Progrès isolés et revers alarmants dans la participation des femmes aux processus de paix, selon l’ONU

En dépit de progrès isolés, la participation des femmes aux processus de paix et politiques a connu au cours de l’année écoulée des revers alarmants, a déclaré vendredi la Directrice exécutive d’ONU-Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka, lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la question des femmes, de la paix et de la sécurité.

Venue présenter le dernier rapport du Secrétaire général de l’ONU sur la question, a cité en exemple l’Accord de paix appliqué en Colombie, qui est conforme aux exigences de la résolution 1325 (2000), laquelle demandait aux États membres « de faire en sorte que les femmes soient davantage représentées à tous les niveaux de prise de décisions dans les institutions et mécanismes nationaux, régionaux et internationaux pour la prévention, la gestion et le règlement des différends ».

Cette résolution avait aujourd’hui un visage et une voix, celles de Charo Mina-Rojas, coordonnatrice nationale de « Proceso de Comunidades Negras », qui a expliqué avoir pris part au processus de paix « historique » entre le gouvernement colombien et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Un accord appelé selon elle à faire école, dans la mesure où il fait de la perspective « genre » un principe intersectoriel et offre d’importantes garanties en vue d’assurer l’autonomie, la protection et la promotion des droits des peuples d’ascendance africaine dans une perspective « genre, famille et génération ».

Malheureusement, a constaté Mme Mlambo-Ngcuka, la Colombie semble être une exception dans le monde, comme en témoigne le fait que l’absence des femmes à la table des négociations est « plus souvent la norme que l’exception ». Victimes d’une véritable « marginalisation politique » dans le cadre des pourparlers de paix, celles-ci ne représentent que 3% des Casques bleus déployés dans le cadre des opérations de maintien de la paix de l’ONU, un chiffre jugé « inacceptable » en 2017, a tranché la Chef de cabinet du Secrétaire général, Maria Luiza Ribeiro Viotti.

Engagé dans des discussions avec les pays fournisseurs de contingents, le Secrétariat de l’ONU est en outre déterminé à accroître le nombre de femmes médiatrices, a assuré la haut-fonctionnaire, qui s’est lancée dans un plaidoyer en faveur des partenariats avec les organisations régionales et internationales et la société civile.

Mme Viotti a cependant regretté les très nombreux exemples d’initiatives de prévention menées par les femmes qui sont soit insuffisamment appuyés soit déconnectés des mécanismes nationaux et régionaux d’alerte rapide ou des organes décisionnels en général.

Elle a insisté sur la prévention, comme pilier essentiel de l’agenda sur les femmes, la paix et la sécurité et priorité du Secrétaire général. Les liens entre prévention et égalité des sexes, a-t-elle dit, sont non seulement nombreux mais très clairs. Elle a regretté les très nombreux exemples d’initiatives de prévention menées par les femmes qui sont soit insuffisamment appuyés soit disconnectés des mécanismes nationaux et régionaux d’alerte rapide ou des organes décisionnels en général.

Le Secrétaire général, a assuré sa Chef de Cabinet, est fermement déterminé à promouvoir l’égalité des sexes dans le travail de paix et de sécurité de l’ONU et à investir dans l’analyse de cette égalité dans les conflits.

Le Secrétaire général a aussi mis en place un plan concret pour parvenir à la parité entre les sexes au sein de l’ONU. Comme cette parité est en échec dans les opérations de maintien de la paix, il travaille avec les pays contributeurs de troupes et de police pour accroître le nombre des femmes en uniforme.

L’Organisation travaille aussi, a poursuivi la Chef de Cabinet, à accroître sa réserve de médiatrices. Les propositions de réforme de l’architecture paix et de sécurité du Secrétariat mettront aussi un accent fort sur le renforcement du lien entre les stratégies politique et l’expertise genre.