Briefing sur l’Accord de Paris

IMG_1827Le Centre d’Information des Nations Unies à Tunis a organisé, mercredi 19 avril 2016, un briefing sur l’Accord de Paris, à l’attention de journalistes tunisiens intéressés par la réponse internationale au défi du changement climatique. Deux experts de l’ONU, à savoir M. Selwin Hart, Directeur de l’équipe Changement Climatique du Secrétaire général, et M. Dan Shepard, Chargé de l’Information au Département de l’Information publique (DPI), ont répondu aux questions des journalistes rassemblés dans plusieurs centres d’information dans le monde.

En réponse aux questions qui leur ont été adressées par les participants tunisiens, les experts ont notamment évoqué les points suivants :

-L’Accord de Paris consacre le principe de la responsabilité partagée et différenciée ;

– Un mécanisme de Mesure, de Reporting et de Vérification (MRV) permettra d’évaluer la mise en œuvre effective de l’Accord ;

-Grâce à la mobilisation historique autour de l’Accord de Paris, il sera possible de mobiliser les fonds nécessaires – estimés à 100 milliards de dollars par an à l’horizon 2020 —  pour financer les actions d’adaptation et d’atténuation dans le monde.

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A Paris, les 196 Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (UNFCCC) se sont engagés à faire face à l’écart sensible entre :

  • les actions que les pays se sont engagés à entreprendre afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre;
    et
  • ce qui est nécessaire pour maintenir la hausse de la température moyenne mondiale nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Il a également été convenu de poursuivre les efforts en vue de limiter la hausse de température à 1,5 °C.

Si le monde demeure sur la voie actuelle (business as usual), la hausse de la température moyenne mondiale pourrait dépasser les 3 °C au cours de ce siècle.

Plan d’actions pour le climat

Reconnaissant qu’il est nécessaire d’accélérer l’action pour le climat, le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon a identifié deux impératifs urgents au Sommet 2014 sur les changements climatiques : accélérer la mobilisation pour parvenir à un accord effectif sur le climat et renforcer sensiblement l’action en faveur du climat à travers le monde.

Le Sommet 2014 sur les changements climatiques a donné naissance à la notion de Plan d’actions pour le climat – effort concerté mais informel visant à inciter les gouvernements, les entreprises et la société civile à s’unir derrière de nouvelles initiatives destinées à promouvoir l’action en faveur du climat. Ce sommet a débouché sur de nouveaux partenariats et initiatives entre de multiples parties prenantes sur les forêts, les énergies renouvelables, des moyens de transport durables, la résilience, le financement et d’autres aspects critiques de la lutte contre les changements climatiques.

Présentation du Plan d’actions pour le climat à Paris

L’appui au Plan d’action pour le climat s’est accentué en décembre 2014 à la Conférence de Lima sur les changements climatiques, avec le lancement d’un portail Web – Nazca (nom inspiré d’anciens tracés découverts dans le désert péruvien) – destiné à permettre à tous les acteurs d’y inscrire leurs engagements, et le Plan d’actions Lima-Paris, qui a pour objet d’accélérer encore la prise croissante d’engagements et la formation de partenariats entre villes, régions, entreprises et organisations de la société civile en faveur de la lutte contre les changements climatiques et du lancement d’initiatives de coopération concrètes, ambitieuses et durables. Les entreprises, les villes, les régions et les investisseurs peuvent à présent inscrire directement les actions qu’ils s’engagent à entreprendre sur un site Internet – le portail NAZCA (Non-State Actor Zone for Climate Action) (Zone d’action climatique pour acteurs non étatiques) (http://climateaction.unfccc.int/).

Le Plan d’action Lima-Paris est une initiative lancée par la France, le Pérou, le Secrétaire général des Nations Unies et le Secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Ce plan a également permis d’appuyer et faire progresser certains engagements antérieurs, tels que ceux lancés au Sommet 2014 sur les changements climatiques.

Ce plan d’action a permis de mobiliser des milliards de dollars supplémentaires pour des investissements dans l’économie à faible émission de carbone afin de renforcer la résilience du climat dans toutes les régions du monde.

En même temps qu’il présente les nombreuses initiatives importantes lancées à travers le monde, il offre des solutions applicables et à prix abordable qui produisent déjà des résultats.

Résultats :

  • Plus de 11 000 engagements, pris par près de 10 000 acteurs de 180 pays, sont déjà inscrits sur le portail NAZCA.
  • 1,25 milliard de personnes bénéficient des engagements inscrits sur ce portail par 2 300 villes, 150 régions, 2 100 entreprises, 440 investisseurs et 240 organisations de la société civile.
  • Des centaines de milliards de dollars ont été réorientés vers des investissements dans la transition vers une économie à faible émission de carbone et résiliente au changement climatique, et un tiers des 2 000 plus grandes entreprises mondiales, représentant un marché d’une valeur équivalente à l’ensemble combiné des PIB de l’Allemagne, de la Chine et du Japon, ont pris des engagements en faveur de la lutte contre les changements climatiques.
  • Les engagements pris par les villes et les régions couvrent environ 1,25 milliard de personnes, soit 17 % de la population mondiale.
  • 97 des 300 plus grandes villes du monde classées selon leur PIB et dont le PIB combiné représente près de 20 billions de dollars, sont engagées dans la lutte contre les changements climatiques.
  • Près d’un tiers (609) des 2 000 plus grandes entreprises recensées par Forbes (2014) à travers le monde sont inscrites sur le portail NAZCA.
  • Ces 609 entreprises représentent un revenu global de 19,2 billions de dollars, équivalent aux PIB combinés de l’Allemagne, de la Chine et du Japon en 2015**.
  • Des centaines de milliards de dollars des États-Unis ont été réorientés vers la lutte contre les changements climatiques, notamment vers les portefeuilles de décarbonisation, de désinvestissement dans les combustibles fossiles et dans les investissements proclimat.
  • 25 % des plus grandes entreprises mondiales s’engagent dans la lutte contre les changements climatiques.
  • Environ 15 % de la totalité des engagements prévoient un prix pour le carbone.
  • 75 grandes initiatives de coopération entre de multiples parties prenantes pour une action climatique à l’échelle mondiale ayant un impact sur certains aspects essentiels tels que la résilience; les transports moins polluants; le développement des énergies renouvelables; un accroissement du rendement énergétique; la protection des forêts; l’action locale à l’échelon sous-national; les entreprises et l’innovation; l’agriculture; la mobilisation des ressources financières; la construction de bâtiments sans incidence sur le climat; et les effets à court terme de la pollution.

L’avenir

L’Accord de Paris a salué les efforts d’entités non parties en vue d’accentuer leur lutte contre les changements climatiques et préconisé une action renforcée sur l’atténuation et l’adaptation. L’Accord « note avec satisfaction les résultats du Programme d’action Lima-Paris, qui s’appuient sur le sommet sur le climat organisé le 23 septembre 2014 par le Secrétaire général de l’ONU ». Il préconise la poursuite de l’engagement des entreprises et de la société civile et demande qu’une manifestation soit consacrée au Plan d’actions à toutes les prochaines conférences sur le climat.

 

Pour plus de renseignements, consulter :

Lima-Paris Action Agenda website – http://newsroom.unfccc.int/lpaa/
NAZCA website – http://climateaction.unfccc.int/

UN Sustainable Development website –http://www.un.org/sustainabledevelopment/climatechange/