Un expert des Nations Unies déclare que les droits de l’Homme devraient forger les réformes économiques  en Tunisie

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Photo : ONU – l’Expert indépendant Juan Pablo Bohoslavsky

TUNIS (28 Février 2017) – Un expert des Nations Unis a déclaré que l’investissement dans les droits sociaux et économiques pourrait renforcer la croissance inclusive,  évitera l’extrémisme violent et consolidera la démocratie en Tunisie. Parlant à la fin d’une visite officielle en Tunisie, l’expert indépendant des Nations Unies sur la dette extérieure et le plein exercice de tous les Droits de l’Homme, Juan Pablo Bohoslavsky, a souligné que  : « La Révolution Tunisienne de 2011 s’est traduit par des améliorations significatives des droits civiques et politiques ». et que les libertés acquises doivent maintenant être consolidées par des progrès similaires dans le domaine des droits économiques, sociaux et culturels. 

  1. Bohoslasky a souligné que la notion de croissance sociale inclusive était absente des réformes des politiques économiques appuyées par les institutions financières internationales Sous le régime de l’ancien président Ben Ali. Il a déclaré que l’hypothèse est que la croissance économique seule améliorerait le niveau de vie. Mais la réalité est que beaucoup sont laissés pour compte.

« Les politiques économiques en Tunisie doivent être guidées par les Objectifs de Développement Durable des Nations Unies et les obligations de la Tunisie en matière de tous les droits de l’homme ». Il a aussi souligné que : « Personne ne devrait être laissé pour compte ». a affirmé Mr Bohoslavsky.

« Les institutions financières internationales, les prêteurs bilatéraux et les autorités tunisiennes doivent faire des droits économiques et sociaux une priorité et continuer à appuyer les efforts nationaux pour lutter contre la corruption et les flux financiers illicites »,.

Il a aussi souligné l’importance du respect par la communauté internationale de ses obligations dans le cadre de la Convention des Nations Unies contre la Corruption et de s’assurer de la restitution rapide des avoirs acquis illicitement sous le régime Ben Ali, en étroite collaboration avec les autorités tunisiennes.

« En aucun cas il ne devrait y avoir d’impunité pour le détournement de fonds publics à grande échelle » a souligné M. Bohoslvaksy. « Il doit y avoir une responsabilité pour les crimes financiers graves sous le régime Ben Ali, ainsi que pour les intermédiaires qui ont facilité le flux des fonds illicites. Le role prêteurs étrangers et des bailleurs de fonds qui ont financièrement assisté le régime Ben Ali pendant de longues années devra aussi être examiné.

  1. Bohoslavsky a ajouté qu’ : « Un meilleur contrôle des opérations de prêts et d’emprunts, la transparence et la participation publique sont cruciaux pour s’assurer que les ressources publiques soient affectées à la réalisation des droits de l’homme et des Objectifs du Développement Durable. La dette publique ne doit pas créer des vulnérabilités économiques, sociales ou politiques, mais contribuer à une croissance sociale et un développement inclusifs »

̎Les droits de l’Homme, la justice sociale et la redevabilité ne doivent pas être lorsqu’on établit un environnement favorable pour l’investissement national et étranger productif : ce sont des conditions préalables pour la croissance inclusive a conclu l’expert.

  1. Bohoslavsky, qui a visité le pays à l’invitation des autorités tunisiennes, a rencontré plusieurs ministres, des hauts fonctionnaires de l’état et des membres du Parlement. Il a aussi eu des réunions avec des représentants des institutions financières internationales et organisations internationales, des organismes nationaux des droits de l’homme et de lutte anti-corruption, de la société civile et les universitaires.

Ses conclusions et recommandations clés seront présentées dans un rapport détaillé à une prochaine réunion du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies.

FIN

Lire sa déclaration complète de fin de mission.

Juan Pablo Bohoslavsky (Argentine) a été nommé comme expert indépendant chargé d’examiner les effets de la dette extérieure et des droits de l’homme par le Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies le 8 Mai 2014. Avant cela, il travaillait comme Expert de la Dette Souveraine pour la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) où il a coordonné un Groupe Expert sur le La Dette Souveraine Responsable. Son mandat couvre tous les pays et a été récemment renouvelé par la résolution 25/16 du Conseil des Droits de l’Homme. Il est indépendant de tout gouvernement ou organisation et exerce à titre personnel.

Les Rapporteurs Spéciaux font partie de ce qui est connu comme les Procédures Spéciales du Conseil des Droits de l’Homme. Les Procédures Spéciales, le plus grand organisme d’experts indépendants au sein du système des Droits de l’Homme des Nations Unies, est le nom général pour les mécanismes indépendants de recherche de faits et de monitoring du Conseil, qui traitent soit les situations spécifiques des pays ou les questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des Procédures Spéciales travaillent sur une base volontaire ; ils ne sont personnel des Nations Unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou toute organisation, et exerce à titre personnel.

UN Human Rights, country page: Tunisia

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