiquement viables et respectueux de l’environnement », a-t-il déclaré.

Faisant écho au sentiment d’urgence du chef de l’ONU, Liu Zhenmin, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires économiques et sociales, a déclaré que le Programme de développement durable à l’horizon 2030, avec ses 17 ODD et ses 169 cibles, met fortement l’accent sur les interconnexions. Ainsi, par exemple, les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’ODD7 en matière d’énergie auront inévitablement des répercussions sur la réalisation d’autres objectifs.

« De même, sans un accès accru à l’énergie moderne, à l’efficacité énergétique et à l’énergie renouvelable, il n’y aura pas de progrès dans l’action climatique », a déclaré M. Liu, soulignant la nécessité de passer d’une logique de silo à celle de la synergie.