L’ONU juge impératif de préserver le statu quo sur les lieux saints à Jérusalem

Le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, a jugé mardi qu’il était impératif de maintenir le statu quo concernant les lieux saints dans la Vieille ville de Jérusalem, où des affrontements ont récemment eu lieu. 

« Je commence mon exposé aujourd’hui en tenant à exprimer mon inquiétude concernant la violence et les affrontements dans et autour des lieux saints de la Vieille ville de Jérusalem », a dit M Mladenov devant les membres du Conseil de sécurité lors d’une réunion consacrée à la situation au Moyen-Orient.

Selon lui, ces incidents « ont le potentiel de susciter de la violence bien au-delà des murs de la Vieille ville de Jérusalem ». Il a demandé instamment à tous les acteurs politiques, aux dirigeants communautaires et religieux de s’assurer que les visiteurs et les fidèles fassent preuve de retenue et de respect envers le caractère sacré de la zone.

« Toutes les parties ont la responsabilité de s’abstenir de toute provocation et rhétorique incendiaire. Il est impératif que le statu quo historique soit préservé, conformément aux accords conclus entre Israël et Sa Majesté le Roi de Jordanie, qui est le garant des lieux saints musulmans à Jérusalem », a-t-il ajouté.

S’agissant du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, Nickolay Mladenov a souligné qu’au cours des trois derniers mois, les envoyés du Quatuor pour le Moyen-Orient ont consulté de manière active l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, la Ligue des Etats arabes, le Conseil de coopération du Golfe, et les partenaires internationaux clés sur la façon de préserver la solution à deux Etats et d’établir les conditions pour que les parties au conflit reviennent à des négociations de fonds.

« Toutes nos discussions ont mis en évidence la détermination de la région à jouer un rôle constructif dans la résolution du conflit. Mais le message de tous ne pouvait pas être plus clair : leur patience est à bout », a dit le Coordonnateur spécial. « Une approche globale doit être menée, incluant des mesures concrètes et courageuses sur le terrain, dans la région et à l’étranger. Cela nécessitera des changements de politique importants par Israël ainsi qu’un engagement indéfectible du côté palestinien pour parvenir à une véritable unité nationale ».

Mladenov s’est dit encouragé par les efforts d’Israël au cours des derniers mois pour alléger les restrictions en Cisjordanie, notamment à Jérusalem-Est et à Gaza. Il a demandé au gouvernement d’élargir ces efforts.

Côté palestinien, il a noté la décision des dirigeants palestiniens de consulter toutes les factions et les Etats arabes concernés au cours des trois prochains mois sur l’organisation d’une réunion du Conseil national palestinien pour la première fois en près de vingt ans. « Le Secrétaire général encourage toutes les factions à saisir cette opportunité pour prendre des mesures constructives afin de réaliser l’unité », a-t-il dit.

Au niveau international, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, va présider le 30 septembre une réunion du Quatuor sur le Moyen-Orient, qui rassemble les Etats-Unis, la Russie, l’Union européenne et les Nations Unies.

Nickolay Mladenov a noté que la situation sur le terrain restait précaire, avec de nouveaux affrontements entre Palestiniens et colons israéliens en Cisjordanie occupée au cours du mois écoulé.

Il s’est également inquiété de la situation à Gaza, où le mécontentement de la population grandit sur fond de longues coupures d’électricité quotidiennes et alors que 40.000 employés du secteur public n’ont pas reçu la totalité de leur salaire depuis un an.

« Les mesures israéliennes pour assouplir les restrictions de mouvement concernant Gaza au cours de l’année écoulée n’ont pas permis aux gens de maintenir des liens familiaux et économiques normaux et d’augmenter leur autonomie économique », a souligné M. Mladenov. En outre, les restrictions visant certaines importations continuent d’entraver les efforts de reconstruction.

Le Coordonnateur spécial s’est toutefois déclaré satisfait de signaler que la reconstruction, malgré les problèmes de financement, s’accélère. Il a appelé une nouvelle fois les partenaires internationaux à verser l’argent qu’ils ont promis à la Conférence du Caire.