Message de Mme Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, à l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes 2 novembre 2016

irina bokova

Photo : UNESCO

L’impunité entraîne l’impunité. C’est l’injustice généralisée.

Depuis 2006, l’UNESCO a condamné l’assassinat de plus de 800 journalistes. Moins de 7 % de ces crimes ont été élucidés. En 1963, Martin Luther King Jr. écrivait : « L’injustice, où qu’elle se produise, menace la justice partout ailleurs. Nous sommes pris dans un réseau inéluctable de relations mutuelles tissé dans une destinée commune. Ce qui touche directement l’un de nous nous touche tous indirectement. » 

L’impunité est un crime contre l’exercice de la liberté d’expression et, plus généralement, contre les droits de l’Homme. Elle enhardit les criminels, menace l’état de droit et engendre la peur et l’autocensure. Toute la société en pâtit.

Aujourd’hui, nous avons besoin que tous s’engagent à nouveau à créer un environnement libre et sûr pour les journalistes. Nous devons nous mobiliser à nouveau pour mettre en œuvre le Plan d’action des Nations Unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité, dont l’UNESCO est le fer de lance. Plus que jamais, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger les journalistes et combattre l’impunité. Cela est essentiel à la réalisation de l’Objectif de développement durable 16.10, qui vise à garantir l’accès public à l’information et à protéger les libertés fondamentales.

Nous devons presser le pas. Les Nations Unies ont adopté, pour promouvoir la sécurité des journalistes et mettre un terme à l’impunité pour les attaques dont ils sont la cible, plusieurs résolutions historiques. À travers le monde, l’UNESCO renforce, avec les gouvernements, les ONG, les associations professionnelles et les journalistes, l’aptitude des institutions judiciaires et des forces de l’ordre à assurer la sécurité et à faire respecter l’état de droit. De plus en plus d’États intègrent les normes internationales de sécurité des journalistes à leur législation et à leurs textes de loi relatifs aux médias.

Nous devons tous faire davantage.

En cette Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes, j’appelle les États membres à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour traduire les auteurs de ces crimes devant la justice, en développant et en renforçant leurs lois et leurs procédures conformément au droit international humanitaire et aux résolutions existantes des Nations Unies.

J’exhorte les médias, la société civile, la police et les institutions judiciaires à intensifier l’action qu’ils mènent pour prévenir la violence à l’égard des journalistes, à renforcer la protection de ceux qui sont menacés et à traduire en justice leurs agresseurs.

J’encourage chacun à se tenir aux côtés de l’UNESCO pour condamner chaque meurtre de journaliste, réclamer des enquêtes approfondies concernant ces crimes et exiger des condamnations appropriées à l’encontre de leurs auteurs.

Nous devons tous redoubler d’efforts pour sensibiliser l’opinion à l’importance de la liberté d’expression, laquelle comprend le droit de s’exprimer sans craindre des représailles violentes.

Tel est le message de l’UNESCO en cette Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes.

Irina Bokova