Le Président de Chypre appelle à s’attaquer aux causes de l’instabilité au Moyen-Orient

Le Président de la République de Chypre, Nicos Anastasiades, a estimé mardi que la communauté internationale n’avait pas réussi à saisir les complexités du Moyen-Orient, ce qui explique en partie l’arrivée massive en Europe de réfugiés et de migrants en provenance de cette région. Dans un discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le Président chypriote s’est interrogé sur ce que la communauté internationale n’a pas su faire pour éviter cette « horrible crise humanitaire »« Avons-nous négligé de prendre les mesures nécessaires pour éviter cette crise ? Notre stratégie était-elle adéquate ? Avons-nous échoué à prévoir les évènements ? »

Rappelant la proximité géographique de Chypre avec le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord et ses liens historiques, politiques, sociaux et culturels, il s’est dit persuadé que « la communauté internationale n’a pas réussi à apprécier suffisamment les complexités de ladite région ».

« Dans le même temps, les effets des interventions et des intérêts étrangers n’ont pas apporté les résultats attendus parce qu’ils n’ont pas réussi à prendre en compte et appréhender les caractéristiques internes et les sensibilités particulières de ces nations », a-t-il ajouté.

Selon lui, « même si nous pensons que seule la Jordanie, la Turquie, le Liban et ensuite l’Europe sont touchées par la crise actuelle des réfugiés, nous ne parvenons pas à reconnaître que si cette crise perdure, d’autres pays et continents vont être affectés ».

Le Président chypriote a estimé que pour « inverser ces évolutions inquiétantes », il fallait faire du développement durable une réalité au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Pour y arriver, M. Anastasiades a jugé nécessaire de « s’attaquer aux causes profondes qui ont conduit à cette situation sans précédent : l’instabilité politique et l’insécurité économique ».

« Il ne suffit pas d’agir contre ces individus responsables des attaques terroristes. Nous devons diriger nos efforts vers ceux qui facilitent le terrorisme. Il ne suffit pas de sauver les gens de bateaux qui coulent. Nous devons diriger nos efforts contre les trafiquants d’être humains », a-t-il ajouté. « Il ne suffit pas d’aider financièrement les migrants économiques. Nous devons nous efforcer de créer les conditions socio-économiques pour faire en sorte que ces personnes ne quittent pas leurs pays ».