Le Conseil économique et social célèbre les 20 ans du Sommet de Copenhague sur le développement social en insistant sur la dimension humaine du développement

ECOSOC 1Il y a 20 ans, à Copenhague, au cours d’un sommet onusien, la plus grande assemblée de dirigeants du monde de l’époque avait décidé de mettre l’être humain au centre des efforts de développement, a rappelé ce matin le Vice-Secrétaire général de l’ONU, M. Jan Eliasson, à l’ouverture d’une séance de travail du Conseil économique et social (ECOSOC) consacrée à la Commémoration du vingtième anniversaire du Sommet mondial pour le développement social.  À la veille de l’adoption du nouveau « programme de développement pour l’après-2015 », cette commémoration a permis aux participants, dont M. Eduardo Frei, Président en exercice du Chili en 1995, d’examiner l’impact qu’a eu ce sommet.

 Au cours de l’après-midi, dans le cadre de sa Réunion de coordination et d’organisation, l’ECOSOC a aussi examiné des questions relatives aux thèmes suivants: développement social; « transversalisation » de la problématique hommes-femmes dans l’ensemble des politiques et programmes du système des Nations Unies; femmes et développement; promotion de la femme; et transport de marchandises dangereuses.  Le Conseil économique et social a, au cours de l’examen de ces questions, adopté cinq résolutions et entériné trois décisions présentées par plusieurs de ses organes subsidiaires, et il a décidé de reporter l’examen de deux autres projets de résolution au 10 juin 2015.

 Le Vice-Président de l’ECOSOC, M. Oh Joon, de la République de Corée, a rappelé qu’en adoptant la Déclaration et le Programme d’action de Copenhague, qui sont « un des plans d’actions les plus complets et les plus inclusifs », les États Membres s’étaient mis d’accord sur un « contrat social mondial » qui place les individus au centre du développement, portant ainsi leur attention sur une dimension humaine du développement qui a été largement invoquée aujourd’hui comme devant être la base des objectifs économiques et sociaux à fixer pour l’avenir.

 Plus d’un milliard de personnes vivent encore dans l’extrême pauvreté, ont rappelé à cette occasion un grand nombre de participants qui ont souhaité, dans l’ensemble, que l’éradication de la pauvreté, la création d’emplois et l’intégration sociale, qui sont des objectifs réaffirmés lors du Sommet de Rio de 2012, restent les principaux objectifs à atteindre au cours de la période de l’après-2015.

 Après l’adoption des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en 2000, la mise en œuvre des programmes visant à réaliser ces objectifs nous a montré « tout le potentiel que recèle un véritable pacte mondial pour le développement », a remarqué le Vice-Secrétaire général.  Concernant ces objectifs, le représentant de l’Irlande a cependant estimé que les OMD n’avaient pas véritablement traité des engagements de Copenhague, et il a souligné le manque d’ambition des objectifs économiques retenus.

 La vision est en revanche « très ambitieuse » en ce qui concerne le futur programme de développement pour l’après-2015, a estimé M. Juan Somavía, le Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la coopération interrégionale sur les politiques.  « Ce que je vois, c’est qu’il y a une volonté d’avancer », a-t-il dit tout en appréciant que le processus de définition du programme de développement pour l’après-2015 se base sur les résultats des conférences des années 1990.

 Les intervenants à la réunion ont souhaité que le programme de développement pour l’après-2015 s’attache à répondre aux besoins des personnes les plus défavorisées.  À cet égard, l’ancien Président du Chili a insisté sur la nécessité de redonner confiance aux individus en renforçant les politiques de protection sociale, dans le but ultime de réduire les vulnérabilités par rapport aux cycles économiques.  Il a plaidé en particulier en faveur de politiques de redistribution et d’un nouveau pacte fiscal.

  1. Frei a aussi prôné la reconnaissance et l’établissement d’un fondement éthique et moral en matière de promotion du développement, un argument partagé par la représentante de la Colombie auprès de l’ONU, qui est aussi Vice-Présidente de l’ECOSOC.

 De son côté, le représentant de la société civile, membre du Secrétariat international de « Veille sociale », a appelé à mobiliser les ressources existantes en faveur du développement social, faisant remarquer qu’on n’hésite pas, par exemple, à les mobiliser à des niveaux astronomiques quand il faut sauver des banques.

 Plusieurs intervenants ont mentionné à cet égard l’espoir que représente la prochaine Conférence sur le financement du développement qui se tiendra à Addis-Abeba, en Éthiopie, en juillet prochain, afin de fournir un cadre solide de mobilisation de ressources pour assurer ce financement.  La représentante de l’Argentine a, quant à elle, proposé de « repenser l’architecture financière internationale en vue de promouvoir un capitalisme humain ».

 La Réunion de coordination et d’organisation de l’ECOSOC, dont le programme de travail s’étale sur trois jours, poursuivra ses travaux demain, mardi 9 juin, à 10 heures.

 COMMÉMORATION DU VINGTIÈME ANNIVERSAIRE DU SOMMET MONDIAL POUR LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL

Thème: La signification politique du Sommet mondial pour le développement social dans le monde contemporain

Déclarations liminaires

  1. OH JOON (République de Corée), Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a rappelé que le Sommet pour le développement social s’était tenu en mars 1995 à Copenhague, et a été « une des plus grandes réunions de l’époque ».  Il a expliqué que le Représentant permanent du Danemark, pays hôte de cette conférence, ne pouvait pas participer à la réunion d’aujourd’hui à cause des élections qui se déroulent actuellement dans son pays.

La Déclaration et le Programme d’action de Copenhague adoptés à cette occasion prévoient la mise en place d’un contrat social mondial qui place les individus au centre du développement, a rappelé M. Oh.  Les États avaient décidé de prendre des mesures afin de progresser dans 10 domaines, comme notamment ceux de l’éradication de la pauvreté absolue, de la création d’emplois et de l’intégration sociale.  Le Programme d’action de Copenhague reste un des plans d’actions les plus complets et les plus inclusifs qui, s’il est appliqué, permettrait d’atteindre les niveaux désirés de développement social, a estimé M. Oh.

  1. Oh a mentionné les autres conférences qui ont eu lieu dans les années 1990, et qui ont respectivement eu pour sujets les enfants (New York, 1990), l’éducation pour tous (Thaïlande, 1990), l’environnement et le développement (Rio, 1992), les droits de l’homme (Vienne, 1993), la population et le développement (Le Caire, 1994), les femmes (Beijing, 1995) et l’alimentation (Rome, 1996).  Il a rappelé que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui ont ensuite été élaborés en 2000, avaient pour but de consolider les objectifs de développement social.  À la veille de l’adoption du nouveau « programme de développement pour l’après-2015 », la commémoration d’aujourd’hui est l’occasion de revenir sur les débats précédents, a indiqué le Vice-Président de l’ECOSOC.
  2. JAN ELIASSON, Vice-Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé, qu’il y a 20 ans, la plus grande Assemblée des dirigeants du monde de l’époque avait décidé de mettre l’être humain au centre des efforts de développement.  Les objectifs établis à Copenhague étaient la résultante de décennies de réflexion visant à conjuguer croissance durable et dignité, a-t-il dit.  Il a ajouté que l’éradication de la pauvreté, la création d’emplois et l’intégration sociale constituaient toujours des objectifs à atteindre, lesquels ont été réaffirmés lors du Sommet de 2012 à Rio.  « 2015 est une année charnière pour les Nations Unies », a-t-il souligné.
  3. Eliasson a ensuite rappelé que plus d’un milliard de personnes vivaient dans l’extrême pauvreté à travers le monde et que le taux de chômage restait élevé.  « Au niveau mondial, 73 millions de jeunes sont en quête d’un emploi », a-t-il dit, avant de souligner que les jeunes avaient 3 fois plus de chances d’être sans emploi que les adultes.  Il a ensuite fait un lien entre ce manque de possibilités économiques pour les jeunes et le phénomène grandissant de l’extrémisme.  La coexistence pacifique entre les cultures et les communautés est de plus en plus menacée aujourd’hui, a-t-il déclaré.

Le Vice-Secrétaire général des Nations Unies a ensuite souligné la nécessité de disposer d’un nouvel ensemble d’objectifs de développement durable qui soient universels, transversaux et centrés sur la personne humaine.  Il a indiqué que les résultats qui seront atteints au terme des grandes conférences internationales qui doivent se tenir cette année devront se compléter les uns les autres.  « Les besoins et aspirations des hommes sont le ciment de tous nos efforts de développement », a-t-il affirmé.

En conclusion, M. Eliasson a indiqué que l’année 2015 était une date au cours de laquelle se posait un défi historique que la communauté internationale et les institutions nationales se doivent de relever.  « L’expérience des deux dernières décennies –en particulier les années de la mise en œuvre de programmes visant la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement– nous a montré tout le potentiel que recèle un véritable pacte mondial pour le développement », a dit le Vice-Secrétaire général.

  1. EDUARDO FREI, ancien Président du Chili, a rappelé qu’il avait participé au Sommet de 1995 en tant que Président de son pays, la République du Chili.  À l’époque, s’est-il remémoré, le Chili commençait à consolider sa démocratie et à se reconnecter avec le monde.  Notre participation au Sommet avait permis de répondre à la solidarité dont notre pays avait bénéficié pendant la période de la dictature, a-t-il expliqué.  Le Président Frei a fait part de l’expérience du Chili qui a connu une réduction drastique de la pauvreté dans les années 1990, celle-ci étant passée de 38% à 20% de sa population en seulement 10 ans.  Au cours des 25 dernières années, a-t-il ajouté, la pauvreté a diminué encore plus, passant d’un taux de 38,6% à 7,8%, tandis que le taux de la pauvreté extrême est passé de 13% à 2,5%.

Le Sommet de 1995 était le « sommet des gens et des personnes ordinaires », a dit le Président Frei en soulignant l’équité sociale qui était alors recherchée, dans un monde affecté par l’hégémonisme du néolibéralisme.  Nous étions d’accord pour dire que le Consensus de Washington avait atteint ses limites et qu’il fallait actualiser la conception du développement en vue de parvenir à la transformation des structures productives.  Le Sommet de Copenhague fut une réaction au dogme alors ambiant après que l’on a constaté que le modèle économique mondial alors en vigueur avait oublié les personnes et populations ordinaires, a-t-il dit.

Le Président Frei a expliqué qu’il avait fallu changer le schéma de la recherche d’une croissance et d’un développement reposant sur la force des marchés.  Le Sommet social a donc encouragé un modèle économique susceptible d’apporter une plus grande égalité, la dignité pour tous et le respect de l’environnement.  L’État et les marchés devaient répondre aux exigences de la population, a-t-il remarqué.  Il fallait donc mettre en place des politiques sociales pour créer un contexte économique favorisant une croissance inclusive et durable, a-t-il ajouté.

« En tant que Président, je veux vous expliquer et prouver ce qu’a fait notre gouvernement: en maintenant une gestion rigoureuse des comptes fiscaux, nous avons éliminé la dette du Chili et nous avons réussi à augmenter les investissements publics dans les secteurs les plus démunis, grâce à des programmes sociaux ciblés », a indiqué M. Frei.  La nouvelle Présidente, Mme Michelle Bachelet, a lancé d’autres réformes sur l’enfance et sur l’accès de la femme au marché du travail, afin de réduire les grandes inégalités persistances, a ajouté l’ancien Président du Chili.  M. Frei a souligné que l’Amérique latine est la région qui a le mieux réussi à réduire la pauvreté, et il a, à cet égard, comparé la situation de cette région avec celles de l’Afrique subsaharienne, de l’Asie de l’Est, et du Pacifique.

On n’a pas assez profité du redressement après la crise de 2008 pour renforcer les politiques de protection sociale, a-t-il cependant estimé avec regret, expliquant que ce genre de politique permet de réduire les vulnérabilités par rapport aux cycles économiques.  Il a plaidé en faveur d’un nouveau pacte fiscal et de politiques de redistribution.  Sans cela, la promesse du développement est vaine, a-t-il prévenu.  M. Frei a souhaité que les citoyens reprennent ainsi confiance dans les institutions, la démocratie et les gouvernements.  Les populations attendent que nous trouvions une solution, sans quoi nous mettons en danger la démocratie, a-t-il souligné avec inquiétude.  Il a aussi prôné la reconnaissance et l’établissement d’un fondement éthique et moral en matière de promotion du développement.

Table ronde sur le thème « Impact du Sommet mondial pour le développement social sur les objectifs de développement durable et le programme de développement pour l’après-2015 »

Mme SIMONA MIRELA MICULESCU (Roumanie), Présidente de la Commission du développement social à sa cinquante-troisième session, qui était la modératrice de cette table ronde, a invité l’ECOSOC à réfléchir à l’indispensable dimension sociale du développement durable.  « Vingt ans après, les engagements de Copenhague restent toujours aussi impérieux », a-t-elle dit, soulignant la lenteur des progrès enregistrés dans la concrétisation des promesses qui avaient été faites.  Elle a ensuite présenté chacun des panélistes de la table ronde.

  1. DAVID DONOGHUE (Irlande) a rappelé que les résultats atteints à Copenhague avaient influencé le programme de développement social et nourrissaient les négociations en cours, relatives au programme de développement pour l’après-2015.

D’importants progrès ont été enregistrés depuis 1995, notamment dans les pays en développement, en vue de réduire le nombre de personnes vivant dans la pauvreté absolue, a-t-il dit, avant de souligner qu’un long chemin restait cependant encore à parcourir.  Il a notamment rappelé qu’une personne sur 5 dans les pays en développement vit dans l’extrême pauvreté.

« Les Objectifs du Millénaire pour le développement n’ont pas véritablement traité des engagements de Copenhague », a relevé M. Donoghue en soulignant le manque d’ambition des objectifs économiques retenus.  Il a indiqué que les OMD avaient davantage traité des symptômes plutôt que des causes des grands défis qui se posent au développement durable.  « Le futur programme de développement pour l’après-2015 devra continuer de se concentrer sur l’éradication de la pauvreté et de répondre aux besoins des personnes les plus défavorisées », a-t-il préconisé.  Il a ensuite fait le point sur les négociations qui se déroulent sur ce programme et a insisté sur la forte dimension sociale et environnementale des 17 objectifs retenus.

« Nous nous sommes fixés un haut niveau d’ambition pour ce nouveau programme de développement », a-t-il dit, indiquant que les négociateurs étaient dans la dernière ligne droite après trois ans d’efforts.  Une déclaration finale doit encore être agréée, et elle devra « donner au programme un élan transformateur tout en étant compréhensible par l’homme de la rue », a dit M. Donoghue.  Il a précisé que 60 cibles avaient été retenues et qu’un cadre optimal de mobilisation des ressources restait encore à définir.  « Le programme de développement pour l’après-2015, qui devra changer le monde au cours des 15 prochaines années, reflétera l’esprit de Copenhague », a-t-il conclu.

  1. JUAN SOMAVÍA, Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour la coopération interrégionale sur les politiques et ancien Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a rappelé à quel point le Sommet du développement social de 1995 était de nature politique, ce qui veut dire qu’il faut trouver des solutions politiques aux questions qui se posent.  Le « projet zéro », pour les objectifs de développement durable qui sont en cours d’élaboration, est une bonne base de négociation, a-t-il estimé en saluant la façon dont le processus de définition et d’adoption des politiques et mesures entrant dans ce nouveau programme de développement est géré.  La vision du programme de développement pour l’après-2015 est très ambitieuse, a souligné M. Somavía en précisant qu’il y a 17 objectifs et 169 indicateurs dans ce programme.  « Ce que je vois, c’est qu’il y a une volonté d’avancer », a-t-il dit tout en rappelant que le processus se base sur les résultats des conférences précédentes, ce « paquet des années 1990 » qui lui-même repose sur un développement durable qui place les populations en son centre.  Il est important de rappeler les origines du développement social pour retrouver le dynamisme des années 1990, a estimé M. Somavía.

Le Conseiller spécial du Secrétaire général a estimé qu’il faut veiller à répondre aux attentes des populations qui espèrent de recevoir un appui de la part des gouvernements et des Nations Unies.  Avant d’élaborer les politiques, il a conseillé de mieux identifier les liens et les interactions qui existent entre le social, l’économique et l’environnemental.  M. Somavía a indiqué qu’il avait en effet remarqué que les efforts menés en matière sociale et environnementale dans les années 1990 se faisaient sans corrélation avec ce qui se passait sur le plan économique et alors que la mondialisation engendrait de plus en plus d’inégalités.  C’est pourquoi, a-t-il argué, des politiques sont nécessaires pour garantir une cohérence des efforts.  Il a appelé à viser un équilibre entre les marchés, l’État, les sociétés, et les individus.  Il a aussi prévenu que les gens perdent confiance dans les politiques et prennent des distances par rapport aux gouvernements et à l’ONU.  Nous voulons voir davantage de démocraties participatives, a-t-il recommandé.  Enfin, il a souligné le rôle des commissions régionales qui établissent des contacts entre les niveaux national et local.

Mme MARÍA EMMA MEJÍA VÉLEZ (Colombie), Vice-Présidente du Conseil économique et social, a souligné la nécessité de parvenir, en septembre prochain à New York, à un nouveau consensus moral et éthique en matière de développement durable.  Elle a indiqué que l’objectif principal à atteindre par le programme de développement pour l’après-2015 restait l’éradication de la pauvreté.  Les OMD n’ont pas pu être totalement atteints, a-t-elle reconnu, soulignant que les inégalités économiques s’étaient aggravées depuis leur adoption en 2000.  Elle a déploré le manque de cohésion des efforts conduits aux niveaux mondial, régional et local afin de réaliser les engagements de Copenhague.

Mme Mejía Vélez a ensuite exprimé sa vive préoccupation en ce qui concerne la Conférence sur le financement du développement qui doit se tenir à Addis-Abeba, en Éthiopie, au mois de juillet prochain.  « S’il n’y a pas d’accord à Addis-Abeba sur la question du financement, le programme de développement restera lettre morte, faute de moyens de mise en œuvre », a-t-elle averti.  Elle a déclaré que la communauté internationale était à un tournant et a souligné la nécessité de renforcer les engagements en faveur du développement durable.  Puis, elle évoqué la situation de la République de Corée, la prenant comme un exemple de pays ayant réussi en moins de 30 ans à mettre en œuvre le développement durable au bénéfice de sa population.  « Nous avons besoin de moyens et d’engagements renforcés », a-t-elle déclaré, afin d’appeler tous les acteurs onusiens à travailler de manière plus coordonnée pour promouvoir le développement durable.

  1. ROBERTO BISSIO, Coordonnateur du Secrétariat international de « Veille sociale », s’est rappelé l’évaluation que son organisation avait faite du Sommet de 1995.  « Soixante-dix pour cent de nos demandes avaient été satisfaites », a-t-il dit en estimant que ce n’était pas satisfaisant pour la société civile, qui est très exigeante, notamment dans les domaines où il est possible de faire beaucoup plus.  Dans certains domaines, il fallait procéder à des ajustements structurels, avec des objectifs spécifiques, a-t-il indiqué.  Il s’est aussi remémoré que, à l’époque du Sommet de Copenhague en 2995, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) venait d’être créée, mais qu’il était alors trop tôt pour que les participants au Sommet puissent évaluer son action et son impact.  Faisant ensuite référence aux OMD, il a fait remarquer que si l’on transcrit un objectif mondial au niveau national pour chaque pays, on ne peut pas, en moyenne, parvenir à un bon résultat.  Pour avancer dans le développement social, il a prôné qu’un engagement financier très clair soit pris et réalisé, comme par exemple celui d’assurer la sécurité sociale pour tous les membres de chaque société.  Aujourd’hui comme en 1995, les ressources sont là, a assuré M. Bissio en relevant qu’on n’hésite pas, par exemple, à les mobiliser à des niveaux astronomiques quand il faut sauver des banques.  Il a invité les participants au débat de l’ECOSOC et les décideurs à se baser sur les propositions relatives aux impôts et taxes en vue de générer des revenus.  Il a ensuite plaidé en faveur d’un engagement politique fort pour la réalisation du nouveau programme de développement pour l’après-2015.

Échange interactif

La représentante de l’Argentine a indiqué que le développement durable était un impératif moral absolu.  Elle a plaidé en faveur de l’éradication de la pauvreté et de l’intégration sociale des personnes et des populations, avant de souligner qu’il est nécessaire qu’un cadre robuste de financement du développement soit agréé à Addis-Abeba.  Il faut repenser l’architecture financière internationale en vue de promouvoir un capitalisme humain, a-t-elle préconisé, avant de dire que l’Argentine est en faveur de l’élimination du secret bancaire.  Elle a également demandé des efforts accrus contre la spéculation financière, qui entrave les stratégies de développement des pays les plus pauvres.

Le représentant de l’Union européenne a souligné les défis considérables qui subsistent depuis le Sommet de Copenhague.  Le Document final de Copenhague reste pertinent en prévision du Sommet qui doit avoir lieu au mois de septembre à New York en vue de l’adoption du programme de développement pour l’après-2015, a-t-il estimé.  « Faire en sorte que chaque personne dispose d’un emploi décent est l’élément clef pour éliminer la pauvreté », a-t-il affirmé.

Ce point de vue a été partagé par la représentante de la Suisse, qui a détaillé les efforts menés par son pays en vue de la promotion d’emplois décents.  L’enseignement professionnel est ainsi valorisé, alors que dans le même temps, un cadre légal garantissant des conditions de travail dignes a été mis en place, a-t-elle dit.

De son côté, le représentant de l’Organisation internationale du Travail (OIT) a demandé si la déclaration finale qui devra être adoptée lors du Sommet de New York, au mois de septembre, comprendra une référence au Sommet social de Copenhague.  Le représentant de l’Irlande, M. Donoghue, a répondu à cette interrogation en indiquant qu’il allait en débattre avec ses collègues, et il a indiqué qu’il s’agissait d’une proposition raisonnable.  Interrogé par le délégué de l’OIT sur un paragraphe qu’il aurait aimé inclure lors du Sommet de Copenhague, l’ancien dirigeant de l’OIT, M. Juan Somavía, aujourd’hui Conseiller du Secrétaire général, a répondu qu’il aurait souhaité développer beaucoup plus la notion de travail décent.

Le représentant de la Chine a pris la parole pour souligner qu’il est très important que la voix des ONG venant de pays du Sud soit entendue lors du Sommet de New York, au mois de septembre.  Il a détaillé la mise en œuvre par son pays des engagements de Copenhague, ce que la Chine a fait par le biais notamment d’un renforcement de la protection sociale.  Il a ensuite demandé aux intervenants comment ils envisageaient l’intégration des trois piliers du développement durable.

  1. Somavía, Conseiller du Secrétaire général et ancien Directeur général de l’OIT, lui a répondu que lorsque « l’économie et les marchés ont le champ libre, cela engendre déséquilibre et inégalités économiques ».  Il faut mieux comprendre les liens entre les trois piliers afin de mieux les intégrer, a-t-il affirmé, estimant qu’il en allait du succès du Sommet de septembre.

Invité à livrer ses observations finales, à l’instar des autres intervenants, M. Somavía a demandé que le Sommet social de Copenhague soit mentionné dans la déclaration finale du Sommet sur le programme de développement pour l’après-2015, programmé au mois de septembre à New York.  Il a en effet déploré que, trop souvent, l’élément social ait été oublié au profit de l’élément économique.  « Continuons à être ambitieux », a-t-il dit.

Le représentant de l’Irlande, M. Donoghue, a indiqué que les engagements de Copenhague seront repris dans le futur programme de développement.  « La Conférence d’Addis-Abeba sur le financement du développement sera essentielle pour la réussite de ce programme », a-t-il dit.

Enfin, M. Bissio, Coordonnateur du Secrétariat international de « Veille sociale », a souligné la nécessité de remédier au manque de ressources qui empêche les ONG de pays du Sud de faire pleinement entendre leur voix, tandis que la représentante de la Colombie et Vice-Présidente de l’ECOSOC, Mme Mejía Vélez, indiquait que la promesse qu’ont faite les pays développés qu’ils consacreraient 0,7% de leur PIB à l’aide au développement reste un « rêve qui doit devenir réalité ».

Questions sociales et questions relatives aux droits de l’homme: développement social (A/70/61–E/2015/3 et E/2015/26)

Mme DANIELA BAS, Directrice de la Division des politiques sociales et du développement social, a présenté le rapport du Secrétaire général relatif à la célébration du vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille qui a eu lieu en 2014.  Dans ce rapport, le Secrétaire général invite à mettre de côté les débats relatifs à la définition de la famille, a-t-elle noté, ajoutant qu’une telle définition était fonction de chaque contexte et de sa finalité et pouvait évoluer au fil du temps, selon les groupes raciaux et ethniques et selon les différents systèmes politiques, et valeurs culturelles et sociales.

Elle a déclaré, dans le droit fil du rapport, que le « débat acharné » qui a lieu sur la définition de la famille retardait l’incorporation de références pragmatiques relatives aux familles dans les programmes d’action pour le développement qui sont discutés dans les enceintes internationales.

Mme SIMONA MIRELA MICULESCU (Roumanie), Présidente de la Commission du développement social à sa cinquante-troisième session, a présenté les travaux tenus par cette Commission lors de sa cinquante-troisième session, travaux au cours desquels les délégations ont réaffirmé leur engagement en faveur des objectifs adoptés à Copenhague.  La Commission a souligné que les forces du marché, lorsqu’elles sont livrées à elles-mêmes, ne favorisent ni l’inclusion ni l’égalité, et que les approches partielles en matière de développement social sont vouées à l’échec, a précisé Mme Miculescu.

« Les connaissances supplémentaires acquises sur la manière dont les défis du développement durable doivent être relevés favoriseront la transition de la réalisation des OMD vers celle de la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015 », a déclaré la Présidente de la Commission du développement social.  Mme Miculescu a ensuite affirmé que les liens entre la fin de la pauvreté et la création d’un environnement durable, ainsi qu’entre le travail décent et la durabilité sociale et environnementale, devaient être explorés plus avant.  Elle a rappelé que la croissance économique, bien qu’indispensable, n’était pas suffisante pour réaliser le développement durable.  « La volonté politique est un autre facteur qui a, à cet égard, été identifié comme nécessaire si on veut établir une approche coordonnée et inclusive au niveau national », a-t-elle relevé.

La Présidente de la Commission du développement social a indiqué que cette dernière avait veillé à mettre en cohérence ses travaux avec ceux de l’ECOSOC afin de maximiser sa contribution aux activités du Conseil économique et social.  Elle a également précisé que la Commission avait tenu des débats généraux relatifs notamment au Programme d’action mondial pour la jeunesse et aux droits des personnes handicapées.  « La Commission reprendra ses travaux en février 2016 dans un contexte qui aura vu l’adoption du futur programme de développement durable », a-t-elle noté.

À cette aune, Mme Miculescu a indiqué que la Commission pourrait à l’avenir fournir une évaluation des objectifs axés sur le développement social afin de s’assurer que « personne n’est oublié, abandonné ou laissé de côté ».  Enfin, elle a indiqué que la Commission évaluerait l’année prochaine ses méthodes de travail afin d’inclure les changements qui auront été décidés, et ce, dans le but d’enrichir les travaux de l’ECOSOC.

Débat général

  1. BRUNO RÍOS SÁNCHEZ (Mexique) a expliqué que la Commission du développement social avait été étrangère au déroulement du processus de négociation du programme de développement pour l’après-2015.  Il a souhaité que la Commission renforce ses travaux pour être plus efficace et contribuer au futur programme de développement pour l’après-2015, au risque de perdre sa pertinence si elle n’améliore pas ses méthodes de travail et ses travaux.

Adoption de résolutions et de décisions

L’ECOSOC a adopté, sans vote, trois projets de résolution et entériné deux décisions présentées par la Commission du développement social et contenus dans son rapport.

Résolution I: Aspects sociaux du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD)

Par cette résolution, l’ECOSOC salue les progrès accomplis par les pays d’Afrique pour ce qui est de s’acquitter des engagements qu’ils ont pris, dans le cadre de la mise en œuvre du NEPAD.  Le Conseil économique et social se félicite de la décision de l’Union africaine d’organiser un sommet extraordinaire des chefs d’État et de gouvernement consacré à l’évaluation des progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Déclaration et du Plan d’action de Ouagadougou sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté (2004).

Aux termes de ce texte, l’ECOSOC accueille avec satisfaction la décision prise par l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine à sa vingt-troisième session ordinaire, tenue à Malabo les 26 et 27 juin 2014, de proclamer 2015 « Année de l’autonomisation des femmes et du développement » en vue de la concrétisation de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.  Il Insiste sur la nécessité d’améliorer la santé maternelle et infantile et, à cet égard, se félicite de la Déclaration du Sommet de l’Union africaine sur la santé maternelle, néonatale et infantile et le développement, qui s’est tenu à Kampala, en Ouganda, du 19 au 27 juillet 2010.

L’ECOSOC invite les pays africains à donner la priorité à l’investissement dans le renforcement de la capacité institutionnelle des systèmes de santé; réduire les inégalités en matière de santé entre les pays et dans un même pays; renforcer la sécurité sanitaire mondiale, et endiguer les grandes épidémies.  Il engage les partenaires de développement à continuer de soutenir les efforts que font les pays d’Afrique pour renforcer leurs capacités dans ce domaine.

Par ailleurs, l’ECOSOC invite les États Membres à développer la coopération internationale et l’appui au renforcement des capacités des pays en développement, plus particulièrement des pays africains, en ce qui concerne les activités et programmes relatifs à l’eau et l’assainissement.  Il encourage les pays d’Afrique à continuer de privilégier les transformations structurelles, de moderniser les petites exploitations agricoles, de donner de la valeur ajoutée aux produits primaires, d’améliorer les institutions publiques et privées de gouvernance économique et politique, et d’investir dans de grands projets d’infrastructure publics ainsi que dans l’éducation et la santé, ceci, afin de parvenir à une croissance partagée, au plein emploi productif et au travail décent pour tous, et de réduire la pauvreté.

L’ECOSOC encourage les pays d’Afrique et leurs partenaires de développement à placer les populations au centre de l’action menée par les gouvernements en faveur du développement, à consacrer les budgets nécessaires à la santé, à l’éducation et à la protection sociale, et à étudier en particulier les possibilités d’un accès universel.  En ce qui concerne la Commission du développement social, il la prie de continuer d’examiner, dans le cadre de son programme de travail annuel, les programmes régionaux qui favorisent le développement social.

En outre, l’ECOSOC invite les mécanismes intergouvernementaux à poursuivre les efforts qu’ils font pour améliorer la cohérence et l’efficacité de l’action menée par les organismes des Nations Unies en appui à l’Afrique et à continuer de soutenir la Commission économique pour l’Afrique dans l’exécution de son mandat.

Résolution II: Promotion des droits de l’homme des droits des personnes handicapées, et renforcement de la prise en compte systématique de la question du handicap dans le programme de développement pour l’après-2015

Aux termes de cette résolution, l’ECOSOC décide de tenir, à la cinquante-quatrième session de la Commission du développement social, une table ronde multipartite intitulée « Mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015 à la lumière de la Convention relative aux droits des personnes handicapées ».

Le Conseil demande par ce texte aux États Membres, aux organisations régionales concernées et aux organes et organismes compétents des Nations Unies de veiller à ce que tous les programmes et politiques de développement, notamment ceux qui concernent l’élimination de la pauvreté, la protection sociale, le plein emploi productif et le travail décent, ainsi que les mesures appropriées d’inclusion financière, d’aménagement urbain et d’adaptation des services locaux et des logements, tiennent compte des besoins, des droits, et du potentiel de toutes les personnes handicapées, afin que celles-ci en bénéficient dans des conditions d’égalité avec les autres individus.

L’ECOSOC décide de continuer à accorder toute l’attention voulue à la question du handicap et du développement, notamment dans le cadre des activités opérationnelles du système des Nations Unies.  Il invite les États, les organisations intergouvernementales, les organisations non gouvernementales et le secteur privé à continuer d’alimenter le Fonds de contributions volontaires des Nations Unies pour les handicapés.

Résolution III: Modalités du troisième cycle d’examen et d’évaluation du Plan d’action international de Madrid de 2002 sur le vieillissement

Aux termes de ce texte, l’ECOSOC fait sien le calendrier du troisième cycle d’examen et d’évaluation du Plan d’action international de Madrid de 2002 sur le vieillissement, présenté dans le rapport du Secrétaire général, qui indique notamment que l’examen au niveau mondial aura lieu en 2018.  En outre, il décide que ce troisième cycle suivra la même procédure que celle retenue pour le deuxième.

L’ECOSOC invite par ce texte les États Membres à envisager de recourir, lors de l’examen et de l’évaluation au niveau national, à la collecte et à l’analyse participative de données quantitatives et qualitatives et notamment de procéder, selon qu’il conviendra, à un échange de pratiques optimales dans la collecte des données.  Le Conseil économique et social demande en outre aux commissions régionales de continuer à concourir à l’examen et à l’évaluation au niveau régional.

Décision I: Rapport de la Commission du développement social sur les travaux de sa cinquante-troisième session et ordre du jour provisoire et documentation de la cinquante-quatrième session

Dans la décision I, qu’il a prise, l’ECOSOC a pris note du rapport de la Commission du développement social sur les travaux de sa cinquante-troisième session et a approuvé l’ordre du jour provisoire et la documentation de la cinquante-quatrième session de la Commission.

Décision II: Présentation de candidatures à des sièges au Conseil d’administration de l’Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social

L’ECOSOC a adopté une décision II, par laquelle il entérine les candidatures présentées par la Commission du développement social pour pourvoir des sièges au Conseil d’administration de l’Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social.  Le Conseil économique et social a ainsi décidé de nommer Saraswathi Menon (Inde), comme membre du Conseil d’administration de cet Institut pour un mandat de quatre ans commençant à la date de confirmation de la nomination par le Conseil et expirant le 30 juin 2017.  L’ECOSOC a nommé Ping Huang (Chine) et Patricia Schulz (Suisse), membres du même Conseil d’administration pour un mandat de deux années supplémentaires commençant à la date de confirmation par le Conseil et expirant le 30 juin 2017.

Questions de coordination, questions relatives au programme et autres questions: Transversalisation de la problématique hommes-femmes dans l’ensemble des politiques et programmes du système des Nations Unies.

Mme LAKSHMI PURI, Directrice exécutive d’ONU-Femmes, a présenté le rapport du Secrétaire général (E/2015/58) relatif à la « transversalisation » de la problématique hommes-femmes dans l’ensemble des politiques et programmes du système des Nations Unies.  Elle a déclaré que le système des Nations Unies devait veiller à être à la hauteur de ses objectifs afin d’aider les États Membres à mettre en œuvre un programme pour l’après-2015 tenant compte de la problématique hommes-femmes.  « La transversalisation de cette problématique demeure une stratégie essentielle pour parvenir à l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes », a-t-elle fait remarquer.

Mme Puri a indiqué que, lors de la troisième année de mise en œuvre du Plan d’action de Beijng, 62 entités du système des Nations Unies, y compris le Secrétariat et ses bureaux et départements, avaient communiqué des informations à ce sujet.  « En particulier, 37 des 62 entités ayant communiqué des données ont respecté ou dépassé en 2014 les normes portant sur les politiques relatives à la problématique hommes-femmes, soit 59%, contre 48% en 2013 », a-t-elle dit.  Elle a ajouté que neuf autres entités s’étaient engagées à mettre au point des politiques dans ce domaine en 2015.  « Cela signifie que près de 75% des entités des Nations Unies disposeront de politiques adéquates en la matière d’ici à la fin de l’année 2015, ce qui sera un résultat appréciable, étant donné que ces politiques constituent un moteur essentiel du changement institutionnel », a estimé Mme Puri.  Elle a en revanche déploré que les nominations de femmes à un haut niveau de responsabilité restent « rares ».  Le système des Nations Unies doit faire plus, a-t-elle estimé.

Mme Puri a ensuite jugé important d’assurer l’appropriation nationale par la participation continuelle des parties prenantes et l’intégration de l’application du principe de responsabilité dans les institutions locales.  Enfin, elle a déclaré que la mobilisation de ressources demeurait un défi de taille qu’il faut relever.  « Il faudra, pour s’acquitter dans le contexte de l’après-2015 des engagements pris en faveur de l’égalité des sexes, disposer d’un financement stable et adéquat des programmes agréés », a-t-elle conclu.

  1. ANTONIO DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil), en sa qualité de Président de la Commission de la condition de la femme, a présenté les résultats de la cinquante-neuvième session de cette Commission qui achevait son cycle d’examen de deux ans.  Aucun pays n’a réalisé l’égalité entre les sexes 20 ans après la Déclaration de Beijing, a-t-il souligné en partageant les constatations faites par les membres de la Commission.  Les participants aux travaux de la Commission ont, pendant la session, présenté des solutions en mettant en avant ce qui a marché jusqu’à présent, a-t-il indiqué.  Cela a aussi été l’occasion de souligner le rôle important que joue la Commission de la condition de la femme pour accompagner l’élaboration des politiques, au vu notamment de l’urgence qu’il y a à donner un élan accru à la mise en œuvre du Plan d’action de Beijing, a indiqué M. de Aguiar Patriota.  La Commission doit également contribuer au suivi du programme de développement pour l’après-2015, a-t-il ajouté, et elle doit faire rapport à l’ECOSOC sur l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes.  Enfin, il a rappelé que la Commission de la condition de la femme s’attache à renforcer la participation des ONG à ses travaux.

Le Président de la Commission a indiqué que l’examen du projet de résolution E/2015/L.11, portant sur la transversalisation de la problématique hommes-femmes dans les politiques et programmes du système de l’ONU, était reporté au 10 juin afin de laisser davantage de temps au Secrétariat pour qu’il évalue et détermine les incidences budgétaires dudit projet de texte.

Questions relatives à l’économie et à l’environnement: les femmes et le développement (E/2015/27)

Rapport sur les travaux de la cinquante-neuvième session de la Commission de la condition de la femme (21 mars 2014 et 9-20 mars 2015)

Ce rapport contient deux projets de résolution présentés par la Commission de la condition de la femme pour adoption, et contient aussi une décision qu’il appartient à l’ECOSOC d’entériner.

Résolution I: La situation des Palestiniennes et l’aide à leur apporter

Le Vice-Président de l’ECOSOC a indiqué que, du fait de discussions informelles en cours sur le texte, l’examen du projet de était reporté au 10 juin après-midi.

Questions sociales et questions relatives aux droits de l’homme: Promotion de la femme (E/2015/27etE/2015/67)

Résolution II: Organisation future des travaux et méthodes de travail de la Commission de la condition de la femme

L’ECOSOC a adopté, sans vote, une résolution par laquelle il affirme que la Commission de la condition de la femme contribuera aussi au suivi du programme de développement pour l’après-2015, qui doit être adopté lors du Sommet des Nations Unies sur le programme de développement pour l’après-2015, qui se tiendra en septembre 2015, l’objectif étant d’accélérer la réalisation de l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes.  En outre, la Commission de la condition de la femme présentera un rapport sur les aspects du thème principal retenu et qui se rapportent à l’égalité des sexes et à l’autonomisation des femmes, afin de contribuer aux travaux de l’ECOSOC.

L’ECOSOC décide également que la session de la Commission de la condition de la femme comportera un débat ministériel et continuera de tenir, chaque année, un débat général qui débutera pendant le débat ministériel.  Le Conseil décide également que la Commission continuera d’examiner un thème prioritaire à chaque session.  En outre, le débat annuel sur le thème prioritaire donnera lieu à un document final qui prendra la forme de conclusions concertées brèves et succinctes, négociées par tous les États Membres, et qui comporteront des recommandations concrètes.

Par ailleurs, l’ECOSOC décide de renforcer les possibilités pour les organisations non gouvernementales de contribuer aux travaux de la Commission.  Il prie celle-ci de continuer à utiliser une approche thématique pour ses travaux et d’adopter un programme de travail pluriannuel.

Décision: Rapport de la Commission de la condition de la femme sur les travaux de sa cinquante-neuvième session et ordre du jour provisoire et documentation de la soixantième session de la Commission

En entérinant la décision de la Commission de la condition de la femme sur la question mentionnée, l’ECOSOC a pris note du rapport de ladite Commission sur les travaux de sa cinquante-neuvième session et approuvé l’ordre du jour provisoire et la documentation de la soixantième session de la Commission.

Questions relatives à l’économie et à l’environnement: Transport de marchandises dangereuses

Mme DANIELA SIMONI, du Bureau des Commissions régionales, a présenté le rapport du Secrétaire général relatif aux Travaux du Comité d’experts du transport des marchandises dangereuses et du Système général harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques (E/2015/66).  Elle a indiqué que ce rapport comprenait un projet de résolution dans sa première partie.

Mme Simoni a rappelé que les principaux instruments juridiques et codes régissant le transport international des marchandises dangereuses par mer, air, route, chemin de fer ou voie d’eau intérieure avaient été modifiés au 1er janvier 2015.  « Nombre de gouvernements et d’organisations internationales ont pris des mesures pour réviser les lois nationales et les instruments internationaux en vigueur afin de mettre en œuvre dès que possible le Système général harmonisé », a-t-elle dit.

Adoption de résolution

Après cette présentation, le Conseil économique et social a adopté le projet de résolution relatif aux travaux du Comité d’experts du transport des marchandises dangereuses et du Système général harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques.  Par cette résolution, le Conseil prie notamment le Secrétaire général de diffuser les recommandations nouvelles et modifiées relatives au transport des marchandises dangereuses auprès des gouvernements des États Membres, des institutions spécialisées, de l’Agence internationale de l’énergie atomique et des autres organisations internationales concernées.

Aux termes du texte adopté, l’ECOSOC invite également tous les gouvernements, les commissions régionales, les institutions spécialisées et les organisations internationales concernées à prendre en compte les recommandations du Comité lors de l’élaboration ou de la mise à jour des codes et règlements pertinents.

Au sujet des travaux du Comité concernant le Système général harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques, l’ECOSOC prie le Secrétaire général de diffuser les amendements à la cinquième édition révisée du Système général harmonisé de classification et d’étiquetage des produits chimiques auprès des gouvernements des États Membres, des institutions spécialisées et des autres organisations internationales intéressées.  Le Conseil invite enfin les gouvernements qui ne l’ont pas encore fait à prendre les mesures nécessaires, par le biais de procédures ou de dispositions législatives nationales, pour mettre en œuvre le Système général harmonisé dès que possible.