Drogues : l’ONU adopte une nouvelle approche faisant des personnes la priorité

Héroïne. Photo ONUDC (archives)

Héroïne. Photo ONUDC (archives)

L’Organisation des Nations Unies a adopté, mardi 19 avril 2016,  une nouvelle approche mettant les personnes au centre des politiques mondiales sur le contrôle des drogues, ce qui permettra de promouvoir une action concertée en la matière, a estimé le chef de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC), Yury Fedotov.

« Faire des gens la priorité signifie que nous réaffirmons les principes du système mondial de contrôle des drogues et l’accent mis sur la santé et le bien-être de l’humanité », a déclaré M. Fedotov à la l’ouverture de la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le problème mondial de la drogue. Cette session extraordinaire qui doit durer trois jours a débuté par l’adoption par les 193 Etats membres du nouveau cadre de la lutte contre le problème mondial de la drogue, rédigé le mois dernier à Vienne par la Commission des stupéfiants (CND), principal organe de décision politique de l’ONU sur cette question. Le document reconnaît que pour traiter et lutter contre le problème mondial de la drogue, l’accent doit être mis sur les individus, les familles, les collectivités et la société dans son ensemble, afin de promouvoir et de protéger la santé, la sécurité et le bien-être de toute l’humanité.

« Faire des gens la priorité signifie des approches équilibrées fondées sur la santé et les droits de l’homme et faisant la promotion de la sûreté et de la sécurité de toutes nos sociétés », a ajouté M. Fedotov. « Faire des gens la priorité veut dire se tourner vers l’avenir et reconnaître que les politiques de contrôle des drogues doivent avant tout protéger le potentiel des jeunes et favoriser leurs modes de vie sains et leur développement en toute sécurité ».

M. Fedotov a en outre souligné que les pays ayant des ressources et des capacités limitées pour faire face aux menaces à la paix, à la sécurité, au développement et à la santé que posent les drogues illicites ont besoin d’être assistés, y compris par un soutien aux moyens de subsistance alternatifs, par le renforcement des moyens des forces de l’ordre et du système judiciaire pour lutter contre l’offre, et par l’amélioration des services de prévention et de traitement.

Dans un discours lors de cette session extraordinaire, le Vice-Secrétaire général de l’ONU, Jan Eliasson, a reconnu que certains aspects des politiques concernant la drogue sont sensibles et controversés. « Je sais aussi que certains pays et certaines régions ont souffert plus que d’autres. Il est donc important que nous nous écoutions les uns aux autres et que nous apprenions des expériences des uns et des autres, et surtout de la façon dont le bien-être des personnes est affecté », a-t-il dit. M. Eliasson a estimé que la communauté internationale devrait se concentrer sur les nouveaux défis et menaces, y compris l’émergence de nouvelles substances psychoactives.

« Les États membres de l’ONU, l’ONUDC et l’ensemble du système des Nations Unies doivent répondre de façon rapide, efficace et souple », a-t-il insisté. « Nous devons fonder nos décisions sur la recherche, les données et les preuves scientifiques. Et nous ne devons pas hésiter à adopter de nouvelles idées et de nouvelles approches, même si elles peuvent parfois remettre en question les hypothèses traditionnelles ».

De son côté, le Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Mogens Lykketoft, a rappelé qu’il y a un peu plus de six mois, les États membres de l’ONU se sont réunis dans cette même salle pour adopter le Programme de développement durable à l’horizon 2030 signalant aux gens partout dans le monde que la transition vers un monde plus juste et plus durable avait commencé. Il a noté que lors de cette session extraordinaire de trois jours, les États examineront les défis associés au problème mondial de la drogue et la meilleure façon de les aborder. « Aucun pays ne peut nier que la lutte contre ce problème est une responsabilité commune et partagée », a souligné M. Lykketoft.