Le travail décent au service de la justice sociale

Photo OIT : Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.

A l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, souligne le défi que constitue la réduction des écarts économiques et sociaux issus des inégalités croissantes. « Nous célébrons cette Journée mondiale de la justice sociale dans un contexte de grande incertitude. La pauvreté et les conflits continuent de dévaster la vie de nombreuses personnes tandis que des sociétés plus prospères ont vu s’amplifier les inégalités. »

La mondialisation avait fait miroiter une ère de prospérité mais ses bénéfices ont été répartis de manière inégale. Paradoxalement, alors que le monde est plus connecté que jamais, des fractures sociales et économiques apparemment irréparables se sont ouvertes. Des millions de personnes se sentent laissées pour compte, exclues. Elles ressentent au quotidien l’absence de justice sociale: des enfants sans avenir sûr, des parents sans emploi décent et une sensation générale d’abandon. Un sentiment d’injustice prévaut dans de nombreux secteurs. Les conséquences pour les populations, les sociétés et les économies sont graves.

La pénurie d’emplois décents et la crainte que les aspirations à un avenir meilleur restent insatisfaites sont de grands motifs d’inquiétude dans la population, elles alimentent l’incertitude. Les jeunes gens ne trouvent pas leur place dans la société. Ces sentiments sont encore plus vifs dans les situations de conflit, de fragilité et de bouleversement où s’expriment souvent trois désirs fondamentaux: rentrer chez soi, gagner dignement sa vie en travaillant et garantir la sécurité et la scolarisation de ses enfants.

Notre défi commun est de proposer des alternatives économiques capables d’offrir des possibilités de travail décent sur lesquelles reposent la stabilité et la réussite de nos sociétés. Nous avons besoin de solutions qui nous éloignent des conflits et nous conduisent vers la reconstruction et vers une croissance économique alliée au progrès social; des solutions qui permettent de construire des institutions basées sur les normes du travail, garantes des droits au travail. Dans un monde interdépendant, c’est un programme global et une responsabilité mondiale.

Le mandat fondateur de l’OIT trouve son origine dans le principe Si vis pacem, cole justitiam, «Si tu veux la paix, cultive la justice». Ces mots, écrits il y a près de cent ans quand le monde sortait des ravages de la guerre, n’ont rien perdu de leur force. A travers notre action dans le monde du travail, nous rejoignons la famille des Nations Unies pour réaffirmer notre engagement à agir en faveur de sociétés équitables et inclusives qui permettent de bâtir la paix sur des fondements solides.