La réalisation des Objectifs de développement durable passe par la protection de la diversité culturelle, selon l’UNESCO

Des membres de l’Ensemble académique national de la chanson et danse folkloriques de Mongolie se produisent au siège de l’ONU pour célébrer la diversité culturelle. Photo: ONU / Ryan Brown (archive)

A l’occasion de la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement, la Directrice générale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Irina Bokova, a appelé dimanche à faire des Objectifs de développement durable (ODD) une réalité et à résister aux menaces qui pèsent sur notre diversité culturelle. « Dans le monde entier, les extrémistes violents ont pris des minorités culturelles pour cible et détruit notre patrimoine commun, afin d’affaiblir les liens fondamentaux des peuples avec leur histoire », a déploré Mme Bokova dans un message publié à l’occasion de la Journée. « À un autre niveau, l’urbanisation sauvage menace nos villes d’uniformisation, en appauvrissant leur diversité sociale et leurs identités ».

Célébrée chaque 21 mai, la Journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et le développement est l’occasion de célébrer les bienfaits considérables de la diversité culturelle, notamment le riche patrimoine immatériel de l’humanité, et de réaffirmer l’engagement des femmes et des hommes à bâtir un monde plus pacifique, fondé sur les valeurs de la compréhension mutuelle et du dialogue entre les cultures.

Faisant un parallèle avec la diversité naturelle qui « est indispensable au maintien des écosystèmes », la Directrice générale a rappelé que la diversité culturelle est un élément essentiel des sociétés dynamiques.

« La diversité culturelle introduit des idées et des perspectives nouvelles qui enrichissent notre existence à d’innombrables égards, nous permettent de croître et de nous épanouir ensemble », a souligné Mme Bokova. « Une salle de classe diverse sur le plan culturel est non seulement plus inclusive, mais elle encourage aussi l’apprentissage et la réussite des élèves », a-t-elle ajouté.

Les avantages de la diversité culturelle ne se limitent pas au cadre scolaire. Ils sont également visibles dans le monde du travail. La chef de l’UNESCO a ainsi souligné qu’un cadre de travail multiculturel est non seulement plus innovant, mais est aussi plus productif et plus rentable économiquement.

« En adoptant le Programme de développement durable à l’horizon 2030, la communauté internationale a reconnu le rôle essentiel de la culture comme moteur du changement et du développement », a rappelé Mme Bokova.

L’UNESCO dispose à ce jour de sept conventions culturelles qui favorisent la promotion de la diversité culturelle en affirmant son atout indispensable pour éliminer la pauvreté et pour réaliser le développement durable.

« À moins d’exploiter la puissance et le potentiel créatif que recèlent les différentes cultures de l’humanité et d’engager un dialogue permanent pour veiller à ce que tous les membres de la société bénéficient des avantages du développement, il sera impossible d’atteindre ces 17 objectifs », a prévenu la Directrice générale.

« L’injustice, où qu’elle se produise, menace la justice partout ailleurs. Nous sommes pris dans un réseau inéluctable de relations mutuelles tissé dans une destinée commune », a déclaré Mme Bokova, citant le pasteur américain et figure historique du mouvement des droits civiques, Martin Luther King Jr.

« Dans cet esprit, je suis convaincue que nous avons besoin d’un nouvel humanisme pour le XXIe siècle, afin d’insuffler une vigueur nouvelle aux aspirations fondamentales envers la justice, la compréhension mutuelle et la dignité qui guident toutes les femmes et tous les hommes », a-t-elle ajouté.

En se fondant sur les droits de l’homme, l’UNESCO estime que les différences et la diversité rendent les femmes et les hommes plus forts et que le respect de la diversité culturelle est essentiel pour favoriser le dialogue interculturel, le développement durable et la paix. « En acceptant notre diversité culturelle, nous pouvons « tisser » pour nous tous un destin encore plus prometteur », a conclu Mme Bokova.