ECOSOC: Le cinquième Forum de la jeunesse réaffirme l’idée que les jeunes sont des partenaires clefs dans la mise en œuvre du Programme de développement durable à l’horizon 2030

Special Event

Special Event

« Les jeunes prennent des mesures pour mettre en œuvre le Programme de développement durable à l’horizon 2030 » était le thème du cinquième Forum de la jeunesse du Conseil économique et social (ECOSOC) qui s’est achevé, cet après-midi, au Siège de l’ONU à New York.  C’est bien le message qui est ressorti de deux journées de réunions plénières et d’une série de tables rondes, auxquelles ont participé de nombreux jeunes et hauts responsables gouvernementaux, dont de nombreux ministres.

Les jeunes ont saisi avec enthousiasme cette occasion qui leur était donnée pour démontrer, devant le monde entier, qu’ils étaient déterminés à se consacrer de manière active à la réalisation d’un développement durable.  De leur côté, les États Membres ont montré qu’ils étaient prêts à les écouter et à leur confier des responsabilités dans ce processus.

Impressionné par l’engagement des jeunes lors de ce cinquième Forum et des précédents, le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Wu Hongbo, leur a demandé de transmettre autour d’eux l’énergie qui s’est dégagée de cette session.  Il a prévenu que les changements pour lesquels ils œuvrent se mesureront aux niveaux d’équité des sociétés à venir, ce qui passe nécessairement par des emplois décents.

Lancée hier par le Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), l’Initiative mondiale en faveur d’emplois décents pour les jeunes, a été saluée par le Président de l’ECOSOC, M. Oh Joon*, qui a exprimé sa reconnaissance au Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, et à tout le système des Nations Unies.  Les jeunes, a-t-il assuré, joueront un rôle important pour demander des comptes au système de l’ONU.  Il a aussi encouragé les jeunes entrepreneurs, professionnels et politiciens, qui sont des partenaires clefs dans la mise en œuvre du Programme 2030, à promouvoir leurs propres solutions aux problèmes qui les touchent.

L’Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Mme Helen Clark, s’est félicitée de l’enquête en ligne intitulée « Mon monde » qui a permis à 10 millions de jeunes, dont 70% de moins de 30 ans, d’exprimer leurs priorités.  Elle a mis l’accent sur l’accès des jeunes aux services de santé, notamment la santé sexuelle et génésique, sur la parité entre les sexes et sur l’autonomisation des femmes.  Le PNUD va lancer un nouveau projet mondial pour l’emploi des jeunes, le développement et la paix, en faveur notamment des jeunes entrepreneurs, des jeunes femmes et des jeunes marginalisés, a-t-elle annoncé.

« Il faut ouvrir la porte aux jeunes et leur parler », a insisté l’Envoyé du Secrétaire général pour la jeunesse, M. Ahmad Alhendawi, en donnant l’exemple de son interaction avec eux.  Compte tenu de l’espérance de vie dans certains pays, des jeunes d’aujourd’hui ne seront même plus en vie dans 15 ans, a-t-il prévenu en soulignant l’urgence.  « Quel est l’intérêt de faire des promesses si on ne les tient pas! » s’est-il exclamé.

Tôt ce matin, cinq séances parallèles se sont tenues, chacune étant consacrée aux principales priorités régionales pour l’épanouissement de la jeunesse.  Puis, des experts de ces questions ont donné des pistes pour « promouvoir les jeunes en tant que partenaires dans la mise en œuvre du Programme 2030 », thème de la table ronde.

Plusieurs priorités ont ainsi été présentées, comme l’amélioration de l’accès des jeunes à une éducation de qualité, à des emplois décents ou encore aux services de santé.  La jeune femme qui dirige le YMCA de Pristina, au Kosovo, a attiré l’attention sur la vulnérabilité particulière des jeunes vivant dans des climats de conflit et de persécution.  Le représentant de la jeunesse des Pays-Bas auprès de l’ONU a attiré l’attention sur le nombre élevé de jeunes recrutés au Moyen-Orient l’an dernier par l’État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL).

Les appels ont été nombreux pour que les responsables gouvernementaux et la société civile fassent confiance aux jeunes.  « Donnez-nous notre chance, faites-nous une place et, ensemble, nous changerons le monde », a lancé la Coordonnatrice de l’Association des femmes peules et autochtones du Tchad.

Des intervenants ont toutefois soulevé la question du financement de la participation des jeunes aux réunions internationales.  Il faut, ont-ils dit, trouver les moyens de faire venir les jeunes de tous les coins du monde, sans se contenter de les faire participer par vidéo, une question que l’Envoyé spécial pour la jeunesse a prise très à cœur.

Dans la discussion de l’après-midi sur les « partenariats novateurs impliquant les jeunes dans la mise en œuvre du Programme 2030 », des participants ont recommandé de s’appuyer sur les médias sociaux et les technologies de l’information et de la communication dont l’utilisation et la maîtrise sont surtout l’apanage des jeunes.

Ces appels ont fait écho parmi les délégations d’États Membres qui ont réaffirmé leur engagement de créer un environnement propice à l’implication des jeunes dans les politiques et les mesures pour le développement durable.  De l’avis de la déléguée du Mexique, il faudrait maintenant que tous les gouvernements aient un ministère de la jeunesse et qu’ils encouragent le recrutement des jeunes.  Le Ministre des sports et des jeunes du Suriname a donné l’exemple du parlement des jeunes dans son pays, ainsi que des programmes d’ambassadeurs des Objectifs du Millénaire pour le développement et d’ambassadeurs de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) destinés aux jeunes.

Plusieurs invitations ont été lancées aux jeunes pour qu’ils participent à des évènements comme le Congrès quadriennal de l’Union internationale pour la conservation de la nature, prévu cette année à Hawaï, et le Festival de la jeunesse et des étudiants qui aura lieu en 2017, en Fédération de Russie.